Sébastien Bourdais (Toro Rosso) lors du GP d'Australie en 2008
Sébastien Bourdais (Toro Rosso) lors du GP d'Australie en 2008 | TORSTEN BLACKWOOD / AFP

Les premiers Grand Prix des pilotes français

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Pierre Gasly fera ses grands débuts en Formule 1 ce week-end lors du GP de Malaisie. L’occasion de regarder dans le rétro les performances de quelques débutants français célèbres, d’Alain Prost à Esteban Ocon.

Alain Prost – Grand Prix d’Argentine (13/01/1980) : 6e / 1 pt

A tout seigneur tout honneur. Au départ d’une longue route qui le mènera vers ses quatre couronnes de champion du monde de F1 et 51 victoires en Grand prix, Alain Prost n’a pas traîné. Première course, premier tête à queue et premier point récolté sur la piste Oscar Alfredo Galvez au volant de sa McLaren. Au Brésil, au GP suivant, il décrochera même la 5e place malgré un matériel en manque de performance. « Ce n’étais pas aussi difficile que je m’y attendais », dira le pilote de Saint-Chamond à l’issue de son premier départ. Facile, surtout quand on est surdoué…

Jean Alesi – Grand prix de France (09/07/1989) : 4e / 3 pts

La France n’a d’yeux que pour Alain Prost, déjà double champion du monde et en lice pour un troisième titre. Les pilotes français ont la cote dans les paddocks et n’ont pas encore besoin d’un budget colossal pour trouver un baquet. Remplaçant de Michele Alboreto chez Tyrrell, Jean Alesi entrevoit la lumière un jour de juillet. Promu titulaire au Paul Ricard, il transforme l’essai avec brio. 4e derrière Prost, Mansell et Patrese, l’Avignonnais signait un long bail avec la F1 (201 départs, 32 podiums et 1 victoire).

Sébastien Bourdais – Grand Prix d’Australie (16/03/2008) : 7e / 2pts

Que vaut le Champ Car par rapport à la Formule 1 ? Quadruple champion outre-Atlantique Sébastien Bourdais apporte la plus belle des réponses lors de ses débuts en F1 avec Toro Rosso. Magnifique sous la pression d’Alonso (Renault) et Kovalainen (McLaren), le Manceau marque les esprits en accédant à la 4e place avant de voir son moteur Ferrari casser. Il sera finalement classé 7e de ce GP chaotique où seules six monoplaces ont vu le drapeau à damier.

Romain Grosjean – Grand Prix d’Europe à Valence (23/08/2009) : 15e

3e pilote Renault, Romain Grosjean accède à la F1 dans les débris du Singaporegate. L’équipe dirigée par Flavio Briatore est en crise et Nelsinho Piquet le fusible idéal. C’était sûrement trop tôt pour Grosjean qui doit changer son museau dès le premier tour après un contact avec Luca Badoer. Le français voit l’arrivée au 15e rang. Il ne marquera aucun point de la saison et attendra deux ans avant de retrouver un baquet chez Lotus.

Jean-Eric Vergne – Grand Prix d’Australie (18/03/2012) : 11e

Couvé par Red Bull, Jean-Eric Vergne accède à la F1 via l’équipe satellite Toro Rosso. Impressionnant lors des essais de fin de saison 2011, « JEV » est vite dans le bain, au niveau des pilotes de références de l’équipe. Sa vraie mise à l’eau a lieu à Melbourne au printemps suivant. 11e en qualifs, 11e en course, tous les espoirs sont permis. Pendant deux saisons, le Francilien attendra une promotion chez Red Bull. L’écurie autrichienne choisira son coéquipier australien Daniel Ricciardo. Le début de la fin…

Jules Bianchi – Grand Prix d’Australie (17/03/2013) : 15e

Petit-fils de Mauro Bianchi et petit-neveu de Lucien Bianchi, le petit Jules Bianchi a tout fait très vite et très bien. Brillant en karting puis en monoplace, il s’attire les grâces de Ferrari qui aide à le placer chez Marussia. Quand il débarque à la mi-mars en Australie, Bianchi découvre sa voiture et le circuit. Ça ne l’empêche pas de dominer largement son coéquipier Max Chilton. Sa 15e place est un exploit vu le niveau de sa machine. Il sera d’ailleurs le seul à inscrire des points pour l’écurie russe la saison suivante à Monaco (9e, 2 pts). Bianchi n’aura pas l’occasion de confirmer son énorme potentiel puisque le Niçois décèdera en juillet 2015 des suites d’un accident pendant le GP du Japon le 5 octobre 2014 (Il a percuté un engin de levage).

Esteban Ocon – Grand Prix de Belgique (28/03/2017) : 16e

C’est le petit dernier et il reste le plus jeune Français à avoir pris un départ en F1 (à 19 ans et 345 jours). Le Normand n’est pas soutenu par Red Bull et Ferrari mais par Mercedes. Pour l’aguerrir, le constructeur allemand lui ouvre la porte de la F1 dans le baquet d’une modeste Manor. Forcément, il ne peut guère espérer des débuts dans le top 10. Son week-end quasi-parfait et sa 16e place devant Pascal Wehrlein annonce la naissance d’un futur grand. Son transfert chez Force India en 2017 n’est qu’une étape.

Xavier Richard @littletwitman