Jean-Eric Vergne
Jean-Eric Vergne | Jad Sherif / WRI2 / SID Images

Vergne: "Les choses vont dans le bon sens"

Publié le , modifié le

Après sa frayeur du weekend dernier à Monza, Jean-Éric Vergne a accepté de faire le point sur sa saison à six courses de la fin du championnat du Monde. Pas toujours récompensé de ses efforts, le pilote Toro Rosso se montre satisfait de ses 14 premiers Grand Prix et souligne les progrès effectués jusqu'ici malgré une voiture peu compétitive.

Vous n'avez pas pu profiter longtemps de cette course mythique à Monza… (Jean-Eric Vergne a eu un accident au 9e tour de la course, NDLR)
Jean-Eric Vergne:
 Oui en effet. Monza était un peu course ratée pour moi. Elle s'est terminée au 5 ou 6e tour (9e en fait, NDLR). J'ai eu un bris de suspension au niveau du freinage, au bout de la longue ligne droite des stands. J'ai immédiatement perdu la voiture et j'ai décollé sur un vibreur. J'ai eu mal au décollage et à l'atterrissage mais je vais bien, je n'ai rien de cassé, rien de déplacé, seulement une douleur musculaire qui va mettre quelques jours à passer.

Qu'avez-vous appris cette saison en Formule 1 ?
J.E.V :
Arriver en F1, ce n'est pas facile parce que j'ai toujours eu l'habitude d'arriver dans des catégories où je gagnais directement, en F1 ce n'est plus le cas. On a des rivaux qui sont déjà champions du Monde donc il est plus difficile d'arriver au même niveau qu'eux. Il va me falloir quelques années, c'est une certitude. Après je pense que j'ai énormément appris et j'apprends toujours. Mais c'est une bonne saison, je pense qu'on n'est pas réellement au niveau des performances que l'on espérait avec l'équipe Toro Rosso. Il y a des choses qui changent dans l'équipe. Un nouveau directeur technique est arrivé (James Key, NDLR) et on souhaite qu'il nous aide à progresser. Je ne pense pas qu'on puisse espérer quelque chose pour cette fin de saison mais l'objectif est de se battre plus facilement et surtout plus souvent dans les points l'an prochain.

Quelle a été votre meilleure course jusqu'ici ?
J.E.V :
Monaco. C'est la course que j'ai préférée. Jusqu'à sept tours de l'arrivée en tout cas (rires…) (A sept tours du but, Vergne occupait la 7e place avant de devoir passer aux stands pour changer ses pneus, NDLR). C'était un circuit où j'avais énormément d'appréhension. En catégorie inférieure, j'avais été très mauvais, comme souvent dans les circuits en ville sur lesquels soit je finissais dans le mur, soit j'étais trop loin des rails et complètement "garé". Mais cette année, dès la première séance je me suis bien senti à Monaco et ensuite la course était juste géniale. Je partais 18e, j'ai roulé 8e et ensuite 7e en étant aussi rapide que les pilotes qui sont montés sur le podium. De ce point de vue là, c'était une bonne course, sans aucun doute l'une de mes meilleures cette saison.

Quels sont vos objectifs pour la fin de saison et les six derniers Grand Prix ?
J.E.V :
Faire des belles courses avec la voiture que l'on a. Ce serait bien de pouvoir marquer des points mais pour l'instant on n'a pas la voiture pour terminer dans les points régulièrement donc on va essayer de se créer des opportunités et surtout de ne pas manquer les occasions d'être "devant".

Comment vous décririez la relation avec Daniel Ricciardo, qui est à la fois votre équipier et votre premier adversaire ?
J.E.V :
 Notre relation est bonne. Nous ne sommes pas stupides, on sait que c'est dans notre intérêt de travailler ensemble et de donner un maximum d'information à l'équipe. Mais on est aussi conscients que nos performances sont forcément comparées, donc la première personne à battre, c'est ton coéquipier. Mais ça ne crée pas plus de tensions que ça. C'est la même chose pour toutes les équipes. Quand on n'est pas en F1, on se bat pour y arriver, quand on y est, on veut dominer son coéquipier pour aller dans une meilleure écurie et quand on est dans un "top team", on veut battre son coéquipier pour être champion du Monde. Donc il y a toujours une question de rivalité mais avec Daniel (Ricciardo), on s'entend plutôt très bien.

Justement en parlant de votre équipier, il est souvent meilleur que vous en qualifications mais vous reprenez le dessus en course. Comment vous l'expliquez ?
J.E.V :
Je dirais qu'il était souvent devant moi en début d'année. Je pense que l'exercice de la qualification en F1 est très difficile. Je m'améliore course après course. J'ai fait de gros progrès à partir du milieu de la saison, aux alentours des Grand Prix d'Allemagne et de Hongrie. J'étais devant Ricciardo à Budapest, à Spa et à Monza, je n'étais pas si loin malgré une grosse erreur avant la chicane Ascari. C'est quelque chose qui va dans le bon sens.

Que pensez-vous des pneus Pirelli cette saison ?
J.E.V :
Les courses à plusieurs arrêts créent beaucoup plus de chances de doubler. Il se passe plus de choses dans les courses. L'année Bridgestone où il n'y avait plus les ravitaillements était un peu soporifique. On voyait des arrêts au 13e tour et après les voitures allaient jusqu'au bout du Grand Prix sans aucune dégradation. Du point de vue du spectateur, c'est plus intéressant cette saison. Du point de vue du pilote, on se gratte la tête avec notre équipe de temps en temps mais c'est un beau challenge et ça nous donne des moyens de faire la différence par rapport aux autres.

La Toro Rosso n'a pas beaucoup progressé cette saison. Ça doit être frustrant pour vous...
J.E.V :
Oui ça l'est. On aimerait se battre plus souvent dans les points mais c'est difficile, il faut juste faire de son mieux…

Vous abordez un Grand Prix particulier, en ville et de nuit à Singapour, comment prépare-t-on ce genre de rendez-vous ?
J.E.V :
J'ai moins d'appréhension qu'avant sur les circuits en ville depuis ma belle course à Monaco. Sincèrement, le fait que ça soit de nuit ne change rien du tout. A la limite, c'est même mieux, ça fait moins peur parce que l'on voit moins les rails (rires...)

Pour finir, quel pilote vous a le plus impressionné sur la piste et lequel d'entre eux placez-vous comme favori pour le titre ?
J.E.V :
Cette année, Fernando Alonso a été impressionnant mais le championnat est tellement serré et il y a encore beaucoup de courses à disputer donc c'est très difficile de faire un pronostic. Tout peut encore se passer. Mais j'aimerais bien qu'un pilote Red Bull soit champion du Monde...