L'Allemand Sebastian Vettel (Red  Bull) dans la nuit de Singapour
L'Allemand Sebastian Vettel (Red Bull) dans la nuit de Singapour | ROMEO GACAD / AFP

Vettel sourit, Alonso aussi

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L'Allemand Sebastian Vettel (Red Bull) a remporté le Grand Prix de Singapour devant Jason Button (McLaren) et Fernando Alonso (Ferrari), qui reste largement en tête du championnat du monde. Vettel et Alonso ont profité de l'abandon du favori partie en pole Lewis Hamilton (McLaren) au 23e tour pour prendre des points précieux pour la quête du titre suprême.

Le Grand Prix de Singapour est particulière. La seule course en nocturne a été le théâtre d'une lutte acharnée mais écourtée entre les candidats au titre mondial: le Britannique Lewis Hamilton (McLaren), parti en pole position, et le double tenant du titre l'Allemand Sebastian Vettel (Red Bull), et le leader du championnat Fernando Alonso (Ferrari). Dans un tracé en ville, piégeux et glissant, les incidents ont gâché le scenario de la course.

Hamilton sans vitesse

Comme lors de ses précédentes victoires en Hongrie et en Italie, Hamilton a pris les devants pour imprimer le rythme de la course alors que Fernando Alonso, pourtant vainqueur à deux reprises à Singapour, ne semblait pas dans un bon jour. Trahi par sa boite de vitesse, le Britannique dû laisser passer Vettel, qui le suivait depuis le départ, à moins de deux secondes, avant de se garer et de sortir de sa monoplace au 23e tour. Un vrai coup du sort pour Hamilton. L'abandon du Vénézuélien Pastor Maldonado (Williams-Renault), alors troisième, suite à un problème hydraulique a servi un peu plus les intérêts d'Alonso qui s'est retrouvé sur le podium sans trop s'employer. 

Sur le circuit urbain de Marina Bay Street, long de 5,073 km, avec 23 virages, des bosses, des parties glissantes, des températures élevés et un taux d'humidité allant de 75% à 90%, les coureurs et leurs voitures sont soumis à rude épreuve. L'intervention de la voiture de sécurité au 33e tour (jusqu'au 39e) après les sorties de route de l'Indien Narain Karthikeyan (HRT-Cosworth) puis de Michael Schumacher (Mercedes) et Jean-Eric Vergne (Toro Rosso) au … 40e (jusqu'au 43e) a permis de changer les pneumatiques et les accus mais aussi haché la course. "Schumi", 7 fois champion du monde, s'est retrouvé sans  freins en bout de ligne droite et est venu percuter Vergne, qui le précédait,  semant des débris sur la piste. Aucun des deux pilotes n'a été blessé. Du coup, Vettel n'a pas eu besoin de forcer son talent pour conserver la tête.

Vettel et Alonso opportunistes

"C'était une très bonne course, car je prends  encore beaucoup de points pour le championnat. On n'était pas très compétitifs", a dit Alonso.  

"C'est vraiment une saison incroyable et c'est très spécial de gagner ici, à cause de l'ambiance générale, dans une ville de cinq millions d'habitants avec un circuit au milieu", a souri Vettel. C'est la 2e victoire de Vettel cette saison, après le GP de Bahreïn, la 2e d'affilée à Singapour pour le double champion du monde en titre, âgé de 25 ans, et la 23e de sa carrière en F1. Elle lui permet de reprendre la 2e place du championnat à Hamilton.

Avec désormais onze courses sur quatorze terminées dans les cinq premiers - dont trois victoires - et un seul abandon, Alonso est impressionnant de régularité cette saison. "C'est encore un week-end très positif pour moi, car j'ai encore marqué des  points alors qu'on n'était pas très compétitifs", a dit Alonso. En effet, il a réussi à limiter les dégâts sur un circuit où il s'était pourtant imposé à deux reprises.La course au titre a donc un leader solide (Alonso), un nouveau outsider (Vettel) et un déçu (Hamilton). Un journaliste l'a interrogé sur les chances de refaire ses 52 points de retard sur Alonso au championnat du monde. "Combien ?", a répondu Hamilton. "Oh zut. Ben... L'écart est ce qu'il est. Je n'abandonnerai pas." Vivement le prochain Grand Prix au Japon.

Mathieu Baratas