Les Mercedes
Nico Rosberg devant Lewis Hamilton, la grande rivalité de l'année 2014 | AFP - JEAN CHRISTOPHE MAGNENET

Fin de l'hégémonie Mercedes à Montreal ?

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Après les six premiers Grands Prix, tous dominés aux essais comme en course par les Mercedes, l'épreuve de Montreal, ce week-end, pourrait marquer une cassure. Sur la piste canadienne si particulière au milieu du St-Laurent, avec une météo parfois changeante, la rivalité entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton pourrait encore monter d'un cran. Et Daniel Ricciardo, avec sa Red-Bull, très proche des Mercedes à Monaco, pourrait en tirer les marrons du feu, de même que McLaren, toujours à l'aise sur ce tracé.

Hamilton-Rosberg, une rivalité exacerbée

L'épisode de la séance de qualification à Monaco a-t-il été digéré par Lewis Hamilton ? Au-delà, le pilote britannique a-t-il avalé la victoire de son coéquipier Nico Rosberg, qui l'a vaincu pour la deuxième fois de la saison en course et aussi aux essais ? Si les Flèches d'Argent vivent toujours sous le soleil après leur cinquième doublé consécutif en six courses, la rivalité entre les deux hommes pourrait leur faire commettre des erreurs. "Quand on se bat seulement contre son coéquipier", ça peut devenir très  difficile", estime Robert Kubica, ex-grand espoir de la F1 , interrogé par le  magazine Autosport. "Si  vous demandez à cent personnes qui est le plus rapide, la plupart diront Lewis,  mais la vitesse ne fait pas tout en F1  et Nico a  beaucoup progressé depuis  deux ou trois saisons, surtout dans son approche des courses". Vainqueur de trois des six dernières éditions du GP du Canada, Hamilton, malgré ses 4 victoires, ne se trouve qu'en deuxième position du championnat, avec 7 longueurs de retard sur Rosberg. Et il déteste être deuxième. Les deux hommes vont-ils faire revivre les glorieux duels passés: Clark-Hill, Prost-Senna, Mansell-Piquet, Hamilton-Button...

Le circuit Gilles-Villeneuve, une course unique

Le tracé semi-permanent, sur cette ile Notre-Dame située en plein milieu du grand fleuve du Saint-Laurent, alterne grandes lignes droites rapides, et virages lents. Ici, les freins sont soumis à rude épreuve, et l'équilibre de la voiture est parfois difficile à obtenir. Le circuit provoque immanquablement des regroupements, lors des virages ou des chicanes. "On passe  d'un extrême à l'autre, car à Monaco tout est basé sur le comportement général  de la voiture, alors qu'à Montréal c'est surtout une question de vitesse en  ligne droite", souligne Christian Horner, Team principal de Red Bull. En plus, la météo joue souvent un rôle crucial, avec des changements soudains qui peuvent rapidement rebattre les cartes. 

Les progrès de Red-Bull, la suprématie de McLaren

A Monaco, la Red Bull de Daniel Ricciardo s'est retrouvée dans les échappements de la monoplace de Lewis Hamilton, il est vrai gêné par un problème à un oeil. Mais sur le plan des performances, l'Australien a montré que les quadruples champions du monde progressaient. "Renault travaille très dur en coulisses et nous étions beaucoup plus  proches à Monaco. C'était la première fois de la saison que nous étions en  mesure de faire la course avec les Mercedes et le rythme de 'Dan'  pendant le dernier tiers a montré qu'il avait la voiture la plus rapide. Ca  nous a donné confiance", admet Horner. L'abandon de Vettel a néanmoins montré que la fiabilité n'était pas encore tout à fait d'actualité. Autre prétendant: McLaren. Lors des six dernières éditions du Grand Prix canadien, l'écurie de Woking s'est imposée à quatre reprises. "Nous avons clairement fait un pas en avant depuis Barcelone", assure Eric Boullier, le patron de l'équipe qui rappelle que le tracé avec "une alternance entre les lignes droites à haute  vitesse et les chicanes ou virages lents devrait mieux convenir à notre voiture que le tracé de Monaco".

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze