Sebastian Vettel (Red Bull)
La Red Bull de Sebastian Vettel a des problèmes avec son nouveau moteur V6 renault | JORGE GUERRERO / AFP

Renault, moteur grippé

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Les écuries de Formule 1 motorisées par Renault sont à la peine depuis le début des essais privés à Jerez en Espagne (28-31 janvier). La faute à une alimentation électrique défaillante du nouveau moteur V6 Turbo qui oblige le constructeur français à prendre ses précautions. L’inquiétude est palpable chez Red Bull.

La saison démarre bien mal pour Renault, après trois jours d’essais à Jerez. Ses moteurs, qui équipent Red Bull, Lotus, Caterham et Toro Rosso, ne compilent que 359 kilomètres, contre 1041 pour Ferrari (Ferrari, Sauber et Marussia) et 2063 pour Mercedes (Mercedes, McLaren, Force India et Williams). Au point que Renault a même un temps envisagé de ne pas participer à ces essais privés. " Bien évidemment nous avons des problèmes", avouait Remi Taffin, le responsable de Renault, aux journalistes présents mercredi. Nous avons les pièces, nous avons les gens, nous avons les moyens de résoudre le problème." Pourtant, cette complication persistait encore hier. Toro Rosso a essayé de boucler quelques tours avec le pilote français Jean-Eric Vergne. En vain. Sa toute nouvelle STR 9 calait sans arrêt en fin de ligne droite. Frijns avec la Caterham (10 tours) et Ricciardo au volant de la Red Bull (3 tours) n’ont même pas été chronométrés. L’adaptation au nouveau moteur V6 Turbo est compliquée pour Renault. Un problème majeur car les deux autres motoristes enchaînent les tours pendant ce temps là. Et le temps est compté avant le premier Grand Prix en Australie (16 mars). "En prenant l'exemple de Toro Rosso, on a pas eu le temps nécessaire pour réparer et pour leur permettre de rouler, poursuit le français Taffin. Chez Red bull, c'était différent parce qu'on a pu rouler ce matin mais pas de la façon qu'on souhaitait puisqu'on ne maîtrise pas encore le fonctionnement du système et donc on a décidé de s'arrêter."

Red Bull reste à quai

Avec un maigre total de onze tours complétés en trois jours, l’écurie basée à Milton Keynes en Angleterre cherche à calmer le jeu et refuse de parler de crise. Le problème viendrait du design de la monoplace, réalisé par le directeur technique Adrian Newey. La nouvelle RB10 serait en effet trop étriquée pour accueillir le bloc Renault et l’ensemble des composants électroniques. La priorité est donc de « ne pas paniquer », tempère l’aérodynamicien Gary Anderson sur le site internet du magazine Autosport. "Changer une installation comme celle-ci est difficile car il n’y a tout simplement plus de place disponible dans la voiture. Si c’est la racine du problème, Red Bull devra trouver une solution avec le peu de place dont elle dispose." Enterrer Red Bull trop tôt ferait figure d’erreur fatale, surtout avec le talent de Sebastian Vettel, quadruple champion du monde et détenteur de multiples records à seulement 26 ans. Il lui reste deux périodes d’essais à Bahreïn en février et en mars pour accumuler des données et de la confiance. Du temps à ne pas perdre après celui dilapidé à Jerez. "Nous dépendons énormément de notre partenaire motoriste", conclut Christian Horner, directeur principal de Red Bull Racing. Comme pour mettre un peu plus de pression sur le motoriste français.

Adrien Debargue