Les frères Marquez, Quartararo attendu, Rossi éternel... Les 5 choses à savoir pour la reprise de la saison de MotoGP

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Marc Marquez au guidon de sa Honda devant son coéquipier et frère Alex Marquez
Marc Marquez au guidon de sa Honda devant son coéquipier et frère Alex Marquez | AFP - JAVIER SORIANO

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Contrairement aux catégories Moto2 et 3, la MotoGP n'a pas eu la moindre course à se mettre sous la dent, et sa saison démarre ce week-end à Jérez. 17 Grands Prix sont pour le moment programmés pour une saison particulière, qui pourrait être historique à plus d'un titre.

► Quatre courses en suspens

Comme tous les événements sportifs planétaires, la saison de MotoGP a été totalement bouleversée par la pandémie de Covid-19. Lors du premier Grand Prix au Qatar, l'épreuve reine n'avait pas pu se dérouler, contrairement à la Moto 2 et 3. Puis, en plein cœur de la crise, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande ont annulé leur rendez-vous, suivis par la Grande-Bretagne, le Japon et l'Australie. Pour compenser, les organisateurs ont imité la Formule 1, en faisant des doublons sur des circuits. Ainsi, Jerez accueille ce week-end l'ouverture de la saison avec le GP d'Espagne, suivi la semaine prochaine du GP d'Andalousie au même endroit. Idem pour le Grand Prix d'Autriche (9 août) et celui de Styrie (16 août), comme en F1, celui sur le circuit de Misano en Italie avec le GP de Saint Marin (13 septembre) et celui d'Emilie-Romagne (20 septembre), avant le même process en Aragon (18 et 25 octobre) et enfin à Valence (8 et 15 novembre). A noter que le GP de France au Mans n'a pas disparu du calendrier mais il a été reprogrammé le 11 octobre prochain.

A ce jour, 8 circuits forment l'intégralité de la saison pour 13 courses. Il reste à confirmer avant le 31 juillet le GP des Amériques, celui d'Argentine, de Thaïlande et de Malaysie, ce qui pourrait faire monter le total de dates à 17. Ce serait 3 de moins que le programme initial. 

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► Marc et Alex, pour Marquez l'histoire

Marc Marquez enfile les records depuis son arrivée au guidon d'une MotoGP. Plus jeune champion du monde en MotoGP (20 ans et 266 jours), plus jeune vainqueur d'un Grand Prix dans cette catégorie (20 ans et 63 jours), recordman de pole-positions en une saison (13 en 2014), il n'a qu'une envie : faire tomber un nouveau record. Cette saison, il peut déjà égaler les 7 titres en MotoGP, un total atteint par Valentino Rossi (si l'on ajoute le titre en 500cc de l'Italien avant l'apparition de la MotoGP et ses 6 consécrations). Il n'aura alors plus qu'à aller chercher le record de Giacomo Agostini, titré à 8 reprises en 500cc. A 27 ans, le prodige espagnol, titré en 2013, 2014, 2016, 2017, 2018 et 2019, a reçu un nouvel équipier, qui ne devrait pas contre-carrer ses plans : son frère cadet Alex, titré en Moto2 la saison passée.

C'est la première fois de l'histoire que deux frères courent dans la même écurie en MotoGP. Mieux que les frères Sarron ou Espargaro (qui n'avaient pas couru dans la même écurie) les deux Espagnols innovent avec une direction bien claire : "Avoir Marc comme coéquipier, c'est le meilleur moyen de savoir le plus rapidement ce que peut donner cette catégorie, les secrets de la Honda et apprendre tout ce que je peux", estime Alex. "J'espère que bientôt je pourrais dire que c'est un de mes adversaires. Cette année, ce n'est rien de tout ça: je suis là pour apprendre le plus possible à ses côtés." Ce sera la seule saison commune, puisque Alex devra ensuite aller dans le team satellite LCR pour laisser sa place à Pol Espargaro, qui s'est déjà engagé avec le HRC. Il espère bien aider Marc à atteindre son 7e titre.

