Grand Prix d'Autriche : Bottas impérial, course folle, Leclerc dauphin surpris(e)... Les 8 infos à retenir

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
Charles Leclerc (Ferrari), Valtteri Bottas (Mercedes) et Lando Norris (McLaren), animateurs du Grand Prix d'Autriche de Formule 1
Charles Leclerc (Ferrari), Valtteri Bottas (Mercedes) et Lando Norris (McLaren), animateurs du Grand Prix d'Autriche de Formule 1 |

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La première course de la saison de Formule 1 sur le Red Bull Ring de Spielberg (Autriche) a rappelé pourquoi la Formule 1 a tant manqué à ses fans. Haletant, le Grand Prix a offert un beau spectacle et une hiérarchie inattendue au drapeau à damier. SI la victoire de Valtteri Bottas ne souffre d'aucune contestation, il s'est passé beaucoup de choses derrière la Mercedes de tête. Les enseignements à retenir.

Bottas, roi de Styrie

Pole position au nez et à la barbe de son champion du monde de coéquipier Lewis Hamilton, course impeccable de bout en bout, Valtteri Bottas a eu tout bon. Il y avait de quoi le voir venir, tant Bottas a prouvé ces dernières saisons son bon rythme lors des débuts de championnat et à quoi point il affectionnait le circuit de Spielberg. Ce dimanche, le Finlandais aurait difficilement pu espérer réaliser une meilleure prestation. Sa course a pourtant été tout sauf si tranquille entre les interruptions et les avertissements de son écurie relatifs un problème de "capteur de boîte de vitesse". Mais son sang-froid à toute épreuve lui a offert 25 points bien mérités. Comme en 2019, il s'empare en premier de la tête du classement pilotes. Ses adversaires directs pour titiller Lewis Hamilton ont presque tous déçu – pas négligeable dans un calendrier réduit pour le moment à 8 courses - et laissent Bottas en position idéale pour être le principal concurrent du tenant du titre britannique. 

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De l'ennui ? Que nenni !

Max Verstappen rapidement au garage, Bottas en tête devant Hamilton dès le 11e tour : tout était réuni pour faire de ce premier Grand Prix de la saison un soufflé vite retombé. Il s'est finalement conclu en feu d'artifice. Les pilotes avaient tous prévenu, le contexte particulier de cette saison tronquée allait les pousser à l'attaque pour espérer se montrer et glaner des points précieux. Ils n'avaient pas menti. Les tentatives de dépassement ont été assez nombreuses et les ennuis mécaniques de Verstappen mais aussi de Ricciardo, ou encore Stroll ont vite rebattu les cartes. Les trois interventions de la voiture de sécurité, les neuf abandons et les pénalités données à Hamilton et Perez ont mis le feu à la fin de course, qui ne manquait pourtant déjà pas de piment. Ce Grand Prix se termine par un podium sur lequel personne n'aurait misé et un scénario très ouvert pour le deuxième acte de Spielberg le week-end prochain.

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Faux départ pour Hamilton

Quête de record historique, engagement pour les luttes sociales et raciales et avancées technologiques contestées par la concurrence, Lewis Hamilton était partout ce week-end en Autriche. Et pourtant, le Britannique s'est fait surprendre et a commis une erreur coûteuse à bien des égards. Déjà pénalisé de trois places sur la grille de départ, le pilote Mercedes a écopé d'une pénalité de cinq secondes pour avoir poussé Alexander Albon (Red Bull) hors de la piste à dix tours de la fin. Comme au Brésil l'an passé, le champion du monde a privé le jeune Thaïlandais de son meilleur résultat en F1 et a été puni pour sa manœuvre. "Je reconnais avoir une part de responsabilité dans l’incident d’Interlagos, mais aujourd’hui, je lui ai laissé tout l’espace possible, a expliqué Albon. Qu’il soit franc et qu’il dise directement qu’il a voulu me mettre dehors !" La quatrième place de l'Anglais est une déception tant la Mercedes semble au-dessus de la mêlée en termes de performances. A charge de revanche dans une semaine.

