Rob White Renault F1
Rob White, le directeur technique de Renault F1 | DR

Renault frôle l'hypertension

Publié le , modifié le

En proie à d'importants problèmes avec son moteur V6 turbo, Renault subit un surcroit de pression alors que le premier GP de la saison approche à grands pas (16 mars à Melbourne). Le directeur général adjoint de Renault Sport F1 Rob White fait front malgré la tempête.

Sebastian Vettel s'attend déjà au pire. Condamné à subir les caprices de son nouveau moteur depuis ses débuts aux essais de Jerez, le quadruple champion du monde en titre s'est déjà fait une raison. Il ne sera pas compétitif avant plusieurs courses. Il n'est pas encore question de faire résonner l'hymne allemand mais plutôt de voir le drapeau à damier s'abattre devant le museau de sa RB10. "En premier lieu, terminer la course serait déjà un succès", a-t-il déclaré  à la chaîne allemande Servus TV. "Si la moitié des pilotes ne rejoignaient pas  l'arrivée, alors peut-être pourrions-nous grappiller quelques points", a-t-il insisté. Les propos du pilote Red Bull soulignent le malaise actuel autour du moteur Renault. "Nous ne sommes pas où nous voudrions être, a reconnu Helmut Marko, mentor de Vettel et conseiller de l'écurie, à l'issue de la session de Bahreïn. Le début de la saison arrive au moins deux mois trop tôt pour nous. Ce sera difficile de rattraper le retard, nous ne savons pas quand -ou si- ce sera possible". A Viry-Chatillon, on travaille d'arrache-pied pour la 2e solution même si personne ne nie les problèmes du groupe propulseur.

La liste des problèmes s'allonge

Puisque les problèmes sont multiples, Renault pare au plus pressé pour que ses clients puissent au moins finir les premières courses. La dernière séance d'essais à Bahreïn devait servir de répétition avant Melbourne mais le plan a eu quelques accrocs. "Nous souhaitions que chacune de nos quatre écuries aborde ce premier week-end de course de façon optimale, sans avoir à improviser au niveau des procédures et des modes opératoires, avoue Rob White. Force est de reconnaître que nous n’avons pas pu remplir l’ensemble de nos objectifs avec toutes les équipes. Certains préparatifs pour Melbourne n’ont pas été entièrement accomplis. Nous avons résolu certains des problèmes identifiés auparavant ou bien trouvé des solutions judicieuses pour les contourner. De nouveaux contretemps sont toutefois venus ralentir notre progression au fil des kilomètres parcourus et s’ajouter à la liste des obstacles à franchir. Cela ne facilite évidemment pas la tâche de nos équipes et je comprends leur déception."

Défaut de jeunesse

A défaut d'entrevoir la lumière, Renault commence à cerner les principaux soucis de son V6. Le problème, c'est l'enchaînement des arrêts. "Nous constatons qu’un incident à priori mineur peut se transformer en problème majeur et occasionner un retard conséquent, ajoute White. Cela tient à la jeunesse de notre groupe motopropulseur ; ce dernier ne dispose pas encore des mécanismes de sécurité et autres modes de secours qui devraient être normalement intégrés à ce stade de la préparation. Cette situation fait que nous perdons du temps de roulage dès lors qu’un problème survient. En piste, la jeunesse de notre propulseur se révèle sous la forme d’une carence au niveau de la distribution du couple ou encore de la souplesse de conduite. Les pilotes ont ainsi plus de difficultés à trouver les limites de performance de la voiture." Des défauts importants mais qui se corrigeront avec le temps.

De la tension et des espoirs

Bien entendu, il serait malhonnête de dire que tout est noir chez Renault. Le retard est conséquent mais le constructeur français dispose d'une grande expérience et d'un savoir-faire incomparable en F1. Le Losange, c'est 12 titres mondiaux et 165 victoires. Seul le temps va manquer. A Melbourne ce sera trop juste et Renault s'attend à souffrir. "Nous serons forcément un peu tendus ! Ce serait un grand soulagement de voir nos écuries faire rouler sans encombre leurs deux voitures lors de chaque séance, en somme de les voir connaître un week-end de course normal, espère Rob White. J’espère sincèrement que nous pourrons apporter tout notre soutien aux équipes et aux pilotes pour qu’ils puissent explorer les performances de leur monoplace et affronter le verdict de la piste avec sérénité." Un voeu pieux ?