Alan Techer
Alan Techer | DR

Alan Techer, la relève

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Victime d’une sévère chute à Jerez, Alan Techer a reçu le feu vert des médecins pour participer au GP de France au Mans. Grand espoir tricolore en Moto 3, le jeune grassois est passé tout près de la catastrophe. Une leçon à méditer…

Le trou noir pour Alan Techer. L’inquiétude pour les autres. Pendant plusieurs minutes, le sort du pilote Moto 3 suspendu le temps au dessus du circuit de Jerez. « Mon moteur a serré et j’ai chuté à 180 km/h. » Le choc est violent et laisse Techer inconscient sur la piste. La course est définitivement arrêtée pour prendre en charge le Français. Heureusement, il retrouve ses esprits et rassure très vite son entourage sur sa mobilité. Bilan : 6 vertèbres déplacées et un gros mal de dos. « Quand j’ai su que je n’avais rien de cassé, j’ai tout de suite pensé au GP de France », avoue-t-il. Pendant dix jours, Alan Techer va enchaîner les séances de manipulations pour évacuer ce traumatisme. « J’ai fait beaucoup de rééducation et je suis à 100 %. »

Sa récupération rapide, Techer l’a doit en partie à une préparation d’avant-saison plus aboutie. Pris en main par la Fédération française de Motocyclisme qui voit en lui le successeur des De Puniet, Di Meglio et Zarco, il a produit beaucoup d’efforts cet hiver pour marquer de gros points autant que les esprits. « L’objectif c’est de faire des top 10, confirme-t-il. On a vu au Qatar que c’était possible. Il faut que je me calme et que je continue à travailler pour faire des belles courses. » Nerveux le jeune homme ? Plutôt si on en juge par ses résultats en course. Trois Grands Prix et trois chutes au compteur. Les progrès sont pourtant évidents avec notamment une qualification au 6e rang au Qatar.

Son principal travail s’effectue donc dans la tête. Un chantier ouvert depuis la saison dernière après des gamelles en cascade. « Je n’ai pas été assez fort mentalement. J’étais un peu jeune, un peu fou-fou, avance-t-il. Au lieu d’assurer les points, je voulais trop bien faire et je suis tombé plusieurs fois. J’ai eu une période noire et j’ai eu du mal à remarcher droit. Il faut travailler la régularité. Il faut vraiment que je travaille sur mes émotions. » Pour voir le drapeau à damiers plus souvent, il s’est adjoint un préparateur mental avec qui il échange tous les jours lors des week-ends de course. La clé n’a pas encore été trouvée mais sa chute de Jerez pourrait l’aider à y voir plus clair. Malgré une moto moins performante, il vise un top 10 au Mans avant de penser à se rapprocher des podiums. Si tout va bien, ça devrait être pour 2014 avant un éventuel passage en Moto 2. A condition de ne pas brûler les étapes.