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Un pneu Pirelli sur la McLaren de Sergio Perez | AFP

Pirelli a la pression

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En prenant le départ d'une course, les pilotes de F1 ont conscience des risques qu'ils prennent, mais ce n'est pas pour autant qu'ils sont suicidaires. Depuis le début de saison, les problèmes de pneumatiques n'ont cessé de se multiplier, avec comme point d'orgue, le dernier GP de Grande-Bretagne, lors duquel cinq pneus ont éclaté. Devant la situation, l'Association des pilotes de Grand Prix (GPDA) a indiqué qu'en cas de nouveaux problèmes, les pilotes stopperaient aussitôt la course. En clair, Pirelli n'a plus le droit à l'erreur.

Après avoir fait part de leur "inquiétude", les pilotes ont précisé qu'ils avaient "confiance dans le fait que les changements opérés sur les pneumatiques auront l'effet désiré et qu'il n'y aura pas de nouveaux problèmes", précise un communiqué. La Fédération Internationale de l'Automobile a en effet obtenu du manufacturer italien des améliorations techniques en termes de sécurité. Les pneus arrière seront désormais renforcés par une ceinture en kevlar au niveau de la bande de roulement, alors que de l'acier était utilisé depuis le début de cette saison. Ces pneus protoypes avaient été testés lors des essais du GP du Canada en juin, et leur structure devrait éviter les problèmes de délaminage, rencontrés depuis le début de saison.

La menace du retrait

"Nous sommes prêts à piloter nos monoplaces à la limite, comme nous le faisons  toujours et comme l'attendent nos équipes, sponsors et supporteurs, assure le GPDA. Mais pour maintenir la pression sur l'unique fournisseur de pneus, les pilotes ont préféré faire planer la menace d'un retrait. "Nous avons décidé que si des problèmes similaires avaient lieu  durant le GP d'Allemagne, nous nous retirerions immédiatement de la course, car  ce problème -évitable- mettrait encore en danger la vie des pilotes, des commissaires et des spectateurs", ont-ils indiqué.

"Rentrer à la maison sain et sauf"

L'enquête menée au sujet des cinq crevaisons intervenues à Silverstone a permis à Pirelli de détecter de nombreux dysfonctionnements. Le fabriquant italien a notamment mis en cause des pneus -asymétriques- montés dans le mauvais sens (le droit à la place du gauche), mais aussi des pressions d'air  trop faibles, et pointé du doigt la trop grande hauteur de certains vibreurs installés dans différents virages. "Nous verrons comment se déroule le week-end mais je suis sûr qu'ils ont pris les bonnes mesures pour rendre la course plus sûre", a indiqué Lewis Hamilton. De son côté, Fernando Alonso se veut plus pragmatique. "Ce qu'il faut d'abord demander à un pneumatique c'est de ne pas mettre en danger la vie des pilotes. Le principal est de pouvoir rentrer à la maison sain et sauf le dimanche soir."

Romain Bonte