Sebastien Vettel Red Bull
Sebastien Vettel (Red Bull) | TOM GANDOLFINI / AFP

Vettel roi du pétrole

Publié le , modifié le

Sebastien Vettel a survolé le Grand Prix de Bahreïn en devançant facilement les Lotus de Räikkönen et Grosjean et la surprenante Force India de Di Resta. Grâce à ce succès, déjà le deuxième de la saison, le pilote allemand de la Red Bull prend déjà ses distances en tête du championnat du monde. Fernando Alonso, l'un des seuls qui pouvaient peut-être l'inquiéter a connu un dimanche noir, l'Espagnol hissant péniblement sa Ferrari à la 8e place.

Cette fois, pas de polémique. Après sa victoire plus que controversée en Malaisie, et son dépassement tant décrié sur son coéquipier Mark Webber, Sebastien Vettel a signé un succès d'un blanc immaculé à Bahreïn. Sur une Red Bull survitaminée, le triple champion du monde a réalisé un cavalier seul que personne n'a pu désarçonner. Fernando Alonso, vainqueur du dernier GP en Chine, aurait peut-être pu contester l'hégémonie de son rival allemand mais un accrochage au départ avec la Force India de Sutil, et un double passage désastreux au stand Ferrari pour réparer, en deux fois, un aileron arrière mal fixé, ôtait à l'Espagnol tout espoir d'entrée de course. Au final, il accuse une perte sèche de 30 points sur Vettel au classement du championnat du monde. Pas insurmontable à ce stade de la saison mais déjà un sacré handicap à combler. 

Lewis Hamilton, autre trublion habituel, a quant à lui bataillé après avoir été rétrogradé en 9e position sur la grille, pestant contre l'équilibre instable de sa Mercedes. Le Britannique se classera finalement en 5e position. Presque inespéré. Ces deux-là hors-jeu, et avec des McLaren toujours en déficit de performances pures, ce sont donc de nouveau les Lotus de Grosjean et Raïkkönen qui ont tiré les marrons du feu en se hissant sur les 2e et 3e places du podium. Une fois encore, le Finlandais, qui reste à dix points de Vettel au général après cette course,  prenait le meilleur sur le Français mais ce dernier a semblé enfin à l'aise dans ses réglages. 

Di Resta s'invite la cour des grands

Nico Rosberg, l'auteur de la pole-position, n'aura pas fait illusion non plus très longtemps. S'il résistait bien à l'agression de Vettel à l'extinction des feux, le Finlandais devait céder aux assauts de la Red Bull dès le 3e tour. Plus personne n'allait revoir Vettel. Ou alors de très très loin. Derrière, le déroulement de la course livrait quelques empoignades musclées. Le duel entre les deux McLaren Boys, Perez et Button, valait son pesant de testostérone, tout comme ceux qui allaient opposer, à deux tours de l'arrivée, le même Perez à Alonso et celui mettant aux prises Webber et Hamilton. A chaque fois, les roues se touchaient mais, miraculeusement, les protagonistes restaient en piste. Au final, Di Resta, sur une Force India parfaitement à l'aise sur ce tracé tellement exigeant pour les freins, se classait 4e en devançant tout ce paquet de fous-furieux, Hamilton, Perez, Webber, Alonso, Rosberg et Button. Tous étaient de toutes façons très loin de Vettel, auteur de la 28e victoire de sa carrière et plus que jamais prince du désert. 

Déclaration : 

Sébastien Vettel (ALL/Red Bull), 1er : "C'était très serré au début et il fallait absolument que je passe en tête,  le plus tôt possible, pour pouvoir mieux gérer mes pneus. La voiture a marché  très bien avec les pneus de mon premier relais, puis j'ai pu creuser l'écart  pendant mon deuxième relais. C'était une course très forte de la part de notre  équipe aujourd'hui".

