Marc Marquez (GP de Thaïlande)
Marc Marquez (GP de Thaïlande) | Lillian SUWANRUMPHA / AFP

Moto GP : Marquez, l'extraterrestre a encore frappé

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Marc Marquez a remporté son sixième titre de champion du monde ce dimanche, et ce à seulement 26 ans. Frère, entraîneur, adversaires : tous le décrivent comme un homme totalement hors-normes.

"Moi, je vis avec l'extraterrestre à la maison": en lâchant cette phrase il y a quelques semaines, Alex, le jeune frère de l'Espagnol Marc Marquez couronné dimanche pour une sixième fois en MotoGP, a parfaitement résumé la situation.

A 23 ans, Alex Marquez n'a que trois ans de moins que Marc mais il court encore en Moto2 alors que son aîné a déjà empoché six titres dans la catégorie supérieure MotoGP (le premier à 20 ans) précédés d'un en Moto2 et d'un en Moto3 lorsqu'il n'avait que 17 ans. Il domine depuis 7 ans la catégorie reine et seul son compatriote Jorge Lorenzo est arrivé en 2015 à lui "chiper" un titre, une année qui a aussi mis en exergue l'intense rivalité entre Marc Marquez et l'autre géant de la compétition moto actuelle, l'Italien Valentino Rossi. 

Rossi en ligne de mire ou dans le rétro ? 

Avec six titres en MotoGP, Marquez est maintenant à égalité avec "Vale", même si les puristes feront observer que Rossi compte 7 titres avec celui de 2001 lorsque le championnat se disputait encore au guidon de motos 500cc deux temps, lorsque Marc Marquez n'avait que... 8 ans. Rossi mène aussi encore au nombre de victoires en course (115 à 79 mais Marquez est devant pour les pole positions (89 à 65). Les deux hommes s'affrontent encore aujourd'hui sur la piste.

Moto GP : Marquez, l'extraterrestre a encore frappé
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Mais, à 40 ans, Rossi n'a plus remporté de Grand Prix depuis 2017 et n'est plus vraiment un rival pour Marquez. Et il y en a-t-il un ? Andrea Dovizioso, l'Italien de Ducati, a fait illusion en début de saison et occupait la tête du championnat après trois épreuves et la chute de Marquez au GP des Amériques. Et puis l'acrobate au guidon de sa Honda a repris les choses en mains avec deux victoires consécutives. Au soir du GP de Thaïlande, le bilan, encore provisoire, est sans appel: 9  victoires pour l'Espagnol, 2 pour l'Italien.

66 degrés et casanier

Car c'est bien d'un acrobate qu'il s'agit. L'angle maximum qu'un pilote peut prendre sur une moto est généralement considéré de 65 degrés. Ensuite, c'est la chute; sauf pour Marquez qui a pris 66 degrés lors du GP d'Allemagne cette saison. "Ce n'est pas parce que j'aime ça, c'est que j'en ai besoin", a sobrement constaté le champion espagnol. Pour lui, ce n'est que la conséquence des difficultés que sa Honda éprouve à tourner, une réticence dont Lorenzo, son coéquipier cette saison, paie lourdement le prix avec force chutes et mauvais résultats. Le Britannique Jonathan Rea, qui vient de décrocher lui un 5e titre consécutif en Superbike, a choisi d'en plaisanter en tweetant une photo d'une de ses chutes avec pour seul commentaire: "Marquez l'aurait rattrapée". 

Avec son mètre 69 et ses 65 kilos, Marc Marquez est petit et léger mais extrêmement athlétique. Il maintient un rythme d'entraînement infernal, en vélo, en moto-cross, avec son jeune frère dans leur village familial. Car Marquez est casanier. Il vit toujours près de ses parents à Cervera, en Catalogne, et y trouve la possibilité de se ressourcer et de déconnecter entre les courses. Si Rossi a fait de "son" village de Tavullia une véritable mecque de la moto avec circuit privé et école de formation, Marquez lui se contente d'une piste de VTT de 24 kilomètres aménagée par la municipalité.

Qu'est-ce que "93", signe que brandissent tous ses supporters ? 

Curieusement, ce Catalan ne considère pas que le GP de Catalogne disputé sur le circuit de Barcelone à 100 kilomètres de Cervera comme "sa" course. Il préfère évoquer le GP d'Aragon qui se dispute à 200 kilomètres et dans une autre région. "Je suis Catalan car je suis de Catalogne mais je me sens Espagnol", a-t-il souligné en 2014. "93", son numéro en course, est devenu le signe de ralliement de tous ses supporters, qui agitent sur les circuits les drapeaux portant ce chiffre pour faire pièce aux "46" brandis par ceux de Rossi. Une rivalité qui ne prendra fin qu'avec la retraite de l'Italien et qu'il ne restera à Marquez comme seul objectif que de le dépasser au nombre des victoires avant d'essayer de faire mieux que son compatriote Angel Nieto (90), aujourd'hui décédé, puis le légendaire Giacomo Agostini (122 succès entre 1965 et 1976).

AFP