Vettel vise le triplé

Vettel vise le triplé

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Double champion du monde de F1, Sebastian Vettel convoite évidemment un troisième titre d'affilée, ce qui lui permettrait de devancer des pilotes comme Fernando Alonso ou Mika Häkkinen, toujours en lice. Mais Vettel devra composer avec trois autres champions du monde: Schumacher, Hamilton et Button. Le premier GP de l'année ce week-end en Australie devrait donner une idée des forces en présences, sachant que l'an passé, Vettel en avait largement dominé les débats.

Button et Schumacher s'illustrent déjà
Lors de la première séance d'essais libres, Jenson  Button (McLaren-Mercedes) s'est montré le plus rapide, devant son coéquipier Lewis Hamilton et MIchael Schumacher (Mercedes). Ce dernier a un peu plus tard signé le meilleur temps de la 2e séance d'essais libres, devant Nico Hülkenberg (Force India-Mercedes) et Sergio Pérez (Sauber-Ferrari).

Dominateur la saison passée, Sebastian Vettel le sera-t-il encore en 2012 ? A 24 ans, le pilote Red Bull reste évidemment parmi les favoris à sa propre succession, mais la concurrence a semble-t-il mis les bouchées doubles pour combler l'écart. Le plateau a rarement, voire jamais été aussi relevé avec pas moins de six Champions du monde sur la grille de départ, de quoi enthousiasmer le patron de Red Bull. "Cette saison ressemble à une année de rêve pour la Formule Un avec ces six champions du monde. C'est sans précédent. La qualité des engagés est phénoménale. Je pense que cela va être une saison vraiment passionnante", affirme ainsi Christian Horner qui sent que la donne risque de changer. "Seb a connu une année incroyable et a finalement largement dominé. Mais, cette fois, il y a des adversaires de taille", prévient-il.

"L'objectif c'est le titre. Et si c'était le 3e consécutif, ce serait sympa  mais ça ne fait pas de différence au moment de débuter cette saison qui va être  très longue", a dit Vettel à la veille des premiers essais. Pour le pilote allemand, "les deux premières courses vont donner une tendance, car il est difficile  d'analyser" les essais d'avant-saison. "Je me sens bien" dans la nouvelle RB8, explique-t-il et précise que "tout ne s'est pas toujours passé comme prévu" cet hiver. "C'est bon d'être ici et dans deux jours on en saura plus. Il faut attendre les qualifications de samedi, puis la course de dimanche, et on va vous répéter ça tout le temps", a-t-il lancé devant les journalistes présents, tout en sachant que s'il atteignait son objectif, il égalerait au nombre de titres des mythes de la F1 que sont Jack Brabham (1959, 1960 et 1966), Niki Lauda (1975, 1977, 1984), Nelson Piquet (1981, 1983 et 1987), Ayrton Senna (1988, 1990 et 1991), et Jackie Stewart (1997, 1998 et 1999).

Webber, premier rival de Vettel ?

Dans l'hypothèse où Vettel connaîtrait une improbable défaillance, l'écurie autrichienne pourra toujours s'appuyer sur l'Australien Mark Webber, le vainqueur du dernier Grand Prix de la saison au Brésil. Sans doute premiers rivaux des pilotes Red Bull, ceux de l'équipe McLaren, Lewis Hamilton et Jenson Button, ont à la fois le palmarès, et la voiture pour s'illustrer cette année. "Côté fiabilité de la voiture, on a plutôt connu un bon hiver, et j'ai le sentiment qu'on peut encore bien progresser", explique Button. Hamilton a lui fait le choix de se recentrer sur l'essentiel après avoir selon lui, "pris du bon temps" en 2011. "Je suis souvent sorti et j'ai pris du bon temps en pensant que ces choses-là n'ont pas de conséquences alors qu'en fait elles en ont. Il y a des répercussions", a analysé le Britannique.

Pour Ferrari, qui avait terminé sur la troisième marche du podium des constructeurs en 2011, l'objectif reste évidemment une place dans le trio de tête. Lui qui avait terminé au pied du podium l'an passé, Fernando Alonso ne bénéficie pas forcément de la monoplace idéale. La F2012 suscite autant d'interrogations qu'elle présente d'innovations, et ce début de saison risque d'être plus décisif pour la Scuderia que pour toute autre équipe. Ferrari a réalisé très peu d'essais et part un peu dans l'inconnu. "Ce serait bien de faire plus d'essais mais pas au détriment des courses puisque rien ne remplace la compétition", estime le pilote espagnol. "Après tant de kilomètres à tester puis retester, il y a enfin un peu de sport dans l'air. L'excitation des qualifications me manque, le frisson d'être sur la grille lorsque les lumières s'éteignent, l'adrénaline dans la charge jusqu'au premier virage, en fait tout ce qui rend la F1 un sport si amusant", résume-t-il.

Des essais hivernaux mi-figues mi-raisins

Si l'on tente d'analyser les essais hivernaux, la concurrence est plus élevée du côté de Mercedes, qui n'a plus trop la mine des mauvais jours. "Nous avons fait un joli pas en avant, notre nouvelle voiture est fiable,  elle s'est bien adaptée aux nouvelles réglementations et aux nouveaux pneus,  nous n'avons plus qu'à améliorer ses performances", a ainsi expliqué Nico Rosberg. "Nous sommes dans ce projet pour gagner des courses et des titres, nous  avançons pas à pas", a déclaré le jeune pilote. Quant à Michael Schumacher, il "a hâte de savoir ce que vaut tout le travail effectué cet hiver et de prouver que (l'écurie) a fait les bons choix". Quant à le voir remporter un huitième titre, Schumi préfère sans doute rester prudent.

Déjà potentiellement dangereux depuis deux saisons, Lotus entend bien confirmer son statut de challenger, au même titre que Force India. Avec Romain Grosjean  (l'un des trois pilotes français engagés avec Jean-Eric Vergne et Charles Pic), et surtout le retour aux affaires de Kimi Räikkönen, l'écurie britannique aimerait de nouveau tutoyer les podiums. Les tests de l'hiver se sont révélés encourageants, même si selon Grosjean, "ça ne veut rien dire". Si le Champion de GP2 espère profiter de cette deuxième chance qui lui est offerte, c'est peut-être davantage du retour de Räikkönen, dont les médias se délectent le plus... Le champion du monde 2007 revient en effet à la F1 après deux ans de rallye, et a même commencé à faire des efforts de communication. La présence d'"Iceman" chez Lotus qui vise un titre dans trois ans est un pari qui peut s'avérer payant. Début de réponse ce dimanche à Melbourne.

Romain Bonte