Lewis Hamilton (GBR/McLaren-Mercedes)
Lewis Hamilton | DIMITAR DILKOFF / AFP

Hamilton perd sa pole, Maldonado la reprend

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Il avait survolé la séance d'essais qualificatifs du GP d'Espagne. Et pour cause, Lewis Hamilton n'avait pas embarqué assez s'essence. Réservoir presque à sec et cloué sur la piste dans le tour suivant sa pole, le Britannique a été déclassé et partira dernier dimanche à Barcelone. Le Vénézuélien Pastor Maldonado (Williams), auteur du 2e temps, partira en position de pointe à côté de Fernando Alonso. Du coup, la 2e ligne sera 100 % Lotus avec Grosjean et Raikkonen.

Hamilton avait signé sa 3e pole position de la saison au terme d'une séance de qualifications à suspense, mais elle a ensuite été annulée par la direction de course, en appliquant strictement le règlement sportif de la Fédération internationale de l'automobile. Le champion du monde 2008 s'est en effet arrêté sur le circuit après avoir signé son chrono et n'a pas terminé le tour suivant, à la demande de son écurie. La quantité d'essence qui restait à ce moment-là dans le réservoir de sa monoplace, fixée par le règlement, n'aurait plus été suffisante s'il avait terminé son tour.

Il n'y a pas eu de "cas de force majeure" l'empêchant de terminer son tour de décélération, a précisé un porte-parole de la FIA, donc le règlement n'a pas été respecté. Et le fait de rouler avec très peu d'essence a forcément apporté un avantage à Hamilton, dont le meilleur temps était inférieur d'une demi-seconde à celui de Maldonado. En conséquence, le Vénézuélien signe la première pole position de sa carrière, et la première d'une Williams depuis le Grand Prix du Brésil en 2010, grâce à l'Allemand Nico Hülkenberg. Le jour-même où le fondateur de l'écurie anglaise, Sir Frank Williams a fêté, samedi dans le paddock de Barcelone, son 70e anniversaire.

"On a beaucoup travaillé cet hiver", a souligné Maldonado, auteur de la surprise du jour, une première ligne, quatre heures avant d'apprendre que c'était la très grosse surprise de ce début de saison, une pole position. "C'est un week-end spécial pour moi, il y a un supplément de motivation", a indiqué pour sa part Fernando Alonso en conférence de presse. "On n'aurait jamais rêvé de finir les qualifications dans le trio de tête, ça prouve qu'on a vraiment fait un pas en avant", a déclaré le double champion du monde espagnol, qui partira finalement de la première ligne, à côté de Maldonado.

Suite au déclassement d'Hamilton, la 2e ligne sera intégralement Lotus, avec Romain Grosjean aux côtés de Kimi Räikkönen. C'est la 5e fois en cinq courses que le Franco-Suisse rentre en Q3, dans le Top 10. La qualité de son pilotage, moins pénalisant pour ses pneus Pirelli, peut lui autoriser les espoirs les plus fous... s'il prend un départ prudent. Ces qualifications catalanes ont donc, de bout en bout, accouché d'un scénario inédit. Trois caïds ont d'abord été éjectés prématurément: Jenson Button (McLaren), Mark Webber (Red Bull) et Felipe Massa (Ferrari), à la fin d'une Q2 de tous les dangers où neuf pilotes, de la 4e à la 12e place, se tenaient en 2/10e de seconde.

Puis trois pilotes, dont le double champion du monde en titre, Sebastian Vettel (Red Bull), et son glorieux aîné, Michael Schumacher (Mercedes), sept fois sacré, ont choisi de ne pas faire un seul tour chronométré dans la Q3, afin d'économiser des pneus pour dimanche. Les deux Allemands partiront plus loin sur la grille mais leur pari sera peut-être gagnant. Tout dépendra de la météo et de la température sur la piste. Entre autres paramètres plus ou moins prévisibles...

Pastor Maldonado (VEN/Williams, avant annonce disqualification d'Hamilton), 2e temps, puis pole position (suite déclassement d'Hamilton, décidé quatre heures plus tard): "On a beaucoup travaillé depuis le début de l'année, et cet hiver en essais, ici, sur un circuit qu'on apprécie, pour essayer de comprendre ces pneus, et pour développer notre voiture autour de ces pneus. Je pense qu'on a vraiment fait un pas en avant pour cette course, car toutes les améliorations que nous avons apportées fonctionnent parfaitement, l'équilibre général est bon. Il faut continuer comme ça, à aller de l'avant. Il y a une super ambiance à l'usine, dans l'équipe, la voiture est constante et fantastique, surtout en course, donc j'ai hâte de prendre le départ demain. C'est la première fois que je suis dans les trois premiers, alors que les qualifications étaient un peu notre point faible cette saison, donc c'est un sentiment fantastique pour moi, pour l'équipe et pour mon pays. Je veux remercier toute l'équipe Williams. C'est un super encouragement pour nous tous. J'ai de la chance, pas seulement parce que j'ai un sponsor derrière moi (ndlr: la société pétrolière vénézuélienne), mais tout un pays, qui me soutient vraiment. Je fais mon boulot, le mieux possible, et j'ai une mission, celle de ramener Williams au sommet. Il faut qu'on continue à s'améliorer et je pense que c'est possible".

Fernando Alonso (ESP/Ferrari), 3e temps, puis 1re ligne (suite déclassement d'Hamilton, décidé quatre heures plus tard): "C'est un week-end spécial pour moi, il y a un supplément de motivation et je suis très content. Depuis le début de la saison, on ne rêvait jamais de rentrer dans les trois premiers des qualifications, juste d'aller en Q3 sans pouvoir économiser le moindre train de pneus, donc ça prouve qu'on a vraiment fait un pas en avant, dans la bonne direction. La grille est tellement serrée que si on peut progresser de deux ou trois dixièmes de seconde, ça fait une énorme différence, parfois cinq ou six positions. Ce résultat est peut-être un peu au dessus de notre potentiel actuel, mais je suis très heureux de mon meilleur tour, il était parfait. Je n'aurais pas pu faire mieux, même en passant 100 trains de pneus. Je suis vraiment très heureux et j'espère qu'on pourra maximiser notre résultat dimanche, en capitalisant sur notre bonne position de départ. Les points, c'est demain, et on en a vraiment besoin, surtout par rapport aux autres équipes qui vont démarrer derrière nous. En général, notre rythme de course est meilleur que nos performances en qualifications, qui sont notre point faible. Le premier virage sera important pour gagner éventuellement des places, mais surtout pour ne pas en perdre. Il faudra prendre un départ agressif, mais pas un départ de dingue. Ca va être une course très longue, avec une grosse dégradation des pneus et de nombreux arrêts aux stands, qui sont autant de risques supplémentaires d'avoir un problème. On ne sait jamais en F1, il y aura beaucoup de paramètres à prendre en considération, mais un podium nous conviendrait largement. A Bahreïn, Kimi (Räikkönen) est parti de la 9e place, il était 10e ou 11e au premier passage, et il a presque gagné la course. La position sur la grille n'est plus aussi cruciale que ces dernières années".