Le WTCC entre dans l'ère Loeb

Le WTCC entre dans l'ère Loeb

Publié le , modifié le

Discipline peu médiatisée malgré son statut de championnat du monde labellisé FIA, le WTCC (World Touring Car Championship) va lui aussi succomber à la Loebmania. Depuis l'annonce de l'arrivée du nonuple champion du monde WRC avec Citroën, les reportages et articles se succèdent. La communication est réussie. Ne reste plus à l'Alsacien qu'à décrocher la victoire en piste. Deux premières manches dimanche à Marrakech. Le plus dur commence.

Reconverti en pilote de circuit, Sébastien Loeb ne tourne jamais en rond. Depuis son retrait volontaire des rallyes, l'Alsacien n'a pas chômé. Un coup de volant par-ci, un coup de volant par là, du championnat de France GT au développement de la Citroën C-Elysée en passant par le rallycross, on l'a vu sur plusieurs fronts. A partir de ce week-end, Loeb n'aura la tête qu'au WTCC et à rien d'autre. L'ancien rallyman n'a rien à prouver mais il n'est pas homme à débarquer dans une nouvelle discipline sans vouloir y jouer les premiers rôles. Comme son employeur de toujours Citroën l'accompagne dans l'aventure, nul doute que les Chevrons vont décoiffer le WTCC. Quitte à y perdre quelques cheveux, les acteurs historiques attendaient ça avec impatience. Avec Loeb, ce championnat du monde FIA s'est trouvé un ambassadeur de premier ordre pour sortir de l'anonymat. Cela devrait profiter à tout le monde : promoteurs, constructeurs, pilotes et médias. Le public devrait suivre lui aussi si le spectacle promis est au rendez-vous.

Citroën ​booste le WTCC

Nouveau en WTCC, Citroën a accéléré la mutation de la discipline. Avec l'accord des autres constructeurs, le futur règlement a été avancé d'une saison. Avec ses gros moyens, Citroën pourrait en être le grand bénéficiaire même si Honda s'est jeté dans la bataille avec ambition. Au moment de faire ses classes, le constructeur français la joue modeste. "Commencer une saison est une chose, mais entamer un programme dans une discipline inconnue en est une autre, assure Yves Matton, Directeur de Citroën Racing. Tout est nouveau pour nous : les voitures évidemment, mais aussi le matériel, les méthodes, les règlements, la stratégie de course… A Marrakech, il nous faudra développer les automatismes indispensables pour être efficaces et performants en WTCC. Évidemment, nous attendons les premiers résultats chronométriques. Savoir où nous nous situons par rapport à la concurrence constitue notre principale interrogation."

Loeb dans l'ombre de Muller

Qu'on ne s'y trompe pas. S'il y a bien un patron chez Citroën et s'il est alsacien, il ne s'appelle pas Loeb mais Muller. Taulier de la discipline avec ses quatre titres mondiaux (2008, 2010, 2011 et 2013), Yvan Muller est la référence du WTCC et l'assurance tout risque de Citroën. Il culmine à 37 victoires en WTCC, 22 pôles et 31 meilleurs tours. En attendant la montée en puissance de Loeb, Muller met toute son expérience dans le développement de la C-Elysée. Il devrait logiquement être le premier à en tirer profit. Loeb en est conscient et reste pour le moment dans la roue du maître. "Je suis heureux de travailler avec lui car il connaît parfaitement cette catégorie et ce genre de machine, explique-t-il. C’est certain qu’il est parfois difficile d’être comparé au meilleur mais cela vous aide à comprendre vos erreurs et progresser. Ce n’est bien sûr pas une situation évidente pour moi mais cela va m’aider à grandir en tant que pilote de voitures de Tourisme. Une chose est sûre : je ne pense pas être encore prêt à le battre." Dans les rues de Marrakech, c'est le trafic qui tracasse Loeb."Même après une saison complète en GT, je redoute encore les départs en peloton. C’est souvent très fin quand on veut éviter de perdre des places dans les premiers virages…" C'est aussi tout le charme du WTCC avec ses duels pare-choc contre pare-choc ou portière contre portière. Bagarreur dans l'âme, Loeb va aimer.

Xavier Richard @littletwitman