Jorge Lorenzo podium Malaisie joie intense 2010
Jorge Lorenzo heureux | AFP - Saeed Khan

Lorenzo ou la fougue récompensée

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L'Espagnol Jorge Lorenzo (Yamaha), sacré pour la première fois en MotoGP à l'issue de sa troisième place dimanche à Sepang au Grand Prix de Malaisie, est considéré comme un pilote fougueux, dur au mal et très solide psychologiquement. Double champion du monde 250 cc en 2006 et 2007 sur Aprilia, le natif de Palma de Majorque, 23 ans, peut également s'enorgueillir d'avoir battu au classement mondial 2010 un coéquipier de légende en la personne de Valentino Rossi.

A son arrivée dans la catégorie reine, début 2008, Lorenzo avait réussi une performance que seuls deux pilotes avant lui avaient accomplie. En obtenant une position de pointe dès sa première course - au Qatar - il rejoignait ainsi Max Biaggi (500 cc Honda) qui avait fait de même dix ans plus tôt à Suzuka et Jarno Saarinen, la légende finlandaise, en 1973 sur le circuit du Castellet, lors de la première sortie de la 500 cc Yamaha. Après ce début en fanfare - classé deuxième à Doha - Lorenzo récidivait et obtenait les deux positions de pointe suivantes (Espagne et Portugal) puis une première victoire, à Estoril, lors de sa troisième course. Des blessures à répétition - ses arrivées sur les grilles de départ soutenu par deux béquilles avaient frappé les esprits - le reléguaient à la 4e place au classement final cette année-là, mais Rossi, qui décrochait sa 8e couronne, avait compris que, pour la première fois de sa carrière exemplaire, un coéquipier pouvait lui faire de l'ombre.

Duels épiques

En 2009, leurs duels furent épiques notamment à Barcelone, Brno ou à Misano mais Rossi décrocha finalement une neuvième couronne à Sepang avec 45 points d'avance sur Lorenzo. Cette année, les hostilités sur la piste furent moins fréquentes en raison de la blessure du champion italien mais néanmoins bien présentes, comme à Motegi la semaine dernière par exemple. Vexé d'avoir été bousculé par Rossi pour une place sur le podium, Lorenzo, qui d'habitude ne manque pas d'humour, a annoncé qu'il se vengerait, une fois le titre en poche. Il serait dommage que cet excès de fougue ternisse une saison qui aura été exemplaire à plus d'un titre. Mise à part la victoire inespérée de Rossi - acquise en grande partie grâce la chute de Casey Stoner - au Qatar en début de saison et celle remportée sans coup férir dimanche en Malaisie par l'Italien, tous les succès Yamaha cette saison auront été à mettre sur le compte de Lorenzo. Mieux, lors des dix premières courses, le pilote espagnol a signé sept victoires et trois deuxièmes places.

Adversaire le plus coriace

Après avoir battu deux fois consécutivement Rossi à la régulière, en Espagne et en France, Lorenzo avait affirmé à l'AFP en juin sur le circuit du Mugello: "nos relations n'ont pas particulièrement changé mais évidement nous sommes tous les deux des attaquants. Nous ne sommes pas amis, nous ne l'avons jamais été mais nous ne sommes pas ennemis. Nous n'avons pas grand-chose à nous dire à part ce qui tourne autour de la moto". Le lendemain, aux essais libres, Rossi hypothéquait sa saison en se brisant le tibia et le péroné.
Une fois seul représentant officiel de la marque aux diapasons - Rossi sera absent pendant quatre Grand Prix -, Lorenzo a fait montre d'une grande constance avec trois victoires et une deuxième place, laissant quelques miettes du festin à Dani Pedrosa - blessé lui aussi en fin de saison - et Casey Stoner, qui aura mis la presque totalité de la saison à se retrouver à l'aise au guidon de la Ducati. Fin 2009, Rossi avait reconnu que Lorenzo était l'adversaire le plus coriace rencontré dans sa carrière. Un an plus tard, l'Espagnol lui a donné raison de la plus belle des manières.

AFP