Mike di Meglio (Speed Up)
Mike di Meglio (Speed Up) | PSP Stan PEREC-Lukasz SWIDEREK Nikon D3

Mike di Meglio en pleine renaissance

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Il est le dernier champion du monde français. C'était en 2008. Certains l'ont oublié. D'autres l'ont enterré. Après trois années de galère, Mike di Meglio a remis le bleu de chauffe. Il pourrait être la belle surprise de la catégorie Moto2.

La maturation a été longue. En montant de catégorie juste après sa couronne mondiale, le Toulousain ne pensait pas vivre aussi souvent éloigné des podiums (deux en 2009). Ce maudit frein moteur et l'embrayage l'ont beaucoup gêné dans sa progression. Des mauvais choix ont été faits. De sa part mais aussi des équipes dans lequel il est passé. Un point positif ? L'expérience d'avoir testé et comparé cinq châssis différents. "Je sais maintenant ce que j'aime et ce que je n'aime pas." Et cette fois son avis a été pris en compte. En signant avec le team Master Speed Up, il a enfin trouvé chaussure à son pied alors que chez Tech 3 il estime avoir manqué de soutien après le départ de Guy Coulon (ndlr : le chef mécano de l'équipe a débuté le projet Moto2 avant de retourner au chevet des pilotes MotoGP).

Tout ancien champion qu'il est, Mike Di Meglio a ramé pour intégrer une équipe de haut rang. Il a même dû revenir à un statut de pilote payeur. "J'ai passé tout seul novembre-décembre chez moi à essayer de trouver un guidon, raconte-t-il. Plus personne n'avait confiance en moi. Après deux saisons comme j'ai fait, il être réaliste. On ne vaut plus la même chose qu'en étant champion du monde. On doit être soutenu par des partenaires pour rouler dans une bonne équipe." Remis en selle par quelques sponsors et la Fédération française de motocyclisme, le Toulousain a retrouvé la foi. "Quand je suis parti chez l'équipe AJO en 2008, j'ai pris des risques. Elle avait la meilleure moto mais personne ne pensait qu'elle pouvait être championne du monde. Cette année j'ai choisi une bonne équipe avec une bonne moto. Je ne serai peut-être pas champion du monde mais je pense être là tout le temps. Je pense que ça va bien relancer ma carrière."

Si l'objectif MotoGP reste prioritaire, cela ne passera que par une excellente saison en Moto2. Entre Jerez 2011 et 2012, les progrès sont évidents, l'ascension indéniable. "J'ai fait un bon step cet hiver dans ma préparation et en analysant mon pilotage pour évoluer. Je suis déjà deux secondes plus vite que l'an dernier sur le même tracé. Avec facilité." Le Toulousain, qui fera équipe avec l'un des favoris pour le titre Andrea Iannone, a retrouvé la sérénité et l'envie d'en découdre. "Je sais que j'ai le couteau sous la gorge, avoue-t-il. Mais ce n'est pas si terrible quand on se fait plaisir, qu'on vit notre passion. Et quand ça marche comme lors des essais, il n'y a pas vraiment de pression. Je dois juste continuer à progresser et me sentir bien sur la moto." Fin prêt pour la première manche nocturne à Doha, Di Meglio alliera-t-il plaisir et résultat ? L'un ne va pas sans l'autre.