Hamilton roi du pétrole

Hamilton roi du pétrole

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Lewis Hamilton a remporté le Grand Prix de Bahrein au terme d'une lutte incroyable avec son coéquipier Nico Rosberg. Les deux Mercedes ont de nouveau survolé la course, repoussant très loin la concurrence. Perez (Force India) complète le podium alors que tous les Français engagés ont connu une course difficile. Grâce à son succès, Hamilton réduit l'écart avec l'Allemand au classement général et marque des points psychologiques importants.

On s'attendait à voir les top teams, et notamment Red Bull réduire l'écart avec Mercedes mais il n'en a rien été. Au contraire, les monoplaces allemandes ont semblé évoluer dans une autre dimension en signant un troisième doublé . Dans la touffeur de Bahrein, les Flèches d'Argent ont régné sans partage mais ce n'est pas pour cela que le troisième grand prix de la saison a été ennuyeux. Bien au contraire. 

Dès le départ, donné à la nuit tombante, c'était chaud sur la piste (30 degrés) et encore plus chaud au premier virage entre les pilotes Mercedes qui s'élançaient de la première ligne. D'un aileron, Lewis Hamilton parvenait à prendre l'avantage sur son poleman de coéquipier alors que derrière les deux Flèches d'Argent, Massa hissait sa Williams en 3e position alors que Jean-Eric Vergne, percuté par la Lotus de Maldonado, voyait ses espoirs de bien figurer partir en fumée. Pas plus de réussite pour Jules Bianchi au 14e tour même si cette fois, le Tricolore n'était pas exempt de tout reproche dans sa collision avec Sutil.

Maldonado fausse la course

Si Hamilton semblait un temps se détacher, Nico Rosberg fondait sur l'Anglais à l'abord du tour 18. S'en suivait une passe d'arme exceptionnelle entre les deux hommes, chacun prenant le commandement à tour de rôle avant que l'autre ne lui reprenne auprès de dépassements insensés. Ou quand le stand Mercedes s'arrête de respirer... Au bout de ce duel qui durait deux tours, c'était finalement Hamilton qui réussissait à conserver la première place mais il abrégeait le bras de fer en faisant un premier arrêt au stands. Parti sur une stratégie à trois arrêts, le Britannique misait sur un rythme plus élevé que celui de l'Allemand, qui optait pour seulement deux pit-stops. 

Derrière les duettistes, la concurrence était de nouveau repoussée loin, très loin et l'on s'acheminait vers une course monocorde quand, à 15 tours de l'arrivée, Maldonado, toujours lui, bouleversait les cartes en empalant grossièrement la Sauber de Gutierrez ! Dès lors, Hamilton, qui avait cravaché comme un damné pour distancer Rosberg, voyait son avance réduite à néant avec l'apparition de la Safety Car. Et l'Allemand avait cette fois l'avantage des pneumatiques... Au retrait de la voiture de la sécurité, une deuxième course commençait pour dix tours ! Les Force India et les Red Bull allaient se battre pour les accessits derrière Mercedes et Ricciardo tentait même d'attaquer Sebastian Vettel. Presque un crime de lèse-majesté !

Mais le véritable spectacle était devant, dans la bataille fratricide entre Hamilton et Rosberg. Avec des pneus plus dégradés que ceux de son coéquipier, l'Anglais résistait de façon incroyable aux assauts incessants de l'Allemand et signait, dans la souffrance, un succès magnifique. Cette 24e victoire en carrière lui permettait ainsi de revenir à 11 points de son coéquipier au classement général et d'autres duels au sommet sont à prévoir lors des prochains grand prix. Et c'est tant mieux !  La longue accolade entre les deux pilotes à la fin de la course en disait long sur le plaisir qu'ils avaient pris. Et à donner aux fans de Formule 1. 

Julien Lamotte