Lewis Hamilton

Formule 1 : Comment Lewis Hamilton a encore écrasé la concurrence

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Lewis Hamilton s'est offert un sixième sacre mondial ce dimanche au Grand Prix des Etats-Unis. Le Britannique entre encore un peu plus dans la légende au terme d'une saison contrôlée. Le pilote de Mercedes a encore prouvé son hégémonie, et plusieurs raisons l'expliquent.

Insatiable Lewis Hamilton. Onze ans après son premier sacre en Formule 1, le Britannique accroche à son palmarès un sixième titre de champion du monde, en terminant deuxième du Grand Prix des Etats-Unis. Au volant de sa Mercedes, le pilote de 34 ans a écrasé la concurrence, laissant seulement son équipier Valtteri Bottas le suivre à distance. Champion du monde pour la troisième fois de suite, Hamilton a su profiter de trois facteurs jouant en sa faveur pour asseoir à nouveau sa domination.

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S'il reste encore deux Grand Prix à courir cette saison, Lewis Hamilton affiche des performances très élevées en comparaison de ses autres sacres. L'an passé, il avait fini le championnat avec 408 points établissant un nouveau record sur une saison. Actuellement, avec les deux courses à faire, il totalise 381 unités. Le Britannique peut encore battre ce record mais la manière serait bien différente. 

• Pas le meilleur en qualifications, mais un tueur en course

A l'image de sa cinquième place sur la grille au départ du GP des Etats-Unis, Lewis Hamilton a beaucoup moins régné lors des séances de qualification cette saison. Il ne compte que quatre pole position cette année, et il finira avec son plus faible total une année de titre. "Cette saison est sans doute la pire pour moi en termes de rendement en qualification", confiait-il dans L'Equipe en septembre. "Chaque week-end, un pilote est confronté à ce double challenge. Être un bon sprinteur et un excellent coureur de fond. Cette saison, je pense avoir été un meilleur marathonien. Mes courses ont été bien supérieures à mes qualifications."

Car Lewis Hamilton s'est régalé à découvrir une position peu connue auparavant : celle du chasseur. "Les années précédentes, j'arrivais à faire la différence le samedi et à gérer en course. Désormais, le dimanche, je dois me battre avec mes adversaires pour les doubler." Sur ses dix succès, huit ont été acquis lorsqu'il ne démarrait pas en tête de grille. En revanche, il ne l'a emporté que deux fois lorsqu'il avait décroché la pole. Autre point où Hamilton brille, il est le seul pilote à ne pas avoir abandonné cette saison. Plus fort, il a toujours fini dans les points. 

• La meilleure voiture de la grille

Même si le talent immense de Lewis Hamilton prend une grande part dans son palmarès de légende, sa monoplace n'est pas en reste. Depuis l'introduction des F1 à moteurs hybrides en 2014, Mercedes atomise la concurrence avec six titres en constructeurs. Sur la période, Hamilton a glané cinq couronnes, laissant le trône à Nico Rosberg en 2016. Mais ses performances à sens unique restent le fruit du travail et de l'investissement conséquent de Mercedes.

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L'écurie allemande, qui crée également son propre moteur, met tout en oeuvre pour offrir à ses pilotes la meilleure voiture, à coup de centaines de millions dans la recherche et le développement (350 millions d'euros en 2018). "Je suis payé pour gagner autant de courses et de titres que possible", lâche Toto Wolff, le patron de l'écurie. Lewis Hamilton hérite ainsi de la meilleur voiture de la grille. Ce qui justifie également de son 100% en termes de courses terminées. Valtteri Bottas, coéquipier du Britannique, lui n'a abandonné qu'une fois cette saison. C'était en Allemagne, mais sur une erreur et non pas une casse moteur. Depuis 2016, Mercedes ne compte que quatre abandons sur une problème technique. 

• La concurrence est fluctuante

Malgré leur force de frappe, les Mercedes ont tout de même vu les Ferrari revenir dans le coup cette saison. Si le moteur de la mythique écurie s'est bien développée, la Scuderia doit encore largement progresser en termes de stratégie pour tenter de mettre à mal la suprématie de Lewis Hamilton et des Flèches d'Argent. A plusieurs reprises cette saison, les bolides rouges de Sebastian Vettel et Charles Leclerc ont été victimes de stratégies parfois incohérentes de leur direction.

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Des tensions sont nées entre les deux coéquipiers des tactiques manquées de Ferrari. Une cohésion à l'opposé de l'association entre Hamilton et Bottas. Le Britannique et le Finlandais ne montrent aucun signe d'animosité et profitent des stratagèmes très souvent irréprochables de Mercedes. "Valtteri est le meilleur coéquipier que je n'ai jamais eu en Formule 1", a même assuré Lewis Hamilton après la Grand Prix des Etats-Unis. "Ce qui fait le succès d’un pilote c’est aussi la combinaison avec son équipe, l’alchimie qu’il réussit à produire pour que ça fonctionne", indique Sebastian Vettel. "Ce n’est pas juste Mercedes et juste Lewis, c’est leur fonctionnement ensemble qui font qu’ils deviennent très difficiles à battre." 

Derrière Ferrari, rare sont ceux qui peuvent approcher les Mercedes. Promis à un bel avenir, Max Verstappen n'a pas la capacité de concurrencer sur la longueur Lewis Hamilton, ou même Valtteri Bottas. Sa Red Bull reste limitée par rapport à Mercedes et même Ferrari. L'écurie italienne devra en revanche apprendre de ses erreurs et exploiter les progrès faits sur cette deuxième partie de saison pour entrer dans une vraie lutte au titre en 2020.