Romain Grosjean (Lotus Renault)
Romain Grosjean (Lotus Renault GP) | DR

Grosjean : "Un rêve qui devient réalité"

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Romain Grosjean, 25 ans, annoncé comme pilote titulaire en 2012 de l'écurie Lotus F1 (ex-Lotus Renault GP), a expliqué, lors d'une conférence de presse à Paris, qu'il s'agissait d'un "rêve qui redevient réalité".

Q: Qu'est-ce que ça fait d'être titularisé chez Lotus?
Romain Grosjean : "Ca reste difficile de décrire ce que je ressens aujourd'hui, deux jours seulement après l'appel d'Eric Boullier (le directeur français de Lotus) pour me l'annoncer, le 7 décembre à 18h58, alors que j'attendais un avion à l'aéroport de Séville. C'est un rêve qui redevient réalité, l'attente a été longue, et il y a même un moment où j'ai pensé tout arrêter et reprendre mes études. La saison 2009 (7 Grands Prix chez Renault F1) était une phase nécessaire et importante dans mon processus de maturation. Quand on débarque en F1 la première fois, c'est un nouveau monde, il y a plein de choses à apprendre. Aujourd'hui, je vois les choses différemment et je mets en avant la notion de plaisir".

Q: Avec le recul, quelles sont les leçons de cette saison 2009?
RG: "En 2009, j'ai pris une grande claque qui m'a remis les idées en place. Ca m'a permis de rebondir, car tout était allé trop bien avant. Depuis, j'ai évolué et j'ai beaucoup appris. J'avais plusieurs choses à faire pour revenir en F1, beaucoup de paramètres à maîtriser. C'était aussi important pour ma carrière que pour ma vie personnelle. Aujourd'hui, c'est aussi une histoire de confiance humaine, notamment celle de Total, qui a su mettre tous les atouts de mon côté, et je suis l'un des hommes les plus heureux au monde".

Q: Comment s'annonce la cohabitation avec le Finlandais Kimi Räikkönen?
RG: "L'équipe de pilotes qui est mise en place aujourd'hui par Lotus est très intéressante. Kimi reste un grand pilote et je sais qu'après 5 ou 10 tours dans la voiture, lors des essais hivernaux, il aura repris ses habitudes et vous ne vous rendrez pas compte qu'il n'a pas roulé depuis deux ans. Etre à côté de lui c'est une grande chance, car il sera une sacrée référence pour moi, c'est un grand pilote et il a beaucoup d'expérience. Je commence à en avoir l'habitude car en 2009, chez Renault F1, j'étais à côté de Fernando Alonso (double champion du monde de F1). Si j'arrive à me hisser à sa hauteur, ce sera très positif".

Q: Quels sont vos objectifs pour 2012?
RG: "C'est trop tôt pour parler d'objectif, mais je veux surtout être à la hauteur de la confiance qui a été mise en moi, par Genii Capital (propriétaire de Lotus F1) et Total. j'ai eu un parcours atypique et c'est encore plus extraordinaire que lors de mon premier passage en F1. Il y a beaucoup de choses qui vont dans le bon sens, un nouveau simulateur qui va être très intéressant. Je me réveille tôt le matin en ce moment car je suis très excité à l'idée d'être en Australie le 18 mars, pour le premier Grand Prix de l'année. Il va falloir que je me calme, sinon je vais arriver fatigué".

Q: Comment avez-vous repris goût à la course?
RG: "Au début de ma traversée du désert, j'ai d'abord voulu tout arrêter, puis la passion a repris le dessus. Ensuite, Martin Bartek m'a proposé de rouler en GT et je suis un peu triste aujourd'hui car il n'assistera pas à mon retour en F1 (Bartek, patron d'une écurie suisse, est décédé en 2011). Après, il y a eu le titre en GP2, qui m'a permis de faire remonter l'équipe DAMS au plus haut niveau, en remportant un titre qui me tenait à coeur, parce que j'aurais pu le remporter en 2009 (Grosjean avait débuté en F1 avant la fin du championnat GP2). La volonté de Lotus F1 aujourd'hui, c'est de faire les choses bien, dans l'ordre, avec un vrai potentiel, pour que ça puisse durer".

Q: Etiez-vous prêt à revenir en F1 dans n'importe quelle écurie?
RG: "Je n'étais pas prêt à revenir en F1 dans une petite équipe. Tous les vendredis matin, sur le muret du stand Lotus-Renault, je disais: +c'est quand que je monte dans la voiture?+ Je vais débuter dans une belle équipe, qui a fait le choix de la performance, ce sera très différent de 2009 quand l'écurie (Renault F1) était en perdition. C'est de la pression positive, qui fait avancer. C'est un nouveau départ, une nouvelle chance, une vraie chance, avec l'ambition de se faire plaisir et d'aller le plus haut possible".

AFP