►Valentino Rossi toujours présent 

Trois titres en 500cc et MotoGP avec Honda, quatre avec Yamaha. Depuis presque 15 ans, Valentino Rossi court pour Yahama, avec seulement deux petites années d'aventure Ducati bien vite oubliée. Lorsqu'il monte sur la Yamaha M1 en 2004, qu'il remporte le premier grand prix de la saison puis le titre mondial, l'Italien remet la marque aux diapasons au sommet. Cela faisait 12 années, et l'ultime sacre de Wayne Rainey, que Yamaha n'avait plus remporté ce titre. Même auréolé de ses trois couronnes consécutives avec Honda, Rossi écrit une nouvelle page de son histoire. Mais à 41 ans, le "Doctor" sait que la page va se tourner. Sans la moindre victoire depuis 2017, il ne sera plus au guidon d'une Yamaha d'usine l'année prochaine. A-t-il encore la capacité d'accrocher un 77e succès dans la catégorie reine et la 90e au plus haut niveau ? De la réponse à cette question dépend certainement une partie de son avenir. "Je peux dire à 99% que je serai encore en piste la saison prochaine", a-t-il confié à l'issue de la première journée d'essais à Jerez. Après avoir marqué la discipline durant plus d'une décennie, il pourrait encore jouer les premiers rôles. 7e du championnat l'an dernier (avec deux 2e places mais 4 abandons), Rossi connaît déjà son successeur : Fabio Quartararo.

►Fabio Quartararo, enfin la délivrance ?

Il a tellement tourné autour la saison passée. Il a tellement cru à cette première victoire, il l'a presque touchée du doigt, mais à chaque fois, Marc Marquez est venu lui enlever ce plaisir. Alors, cette année, Fabio Quartararo, pour sa deuxième et dernière saison avec le team satellite de Yamaha, SRT, veut franchir un cap. Après avoir échoué à établir un nouveau record de précocité pour un vainqueur en Grand Prix, il doit poursuivre son ascension. A 21 ans, il succédera à Valentino Rossi dans l'équipe usine la saison prochaine, alors que l'Italien devrait faire le chemin inverse. Déjà mature, il attend de franchir une marche, lui qui a accumulé 5 deuxièmes places la saison passée, pour finir à la 5e place du championnat du monde. En fin de saison dernière, Marc Marquez avait confié : "Fabio devient à chaque fois plus fort et il sera un sérieux rival pour le championnat l'an prochain". Le moment est venu. Sa victoire serait ainsi la première d'un pilote français dans cette catégorie depuis celle de Régis Laconi en 1999.

Fabio Quartararo était parti en pôle position lors du GP Prix d'Espagne 2019
Fabio Quartararo était parti en pôle position lors du GP Prix d'Espagne 2019 © GABRIEL BOUYS / AFP

►Le mercato 2021 déjà bien entamé

La saison 2020 de MotoGP n'a même pas encore commencé que le marché des transferts pour 2021 et après est déjà bien avancé, avec quinze des vingt-deux guidons attribués. L'Espagnol Alex Marquez n'a pas encore disputé une seule course pour l'écurie officielle Honda qu'il sait désormais qu'il sera remplacé l'an prochain par son compatriote Pol Espargaro, en provenance de KTM ! Son frère, Marc Marquez, est pour sa part assuré de rester jusqu'à fin 2024 chez Honda, la marque qui lui a apporté ses six titres de champion du monde MotoGP. 

Chez les Italiens de Ducati, l'arrivée annoncée de l'Australien Jack Miller a montré la porte de sortie à Danilo Petrucci, qui s'est recasé au sein de l'écurie satellite de KTM, Tech3, dirigée par le Français Hervé Poncharal. Les rumeurs vont bon train sur l'autre pilote de l'écurie d'Emilie-Romagne : le double champion du monde espagnol Jorge Lorenzo, qui avait pourtant annoncé sa retraite des circuits fin 2019, le Français Johann Zarco, sous contrat actuellement avec Avintia, l'une des écuries clientes de Ducati, un jeune promu du Moto2, ou tout simplement l'actuel titulaire, l'Italien Andrea Dovizioso

Quant à Yamaha, une petite valse pourrait envoyer Valentino Rossi dans l'écurie satellite SRT, pour succéder à Fabio Quartararo qui, lui, est certain de prendre la place de l'Italien la saison prochaine dans l'écurie usine. Suzuki a choisi la stabilité en prolongeant les contrats des Espagnols Alex Rins et Joan Mir. KTM alignera, elle, à nouveau le Sud-Africain Brad Binder avec un promu de Tech3, le Portugais Miguel Oliveira. Quant à Aprilia, si Aleix Espargaro --le frère de Pol-- a été reconduit jusqu'en 2022, l'incertitude pèse sur l'avenir de l'Italien Andrea Iannone, sous le coup d'une suspension pour dopage qu'il conteste.