Sebastian Vettel - Red Bull - Stands
Sebastian Vettel (Red Bull) a parfaitement maîtrisé sa course. Sur piste, comme aux stands. | AFP - ROMEO GACAD

Vettel, une victoire dans les règles

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Comme en 2010, Sebastian Vettel (Red Bull) a dominé la meute à Sepang, deuxième manche du championnat du monde. Au-delà du résultat, la course a donné l’impression d’une large cacophonie. La F1 version 2011 semble s’emmêler dans un règlement de plus en plus alambiqué nous promettant du spectacle en course… Au final, l’animation s’est surtout déroulée dans les stands, comme en attestent les 59 arrêts lors du GP.

Comme chaque année, la F1 promet de faire peau neuve. Volonté réel de ses dirigeants, dont Bernie Ecclestone, la réglementation est sans cesse corrigée en vue d’améliorer le spectacle en course. 2011 est certainement l’année où cette volonté de « show » a été exacerbée. Nouveau manufacturier de pneus (Pirelli), système de récupération d’énergie cinétique (KERS) réinstauré, aileron arrière mobile... Tout, ou presque, a été mis en œuvre pour rendre cette saison trépidante. Pourtant, comme l’année dernière, la Red Bull de Sebastian Vettel domine toujours ses adversaires de la tête et des épaules. Si l’on comprend les deux dernières courses de 2010, au Brésil et à Abou Dabi, le pilote de 23 ans vient d’enchaîner une quatrième victoire consécutive.

Button : "Il était délicat d'essayer de comprendre les arrêts aux stands"

Le problème principal semble venir des nouvelles gommes de pneus offertes aux pilotes. Depuis 2011, le manufacturier italien Pirelli est devenu le seul fournisseur du plateau. Problème, ses gommes se détruisent trop rapidement et poussent les pilotes à effectuer trois ravitaillements par GP. "La course a été assez confuse. Il était délicat d'essayer de comprendre les arrêts aux stands" a commenté Jenson Button (McLaren), somme toute satisfait de sa deuxième place. "Mais c'était un GP marrant, avec quelques bonnes batailles".
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Les pilotes doivent désormais trouver le bon équilibre entre essais et course. Le cas de Lewis Hamilton est édifiant. Le Britannique a ainsi réussi la performance de placer sa monoplace sur la première ligne lors des qualifs, aux côtés de Sebastian Vettel. Problème, il y a laissé un train de pneus et sa performance en course fut en grandement handicapée. "Il est difficile de comprendre les pneus, car parfois, en essayant de les préserver, tu empires les choses, a t-il commenté.Tu vas moins vite dans les virages rapides, tu as moins d'appuis et donc tu les endommages davantage. C'est très délicat." Si les pilotes eux-mêmes s’y perdent, qu’en est-il du spectateur ? Le plus souvent, il doit se contenter de la belle orchestration des passages au stand des voitures. Il y en eu 59 au total, pour le seul GP de Malaisie.

Auto-persuasion ou formules de communications,  Paul Hembery, le  directeur du département sport de Pirelli était ravie de la situation. "Le GP de Malaisie s'est transformé en un combat de stratégies et de  courage du début à la fin. Un combat pour lequel choisir les bons pneus aux  bons moments s'est avéré absolument crucial". Chacun prêche pour sa paroisse...

L’aileron arrière mobile : le gadget de trop ?

L’aileron arrière mobile, celui qui permet au coureur de retirer un peu d’appui aérodynamique pour dépasser, ne donne pas les résultats escomptés. On pensait avant la course, que la longue ligne droite de Sepang allait donner lieu à un festival de dépassement. Il n’en fut rien ! Celui de Fernando Alonso, endommagé depuis le 9e tour, l’empêcha de se défaire Lewis Hamilton. "Je n'ai pas été chanceux : si l'aileron arrière mobile avait fonctionné correctement, j'aurais pu doubler facilement (Lewis) Hamilton en ligne droite, au lieu de quoi nous avons dû lutter durement" à une dizaine de tours de la fin.

KERS ou aileron mobile, l’impression donnée est que la performance pure du pilote passe au second plan. Avec des pneus trop facilement dommageables, les pilotes aux conduites agressives (comme Lewis Hamilton et Fernando) sont amenés à avoir une conduite plus souple pour préserver leurs gommes. Un frein au spectacle, pour deux des plus grands animateurs du peloton ! Jenson Button, avec sa conduite coulée, est l’un des grands gagnants de l’introduction de ces nouveaux pneus. Mais était-ce vraiment le but de privilégier les pilotes attentistes ?