Le président de la fédération internationale d'automobile Jean Todt
Le président de la fédération internationale d'automobile Jean Todt | PEDRO LADEIRA - AFP

Todt : "Développer à la base"

Publié le , modifié le

Le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Jean Todt, s'est exprimé dès sa réélection pour un deuxième mandat dont le plus grand défi sera de "développer le sport automobile à la base".

Que vous inspire cette réélection à l'unanimité ?
Jean Todt : "C'est une grande satisfaction, car quand on se présente à une élection  et qu'on recueille un tel niveau de soutien, c'est très gratifiant. C'est aussi  très encourageant pour continuer à aller de l'avant. Surtout quand il y a trois  mois je pouvais lire dans une certaine presse que j'étais en danger".
   
Comment pouvez-vous résumer votre premier mandat ?
JT : "C'était un premier mandat riche en changements, avec une révision  totale de nos statuts, la modernisation de notre fonctionnement, une nouvelle gouvernance, la signature d'un nouvel Accord Concorde (ndlr: qui régit la répartition des revenus commerciaux de la F1), l'arrivée du championnat de  Formule Electrique et beaucoup d'actions dans le domaine de la mobilité durable  et de la sécurité routière".
   
Qu'est-ce qui a été déterminant dans cette réélection à l'unanimité?
JT : "Il n'y a rien de déterminant, c'est toujours un ensemble de choses, et  quand on est engagé il faut croire en ce qu'on fait. La sécurité routière, nous  n'avons pas improvisé cela pour gagner trois voix. Nous devons tenir compte de  l'évolution de la société. Le monde change et une grande attention doit être  portée au respect de l'environnement. Notre organisation doit être un exemple,  en tant que régulateur et législateur du sport automobile mondial. Nous avons  aussi une responsabilité par rapport à l'automobiliste de tous les jours, donc  il y a une synergie entre nos deux départements (ndlr: Sport et Mobilité  Durable)".
   
Quels sont les objectifs les plus importants de votre deuxième mandat?
JT : "Tout est important, mais si vous insistez je vous dirai que le plus  grand défi c'est de développer le sport automobile à la base, car ça  n'intéresse personne. Nous sommes une pyramide, tout le monde s'intéresse à la  F1, mais il faut respecter toutes les catégories, dans tous les pays. Nous  devons nous concentrer sur le problème des coûts à tous les niveaux du sport  automobile, pas seulement en F1. C'est un vaste projet mais nous sommes motivés  et nous allons continuer à avancer".
   
Etes-vous favorable à ce qu'un pilote conserve le même numéro pendant  toute sa carrière?
JT : "Je l'ai proposé donc j'y suis très favorable. Je pense que ce serait  bien que les pilotes gardent le même numéro, à l'exception du champion du monde  qui arborerait le numéro 1. Quand je viens voir un GP de F1, je ne vois pas le  nom et le numéro du pilote. Je sais qu'ils ont besoin d'espace sur les voitures  pour les sponsors, mais je pense qu'il y a des solutions: on peut par exemple  mettre un numéro plus grand sur le casque".
   
Vous attendiez-vous à l'intérêt suscité par la Formule Electrique ?
JT : "Je suis surpris, c'est prometteur, et j'ai hâte d'assister aux courses  dans les grandes villes. Mais je suis aussi un peu inquiet, car quand les  attentes sont trop élevées il peut y avoir de la déception, donc je reste  prudent. Je pense que les pilotes de Formule E seront connus et très  talentueux. Et si une écurie veut faire venir un pilote de F1 pour une ou deux  courses, pourquoi pas ?"
   
Comment expliquez-vous que la France ait encore trois champions du monde  en 2013 (ndlr: Sébastien Ogier en rallye, Loïc Duval en endurance et Yvan  Muller en voitures de tourisme)?
JT : "Je pense que la Fédération française du sport automobile (FFSA) a une  bonne vision de la manière de développer des jeunes talents. Beaucoup d'efforts  ont été faits sur le rallye, et nous avons aussi quatre pilotes de F1 qui sont  très bons, même s'ils ne pilotent pas tous des voitures compétitives".

AFP