Citroën assistance Alsace 102010
L'assistance de Citroën s'active à Mulhouse | AFP - SEBASTIEN BOZON

Le bal des mécanos

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Quinze minutes montre en main et pas une de plus. Pour les non initiés, c'est le temps imparti aux mécaniciens pour intervenir sur une voiture de rallye lors d'une assistance éloignées du parc principal. Après avoir quitté Strasbourg en début de matinée puis roulé à fond les ballons entre les vignes, les pilotes du rallye d'Alsace ont trouvé un refuge idéal sur l'avenue Kennedy de Mulhouse. Une occasion unique de voir les mécanos du WRC à l'œuvre.

Quand un rallye comme celui d'Alsace s'étend du nord au sud, établir une Remote Service Zone (RSZ), zone d'assistance éloignée, s'impose. Grâce à cette solution prévue dans le règlement, les organisateurs ont pu placer les spéciales de Firstplan et du Grand Ballon, distantes d'une centaine de kilomètres de Strasbourg. Vers 13h00, l'ambiance est montée d'un cran en entendant les premiers moteur rugir. De chaque côté de la barrière, les sens sont en alerte. "Sébastien Loeb arrive !", se murmure-t-il dans le public tandis qu'une division de "l'armée rouge" a préparé son plan avec minutie. Tenus au courant des écarts et des éventuels soucis de leur auto, chaque équipe sait ce qu'elle doit faire pendant les quinze minutes autorisées. Chez Citroën, c'est un ballet bien rôdé qui s'est opéré lors de l'arrivée des pilotes maison Sébastien Loeb et Dani Sordo. Les quatre mécaniciens changent les quatre roues puis entament une série complète de vérification. "En quinze minutes, nous avons largement le temps de vérifier les différents serrages, de purger les freins et de contrôler le réglage du différentiel", explique Pierre Ambrosetti, chef mécano de la C4 du sextuple champion du monde.

En cas de casse, c'est en revanche plus compliqué car aucune pièce de rechange ne peut être apportée par l'assistance. Seule les pièces rangées dans l'auto peuvent être utilisées. "Notre lot de bord est assez restreint car la C4 WRC est une voiture assez robuste", indique l'ingénieur d'exploitation de Dani Sordo, Thomas Chevaucher. Dans le coffre, on trouve ainsi deus éléments facilement changeables par l'équipage comme des rotules, des bras de suspensions ou des boîtiers électroniques." Heureusement pour le team français, la première demi-journée a été plutôt tranquille avec les quatre scratches de Loeb et la 4e place de son coéquipier espagnol. Pas besoin de faire appel au système D pour colmater une fuite ou réparer une suspension comme ce fût le cas pour Loeb en Irlande en 2009. Leader du rallye avec 14"7 d'avance sur Ogier, l'Alsacien se promène.