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Le Castellet répond à Magny-Cours

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Une semaine après Magny-Cours, c'était au tour du circuit Paul Ricard de déposer son dossier de candidature à l'organisation du Grand Prix de France. S'appuyant sur des atouts d'accessibilité importants, le circuit du Castellet compte bien retrouver la Formule 1, 23 ans après.

Hasard du calendrier, c'est le jour où la Formule 1 revient à Magny-Cours, sous la forme d'essais pour les jeunes pilotes, que le Circuit Paul Ricard du Castellet présentait son dossier de candidature à l'organisation du Grand Prix de France à partir de l'année 2013. L'entretien avec la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) aura duré 2h30. Un temps pendant lequel Jacques Bianchi, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Var accompagné de Stéphane Clair, directeur du circuit Paul Ricard ont présenté point par point les avantages du circuit varois.

Aucune participation de l'Etat

Le dossier présenté s'appuie sur son côté raisonnable. "Notre projet a évolué en fonction de la conjoncture économique et du fait de la non implication financière de l'Etat", a rappelé M. Clair. Ce dernier a mis en exergue les atouts du dossier varois, dont le budget s'élève à quelque 30 millions d'euros, dont un tiers assuré par les collectivités locales". D'entrée, il a rappelé que si Le Castellet tablait sur un retour du Grand Prix de France dès 2013, l'ambition était bien d'assurer l'organisation une année sur deux. La raison principale est économique. Bien que l'Etat français n'investisse rien dans le Grand Prix, et c'est là la force de ce dossier, les collectivités locales injectent 10 millions par an. Ce qu'elles ne peuvent assurer qu'une année sur deux. Dans le cadre d'une alternance, le circuit Paul Ricard ne s'oppose pas à partager sa place avec Magny-Cours qui a pour sa part déposé son dossier de candidature mardi dernier et qui vise bel et bien une organisation annuelle. La relation avec la région PACA est mise en avant par Stéphane Clair. Selon lui, les retombées économiques du Grand Prix pourraient être de "46 millions. Soit un rapport de un pour cinq. En terme d'investissement public, c'est un coefficient multiplicateur tout à fait raisonnable" détaille le directeur du circuit. Pour la région, c'est aussi l'assurance de voir 115 emplois créés et de trouver avec la F1 un "rayonnement international".

Le Castellet en avance sur l'accueil du public

Pour appuyer là où ça fait mal, Le Castellet a mis l'accent sur les points faibles de son rival nivernais. Au premier rang, l'attractivité touristique du sud-est de la France, deuxième région touristique française. Mais aussi et surtout la desserte et l'hébergement. Trois accès par autoroute, trois aéroports internationaux, trois gares TGV à moins de 45 minutes, Paul Ricard se dit totalement capable d'accueillir les 60 000 spectateurs espérés sans aucun problème. Et même de les accueillir dans d'excellentes conditions d'hébergements grâce aux 35 000 lits hôteliers disponibles à moins de 50 kilomètres du site. C'est dire si du côté varois on a soigné l'emballage. Pour plaire au monde de la Formule 1, on a aussi beaucoup mis en avant les accès "VIP". Principale critique faite au circuit, la taille du paddock sera améliorée. On connaît les réticences de Bernie Ecclestone, le grand argentier de la F1, et l'homme qui décidera de la tenue ou non d'un Grand Prix de France, à propos de Magny-Cours. Trop éloigné de Paris, pas assez "glamour", trop mal desservi. Dans cette catégorie, Le Castellet a clairement une longueur d'avance.

La ligne droite du "Mistral" coupée en deux

Pour ce qui est du circuit en lui-même, les aménagements à réaliser ne sont pas nombreux. Côté tribunes, et toujours dans avec le souci d'être raisonnable, les décideurs ont choisi d'installer des tribunes rétractables lors du weekend de Grand Prix, sûrement fin août juste avant l'épreuve de Spa-Francorchamps. Les quelques 60 000 spectateurs veinards, "un chiffre en deçà de la fréquentation des autres Grands Prix européens" selon Clair, pourront choisir entre différents formules. Sans rentrer dans les détails, les prix débutent à 50 euros pour attirer un public plus "populaire" jusqu'à 220 euros pour une place assise face à la ligne droit du "Mistral". Un lieu de légende du circuit qui connaîtra un léger lifting. Fini les 1,8km de pleine charge, trop contraignants pour les moteurs et place à une chicane pour "favoriser les dépassements et le spectacle" selon le directeur du circuit.

Dans ce dossier épineux du retour d'un Grand Prix de France, les deux dossiers seront maintenant décortiqués par la FFSA qui remettra son rapport la semaine prochaine à Valérie Fourneyron, la ministre des Sports. Après ça, il faudra faire vite pour espérer convaincre Bernie Ecclestone d'inscrire à nouveau la France au calendrier du championnat du Monde de F1.