Kimi Räikkönen (FIN/Lotus), 2e: "Nos  qualifications n'étaient pas idéales, et ça ne nous a pas aidés de partir si  loin sur la grille (ndlr: Räikkönen 9e, Grosjean 11e), mais je ne pense pas  qu'on aurait pu battre les Red Bull ici, on n'était pas assez rapides. Dès  vendredi, je pensais qu'on pourrait faire deux arrêts au lieu de trois, et ça  nous a permis de gagner beaucoup de places, notamment les deux places que j'ai  perdues pendant les deux premiers tours. Après, la voiture a été plus efficace  et j'ai pu attaquer de plus en plus. A la fin, c'est quand même un bon résultat  pour notre équipe, le maximum qu'on pouvait espérer aujourd'hui. Deuxième et  troisième, c'est bien, mais il faut qu'on trouve quelque chose pour arriver à  faire mieux la prochaine fois. On a encore pris des points et on a terminé pas  trop loin de Sebastian (Vettel), mais ça ne sert à rien de finir deuxième s'il  gagne à chaque fois. Les pneus, c'est un sujet très politique, et je ne pense  pas que les gens de Pirelli sont capables de faire plaisir à tout le monde,  quoi qu'ils fassent. Il y aura toujours quelqu'un pour se plaindre, et je ne  pense pas qu'ils doivent tout changer dès que quelqu'un se plaint. Avant, on  faisait plus d'arrêts au stand, parce qu'il fallait ravitailler, et je ne suis  pas sûr que les pneus auraient pu durer plus longtemps (si on n'avait pas dû  s'arrêter pour reprendre de l'essence), donc finalement ça ne change pas grand  chose".
   
Romain Grosjean (FRA/Lotus), 3e: "J'ai eu un un début de saison difficile,  même si j'ai été constant, car je n'étais pas au niveau que je souhaitais. Ce  week-end, on a mis la main sur quelque chose, au niveau des réglages, et j'ai  retrouvé mes sensations, donc tant mieux, car quand on n'a pas confiance dans  sa voiture, on ne peut rien faire. Nos qualifications étaient décevantes mais  le côté positif c'est qu'on avait un train de pneus neufs en plus pour  aujourd'hui. Alors qu'on avait choisi une stratégie différente des autres, en  prenant le départ en pneus durs, j'ai eu des débris dans mon radiateur en début  de course, la température est montée, et j'ai dû m'arrêter plus tôt que prévu.  Cela aurait sûrement été possible de faire deux arrêts, comme Kimi, si je  n'avais pas eu ce problème de surchauffe à cause d'un débris, qui m'a obligé à  m'arrêter au bout de six ou sept tours. Ca doit être la course où j'ai fait le  plus de dépassements, faciles et difficiles, et à la fin j'avais la 3e place en  ligne de mire, tout en sachant que j'étais plus rapide que Di Resta devant moi.  Ca fait plaisir de monter à nouveau sur le podium ici, et le fait qu'il n'y ait  pas de champagne est moins frustrant pour moi que l'an dernier".

Les classements du championnat du monde : 

Classement des pilotes:
    1. Sebastian Vettel (GER) 77 pts
    2. Kimi Räikkönen (FIN) 67
    3. Lewis Hamilton (GBR) 50
    4. Fernando Alonso (ESP) 47
    5. Mark Webber (AUS) 32
    6. Felipe Massa (BRA) 30
    7. Romain Grosjean (FRA) 26
    8. Paul di Resta (GBR) 20
    9. Nico Rosberg (GER) 14
    10. Jenson Button (GBR) 13
    11. Sergio Perez (MEX) 10
    12. Adrian Sutil (GER) 6
    13. Daniel Ricciardo (AUS) 6
    14. Nico Hülkenberg (GER) 5
    15. Jean-Eric Vergne (FRA) 1
   
    Classement des constructeurs:
    1. Red Bull Racing 109 pts
    2. Lotus 93
    3. Scuderia Ferrari 77
    4. Mercedes-AMG 64
    5. Force India 26
    6. McLaren Mercedes 23
    7. Scuderia Toro Rosso 7
    8. Sauber 5

Julien Lamotte