Lewis Hamilton McLaren Hongrie
Lewis Hamilton (McLaren) | DIMITAR DILKOFF / AFP

Hamilton vainqueur devant les Lotus

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Lewis Hamilton (McLaren) a signé sa 19e victoire en carrière en remportant le Grand Prix de Hongrie en devançant les deux Lotus de Raïkkönen et Grosjean. Au championnat du monde, Fernando Alonso, cinquième derrière Vettel, conserve une large avance après cette course où les dépassements ont eu lieu essentiellement dans les stands.

Lewis Hamilton peut partir en vacances l'esprit serein. Avant la traditionnelle coupure du mois d'août, le Britannique a signé en Hongrie un succès probant, son 2e de la saison après celui obtenu au Canada, qui le relance dans la course au championnat du monde tout en confirmant le retour au premier plan de McLaren. Et Lotus se présente comme une force émergente avec les deuxièmes et troisièmes places de Raïkkönen et de Grosjean, héros malheureux de cette course. Fernando Alonso, pour une fois hors du coup, conserve cependant une large avance au championnat du monde puisque le pilote Ferrari possède dorénavant 40 et 42 points d'avance sur Webber et Vettel.

Coup de tonnerre aux feux verts ! Michael Schumacher, pour son 296e départ en Grand Prix, reste scotché sur le bitume brûlant du Hungaroring, moteur calé ! Le début de course vire au cauchemar pour l'Allemand, obligé de repasser aux stands et qui écope dans la foulée d'une pénalité pour excès de vitesse... Loin des malheurs du septuple champion du monde, Lewis Hamilton a parfaitement mis à profit la 22e pole position de sa carrière. Le Britannique connait un envol parfait alors que Romain Grosjean, parti de la 2e place sur la grille, résiste bien à l'assaut de Sebastian Vettel. En embuscade, Jenson Button en profite pour chiper la 3e place à l'Allemand.

Les Lotus frôlent la "cata"

Après cette entame en fanfare, la course vire à la procession, chaque pilote voyant sa position figée. Si Hamilton semble dans un premier temps partir pour un cavalier seul, Grosjean, après un premier arrêt au stand où il perd quelques secondes qui vont s'avérer décisives, reste au contact avec la McLaren. C'est surtout son coéquipier Kimi Raïkkönen qui a profité au mieux de ces premiers changements de pneus pour se rapprocher du top 3. Le Finlandais, déchaîné, intercale sa Lotus entre les deux hommes de tête et les deux Red Bull de Vettel et Webber. Plus loin, Alonso et Button ne parviennent pas à suivre le rythme. Une (mauvaise) habitude pour l'Anglais, un cas exceptionnel pour l'Espagnol, leader du championnat du monde.

Sur ce circuit réputé pour la difficulté de ses dépassements, tout, ou en tout cas une grande partie du sort de la course, se joue dans les stands. La deuxième session offre le moment le plus tendu de ce GP quand Raïkkönen reprend la piste juste au moment où Grosjean passe devant la sortie des stands : les deux Lotus se frôlent, semblent se toucher, aucun pilote ne voulant céder la trajectoire ! Passe d'armes irréelle entre les deux coéquipiers qui tourne finalement à l'avantage du Finlandais mais, chez Lotus, on a dû avoir très peur..."Iceman", bouillant, continue sur sa lancée et se lance à la poursuite de Hamilton alors que Grosjean, en difficulté avec son nouveau train de pneus, lâche prise tour après tour. Derrière Vettel fait le forcing pour monter sur la 3e marche du podium mais le Français, héroïque, résistera jusqu'au bout !

Kimi Räikkönen (FIN/Lotus), 2e: "Je n'ai jamais vraiment eu de chance de dépasser Lewis (Hamilton), car la ligne droite n'était pas assez longue. Ma seule chance, c'était s'il avait eu des pneus trop usés, mais ce n'est jamais arrivé, donc il aurait fallu 20 tours de plus. Je ne pouvais pas gagner, donc je n'ai aucune raison de m'en faire à ce sujet. J'ai pris un départ correct puis j'ai eu un problème avec mon KERS (ndlr: système de récupération d'énergie au freinage), je ne pouvais l'utiliser qu'à 50% et j'ai perdu une place au bénéfice de Fernando (Alonso). Après, ça allait mieux mais j'étais coincé derrière lui, tout en essayant de ménager mes pneus pour pouvoir attaquer quand il y aurait moins de trafic devant moi. Ca a marché et j'ai pu regagner beaucoup de temps en quelques tours, deux fois. Quand je suis ressorti des stands la deuxième fois, je ne me suis pas très bien débrouillé et j'ai laissé le limiteur (de vitesse) branché trop longtemps, cinq mètres après la sortie, et du coup je me suis retrouvé à côté de Romain au premier virage, mais j'ai réussi à conserver ma position. En fait, on était très rapides mais on n'a pas réussi à en profiter pendant toute la course".

Romain Grosjean (FRA/Lotus), 3e: "Le dépassement de Kimi, ce sont des choses qui arrivent. Malheureusement, dans le tour précédent, j'étais resté bloqué derrière une autre voiture (ndlr: la Mercedes de Schumacher) qui aurait dû me laisser passer à cause des drapeaux bleus mais qui ne l'a pas fait, du coup j'ai perdu une seconde et demie. Je n'étais pas content parce que je m'étais battu pour la victoire avec Lewis (Hamilton), depuis le début, et là tout d'un coup j'étais retardé par quelque chose que je ne pouvais pas contrôler. Avec Kimi, c'était serré, il a fait ce qu'il fallait pour que je ne puisse pas passer, je suis un peu sorti de ma trajectoire et j'ai un peu abîmé mes pneus. C'est comme ça. En début de course, quand je suivais Lewis, j'étais tout près et il ne faisait pas d'erreur. Parfois je perdais un peu d'adhérence avec mes pneus avant et il me fallait un peu de temps pour la récupérer. Mon premier arrêt au stand a été un désastre, et le deuxième était correct, donc on n'a pas pu gagner la moindre place grâce à notre stratégie, et cela aurait été très utile sur ce circuit où il est trop difficile de doubler. Je suis déçu, car on n'était pas loin de pouvoir nous battre pour la victoire, même si c'est un bon résultat pour l'équipe. On a pris beaucoup de points au championnat constructeurs et c'est très positif".

Julien Lamotte