Sebastian Vettel devant ses rivaux
Sebastian Vettel survole le championnat | AFP - Dimitar Dilkoff

Vettel creuse le trou à Monza

Publié le , modifié le

Pour la 13e course de la saison, Sebastian Vettel (Red Bull) a conquis une 8e victoire, après avoir décroché samedi sa 10e pole-position. Après avoir dépassé Fernando Alonso (Ferrari) au 5e tour, le tenant du titre a fait un cavalier seul pour s'imposer et conforter sa place de leader du général (112pts d'avance). Derrière, belle course de Jenson Button (McLaren) qui finit 2e, devant Alonso et Lewis Hamilton (McLaren), auteur d'un bon duel avec Schumacher.

Dixième pole-position en treize courses, et huitième victoire. Si la suprématie de Sebastian Vettel ne se dément toujours pas cette saison, ce n'est pas pour autant que l'émotion et le spectacle sont absents des Grands prix de Formule 1. Bien sûr, le pilote allemand n'a sans doute pas autant de sueurs froides que ses rivaux. Et sur l'un des circuits les plus durs pour les moteurs, la puissance de son Renault, réputé comme le meilleur du plateau, lui a bien servi. Et de l'émotion, il en ressentait beaucoup sur le podium, après son succès, écrasant avec la main quelques débuts de larmes.

A Monza, sa position de pointe ne lui a pourtant pas permis d'être le premier à entrer dans la Variante del Rettifilio, passé par un Fernando Alonso (Ferrari) bien offensif et auteur du meilleur départ. Ce dépassement de la Ferrari était particulièrement osé, car il s'est joué à quelques centimètres près, ses roues allant dans l'herbe alors que sa monoplace, celle de Vettel et celle de Hamilton étaient de front. Derrière, Liuzzi (HTC) n'avait pas la même réussite, ses roues dans l'herbe le conduisant dans une sorte d'aquaplaning pour finir par heurter au premier virage cinq véhicules, dont ceux de Petrov (Lotus-Renault) ou de Rosberg (Mercedes). A peine partie, la course était neutralisée par la sortie de la voiture de sécurité. Ce n'était qu'une courte pause dans une bataille qui allait se révéler furieuse.

Au 4e tour, c'était d'abord Michael Schumacher (Mercedes) qui se hissait sur le podium en passant Hamilton (McLaren), avant qu'au tour suivant, Webber n'éperonne Massa à la chicane qui suit la ligne d'arrivée. Le Brésilien partait en tête à queue mais pouvait repartir, alors que l'Australien poursuivait avant de sortir un peu plus loin dans la Parabolique, en raison de son aileron avant passé sous sa voiture.  Dans ce même tour, le champion du monde en titre se lançait à l'attaque de l'Espagnol, son premier rival au championnat. Là encore, Vettel mettait les roues dans l'herbe mais ne coupait pas son effort et finissait par passer la Ferrari pour s'emparer de la position de leader. Et comme d'habitude cette saison, c'était le début de la fin pour ses adversaires. Car sa Red Bull s'envolait, et même la danse des retours aux stands n'y changeait rien, l'Allemand étant le dernier des ténors à revenir changer ses pneus, preuve que sa tactique de course était parfaite.

Les roues dans l'herbe

Pour les accessits, si Alonso gardait le rythme à distance, Schumacher faisait le bouchon devant Hamilton. Mais avec une vitesse de pointe nettement supérieure grâce à un aileron qui ressemblait à un papier à cigarettes, l'Allemand ne laissait que peu d'occasions au Britannique de prendre définitivement le dessus. Au 16e tour, la Mercedes forçait la McLaren à aller dans l'herbe dans la Curva Biassono, ce dont profitait Jenson Button (McLaren), revenu dans la bataille. Et l'Anglais faisait coup double juste après pour déposer Schumacher dans Ascari et s'élancer vers Alonso, qu'il passait vingt tours plus tard avec une belle autorité. Quant à son coéquipier Hamilton, le jeu des stands ne lui permettait d'oublier Schumi que quelques minutes, et jusqu'au 30e tour, il devait rester coincé derrière. Juste avant Ascari, l'ancien champion du monde passait le septuple champion du monde et pouvait enfin lâcher les chevaux. Mais malgré un sprint final, il restait à moins d'une seconde du podium, sur lequel montait, pour le plus grand bonheur des tifosi, Fernando Alonso.

Au classement du championnat du monde, Sebastian Vettel compte désormais 112 points d'avance sur son premier poursuivant espagnol, désormais bien sous la menace de Jenson Button, auteur de son troisième podium consécutif depuis sa victoire en Hongrie. Les deux hommes n'ont que cinq points d'écart, alors que Mark Webber (Red Bull) n'est pas hors du coup malgré cet abandon, restant à égalité avec Button. En cas de nouveau succès lors du prochain GP, le 25 septembre à Singapour, conjugué à des contre-performances de ses principaux adversaires, Vettel pourrait même être sacré cinq courses avant la fin du Championnat.