Leclerc sauve Ferrari

"Je ne m'attendais pas à être deuxième. C'est une énorme surprise." Une Ferrari sur les talons d'une Mercedes, l'image n'a rien de bien surprenant ces dernières années. Pourtant, voir le pilote monégasque arracher la place de dauphin du jour est un vrai petit exploit. La SF1000 a confirmé en course qu'elle n'était pas au niveau du prestige de Ferrari et de son rang de puissance du plateau. Même en déficit d'aéro et de puissance moteur (à peine 300 km/h de vitesse de pointe…), Leclerc a signé la course idéale pour décrocher un podium, il est vrai opportuniste. "Je pense qu'on a tout parfaitement fait et il fallait un peu de chance, a-t-il concédé. Je devais être agressif. Nous n'avions pas le rythme pour terminer à cette place mais je suis très satisfait." Il sauve en tout cas les apparences de la Scuderia, alors que Sebastian Vettel a terminé à une anonyme 10e place après plusieurs accrochages en milieu de peloton.

Red Bull perd ses ailes

A domicile, Red Bull avait l'occasion rêvée de se montrer, voire de bouleverser la hiérarchie. Max Verstappen aurait bien aimé pouvoir refaire le coup de 2019 et triompher mais sa mécanique en a décidé autrement après 11 tours seulement. Sa deuxième place en position de chasseur derrière Bottas aurait pu animer la deuxième partie de course. Alexander Albon a alors tout fait pour faire briller les siens, en profitant notamment des bons choix stratégiques de son muret qui l'a fait changer de pneus lors de la dernière sortie en piste de la Safety Car. Malheureusement, son attaque sur Lewis Hamilton s'est terminée injustement dans les graviers, alors que le jeune pilote avait le rythme pour aller chasser le leader. Débuter la saison par un zéro pointé est un coup dur pour la firme autrichienne. Le temps est d'ores et déjà compté. 

Le paddock divisé sur le Black Lives Matter

La Formule 1 avait pourtant tout orchestré pour faire du coup d'envoi de sa saison la tribune la plus ouverte possible à l'expression de ces pilotes sur les maux actuels de la planète. Mercedes toute noire contre le racisme, autocollants sur les livrées et les casques des uns et des autres pour lutter contre les discriminations envers la communauté LGBT… Le symbole était fort et les images percutantes. Mais en coulisses, ces mouvements d'opinion n'ont pas fait l'unanimité, notamment autour de l'engagé Lewis Hamilton. "On n’a pas été forcément très content d’entendre les remarques de Lewis, sur le fait que le monde de la F1 ne le suivait pas ou n’était pas assez impliqué, a expliqué Romain Grosjean samedi. On aurait préféré qu’il nous en parle avant dans l’association des pilotes, afin qu’on discute d’une action à mener tous ensemble, plutôt que de se mettre à part et dire ‘moi, je fais quelque chose, et les autres pilotes ne font rien’" Six pilotes ont finalement choisi de ne pas mettre un genou à terre avant le départ dimanche, notamment Charles Leclerc, tout en martelant leur participation à la cause. Pour l'unité, on repassera…

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McLaren, mieux que le meilleur des autres ?

L'écurie britannique est arrivée en Autriche prise entre deux feux. D'un côté, elle se devait de confirmer ses progrès de 2019, qui en avait fait la quatrième écurie du paddock derrière l'intouchable trio Mercedes – Ferrari – Red Bull, De l'autre, la firme de Woking est passé proche du précipice financièrement et a dû emprunter des liquidités en urgence, deux semaines avant le rendez-vous de Spielberg, pour pouvoir s'aligner. Heureusement, les premiers tours de roue sur le Red Bull Ring ont surtout rappelé que la monoplace couleur papaye était de nouveau à prendre au sérieux. Troisième à l'extinction des feux, le jeune Lando Norris a décroché le premier podium de sa carrière, après seulement 22 départs. Carlos Sainz Jr n'était pas loin derrière, cinquième devant le reste du plateau. De quoi s'imposer provisoirement deuxième au classement des constructeurs… avant de griller la politesse à des Ferrari décevantes ? L'espoir est totalement permis.

Gasly et Ocon saisissent l'occasion

Un Grand Prix aussi fou laisse souvent la place à des résultats imprévus. Pour les écuries de milieu de peloton, voire de fond grille, c'est le moment d'aller gratter des places d'honneur a priori inaccessibles dans des conditions normales. Les Français Pierre Gasly (7e) et Esteban Ocon (8e) ont su convertir l'occasion dimanche. Pour le pilote Renault, c'est un retour en F1 fructueux malgré une voiture encore largement perfectible. Gasly a confirmé de son côté une séance de qualification honorable par une course sans fausse note. Les deux Tricolores ont un potentiel certain mais encore pas mal de choses à prouver pour rester de manière pérenne en F1. Des résultats comme ceux de ce dimanche semblent pointer dans la bonne direction et ne demandent qu'une confirmation.