MotoGP - Régis Laconi : "Fabio Quartararo est un surdoué de la moto"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Régis Laconi en 2008.
Régis Laconi en 2008. | MAXPPP

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Dimanche, en s'imposant sur le circuit de Jérez, Fabio Quartararo a effacé des tablettes Régis Laconi, dernier vainqueur français dans la catégorie reine sur le Grand Prix de Valence en 1999. Vingt-et un ans plus tard, l'ancien pilote Yamaha trouve enfin en héritier et accueille volontiers un quatrième pilote parmi les vainqueurs tricolores au plus haut niveau.

Quel sentiment avez-vous après cette nouvelle victoire française, 21 ans après vous ?
Régis Laconi (ancien pilote Moto 500cc) : 
"J’accueille cette victoire avec grand plaisir. J’étais devant la télé, c’était un plaisir de le voir gagner ce Grand Prix. Je ne suis plus le dernier vainqueur français mais ça franchement, ce n’est pas grave du tout, bien au contraire ! Je suis super content d’avoir vu ce GP et de voir Fabio gagner. J’aime tellement ce sport moto, qui n’est pas assez important en France car on n’a pas assez de médiatisation et de Français dans les catégories reines capables de faire ce qu’a réalisé Fabio dimanche. Ça a déjà été possible beaucoup de fois l’an dernier. Il fallait juste le petit truc supplémentaire. C’était magnifique et plaisant à voir."

Lors de votre victoire en 1999, qu’aviez-vous ressenti au moment de franchir la ligne ?
RL :
"C’est toujours un moment génial, dans la tête on passe par toutes les émotions. Quand ça fait des années que tu t’entraînes tous les hivers, c’est la cerise sur le gâteau. Tout commence par là. J’avais fait la pole aussi le samedi (au GP de Valence, ndlr), c’était ma première pole en 500cc (l’ancienne appellation de la catégorie MotoGP, ndrl), c’était déjà quelque chose de génial. Gagner le Grand Prix derrière, c’était exceptionnel. Je me rappelle que le tour pour rentrer, j’avais un peu perdu la voix à crier dans le casque comme un fou ! La première victoire, c’est la plus exceptionnelle et celle qui laisse une petite trace dans la tête d’un pilote. C’était le cas pour moi et j’imagine que ce sera pareil pour lui. Ce sont des choses difficilement explicables."

Est-ce vraiment une surprise qu’il gagne si rapidement un Grand Prix ?
RL :
"Ça a déjà failli être le cas au moins deux fois l’an dernier, pour sa première saison en MotoGP en plus ! Ça prouvait que les performances étaient là, il fallait juste le minimum d’expérience pour que tout aille dans la bonne direction et que toute l’équipe se mette à bien fonctionner, pour finalement arriver au résultat d’aujourd’hui."

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Qu’est-ce qui fait de Quartararo un talent si précoce ?
RL :
"Ça fait très longtemps qu’il roule en moto, sa famille a tout mis en oeuvre pour qu'il devienne pilote. Ils sont allés en Espagne car à ce moment-là c’était plus simple de rouler plus jeune. Tout cet ensemble cumulé au fait que c’est un surdoué de la moto, ça donne ce résultat. Ce week-end, pas uniquement sur cette course, on a eu la preuve qu’il arrive à bien gérer la pression, parce que les pénalités lors de la première séance d'essais libres (20 minutes de pilotage en moins), ça peut être la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans le négatif. Ça prouve que malgré son très jeune âge, il a toute l’expérience, il arrive à bien maîtriser ce qu’il faut dans le sens ou il faut."

"Il peut être champion du monde dès cette année"

Jusqu'où peut-il aller dans un futur proche ?
RL :
"Pour moi l’ordre logique c’est : en gagner un, c’est bien. Puis il faut en gagner plusieurs, et enfin être toujours aux avant-postes pour se battre pour un titre de champion du monde. Tout peut arriver dès cette année, il peut en gagner plusieurs, il peut être champion du monde dès cette année. Le tout, c’est de réussir à bien gérer chaque moment du championnat qui va être différent avec des courses plus compressées en raison du coronavirus."

Cette saison particulière peut être un avantage ou un inconvénient pour un pilote comme lui ?
RL :
"Ça peut être un avantage. On voit avec Marquez que si la chance se met un peu à tourner, ça peut partir dans une mauvaise direction. Les petites blessures cette année vont vite être très négatives au niveau du championnat. L’an dernier, il aurait pu faire plein d'erreurs qu'il n'a pas faites, ça veut donc dire qu’il arrive à bien gérer la pression, chaque moment important. La semaine prochaine, ils vont reprendre sur le même circuit où il a gagné, ça sera une pression supplémentaire. Ce qui lui est favorable, c’est que l’an dernier, c’est déjà lui qui avait le record du circuit, qu’il a battu cette année. Ça prouve que c’est un circuit qui lui va parfaitement." 

Cette victoire va-t-elle le libérer du poids de gagner ou peut-elle lui ajouter une dose de pression ?
RL :
"Pour moi, ça ne va lui apporter que du positif. Tout le monde lui mettait la pression pour gagner le premier Grand Prix. J’étais le dernier il y a 21 ans, ça va le libérer de ça. Je suis persuadé, voyant comment il fonctionne, que ça va le libérer et le rendre encore plus performant dans le futur."

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