Le président de la fédération internationale d'automobile Jean Todt
Le président de la fédération internationale d'automobile Jean Todt | PEDRO LADEIRA - AFP

Todt : "La F1 est trop chère"

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Certains "se plaignent" plus que d'autres, et "ceux qui se plaignent font plus de bruit !", a reconnu Jean Todt, le président français de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), en commentant le début de la saison de F1 devant la presse dimanche avant le GP de Bahreïn. Il estime également que la F1 est trop chère.

Q: Que pensez-vous des critiques récentes de Sebastian Vettel, notamment  sur le manque de bruit des moteurs ?
R: "Vettel a fait un commentaire négatif sur le bruit des moteurs (+c'est  de la m...+), mais pas sur les moteurs. Il est une icône de notre sport, quatre  fois champion du monde, il doit être un ambassadeur et je suis fier de  l'utiliser pour nos campagnes sur la sécurité routière. Car, quand il dit de  boucler sa ceinture, il a de l'influence. S'il venait me parler du problème du  bruit, je l'écouterais, car il est qualifié pour en parler."
   
Q: Et quelle est votre opinion sur ce sujet... qui fait beaucoup de bruit ?
R: "C'est mon premier GP cette saison, j'ai lu beaucoup de choses, et j'ai  mes opinions. J'ai entendu beaucoup d'émotion, alors que ce n'est pas, à mon  avis, un énorme changement pour la F1, mais peut-être qu'il est allé trop vite,  et nous allons prendre cela en considération. Quand on a écouté les moteurs sur  le banc d'essai, ça semblait un bon bruit. Hier, dans les stands, ça faisait du  bruit. Sur la piste, ça en fait moins, mais ça ne me dérange pas. Et je n'ai  pas à influencer une décision parce que ça me convient ou non. Nous examinons  ce problème avec les trois motoristes impliqués en F1. Nous allons voir si nous  pouvons mettre en place un bruit plus important, à plus ou moins long terme."
   
Q: Pensez-vous que le règlement devrait changer en cours de saison ?
R: "Il nous faut un accord unanime des écuries, sinon on ne peut rien  changer. Nous sommes dans un monde de compétition, ceux qui sont devant ne se  plaignent pas et les autres se plaignent, en faisant plus de bruit que ceux qui  sont contents. C'est dans la nature des choses. L'histoire de la F1 est remplie  de périodes de domination: Ferrari, McLaren, Williams, Red Bull et maintenant,  après seulement deux GP, Mercedes. Je n'ai pas le pouvoir de les ralentir et  c'est un défi pour les autres écuries de les rattraper. Ce ne serait pas juste  de pénaliser une écurie qui a fait un meilleur travail que les autres."
   
Q: Regrettez-vous que les F1 de 2014 aillent moins vite ?
R: "Quand on fait de nouvelles règles, on essaie toujours de rendre les  voitures plus lentes, car on sait que leurs performances vont progresser très  vite: celles de 2014 sont plus lourdes de 40 kilos, elles ont 15% d'appui  aérodynamique en moins, des pneus et des moteurs différents, mais à la fin de  la saison, elles seront deux secondes au tour plus rapides que maintenant. Et  la règlementation va rester la même jusqu'en 2020, tout le monde l'a acceptée.  On ne peut pas la changer parce qu'un moteur est meilleur que les autres. Le  sport automobile doit avoir une vision pour l'avenir, avec des nouvelles  technologies. C'est ce qui a encouragé, en F1, de grands constructeurs à  revenir, comme Honda, ou à rester, comme Mercedes et Renault. L'industrie  automobile avance et la F1, le pinacle du sport automobile, ne peut pas être  aveugle à cette évolution."
   
Q: Où en est le projet de limiter les budgets en F1 ?
R: "Mon sentiment, c'est que la F1 est trop chère. On m'a d'abord prouvé  qu'on pouvait limiter les budgets, alors j'ai mis cela sur la table, la plupart  des écuries étaient d'accord. Maintenant, on me dit que les six écuries membres  du Strategy Group sont contre, donc, il n'y a plus de budget limité ("cost  cap"). Je suis déçu, car ce sera plus difficile de réussir cette limitation qui  me semble nécessaire. Mais on me dit qu'on peut y arriver par la règlementation  technique et sportive. C'est pourquoi nous avons un plan détaillé, étalé sur  trois ans, de 2015 à 2017. Depuis cette année, nous avons une nouvelle  gouvernance, avec le Strategy Group (six écuries de F1), la Formula One  Commission (le détenteur des droits commerciaux) et le Conseil mondial de la  FIA, qui ont six voix chacun. Si on a neuf voix, on peut avancer."
   
Q: Confirmez-vous que de nouvelles écuries pourraient bientôt entrer en F1 ?
R: "Quelques écuries ont déposé un dossier, ils ont été examinés par  d'autres personnes que moi, et nous allons faire une annonce dans les jours à  venir."

AFP