Ferrari en enfer, retour du Roi, Bleus en berne : ce qu'il faut retenir du GP de Styrie

Publié le , modifié le

Auteur·e : Guillaume Poisson
Le calvaire pour Ferrari et Sebastian Vettel, aileron arrière cassé lors du 1er tour du GP de Styrie
Le calvaire pour Ferrari et Sebastian Vettel, aileron arrière cassé lors du 1er tour du GP de Styrie |

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Entre les déboires de Ferrari et le retour du Roi Hamilton, voici les cinq enseignements du GP de Styrie, qui s'est tenu ce dimanche.

• Le retour de l'hégémonie de Lewis Hamilton ? 

Malgré des qualifications ébouriffantes et un début de course rocambolesque, le premier GP de Styrie de l'histoire n'a pas été d'une intensité folle. Le podium final le montre : Lewis Hamilton devant Valtteri Bottas et Max Verstappen; la Formule 1 semble déjà avoir retrouvé sa hiérarchie "normale". Le Britannique n'a tout simplement jamais été inquiété sur la route de sa 85e victoire. Il n'est désormais plus qu'à six unités de Michael Schumacher. Et si on se posait encore la question de sa capacité à rempiler pour une nouvelle saison au plus haut niveau, les (très légers) doutes se sont envolés ce dimanche.

Lewis Hamilton est bien là. "C'est le premier week-end où je me sens vraiment bien, ça faisait longtemps" a-t-il confirmé au micro de Canal+. Il n'est plus qu'à six longueurs de son coéquipier Valtteri Bottas (2e ce dimanche) au classement des pilotes. C'est le premier doublé de l'année pour Mercedes, qui a déjà 41 points d'avance sur McLaren au classement des constructeurs. Avec un calendrier réduit à huit Grands Prix restants (pour le moment), cet écart ressemble déjà à un week-end de joker pour l'écurie allemande. Un gouffre.

• Pour les Ferrari, l'enfer jusqu'au bout

On aurait cherché à créer les scénarios du pire, on n'aurait pas fait mieux. L'écurie Ferrari a fait preuve d'une imagination féconde sur ce Grand Prix de Styrie, dans une débandade qui a culminé avec la collision entre Sebastian Vettel et Charles Leclerc, déjà largement moquée sur les réseaux sociaux. En un week-end, des essais libres à la course, en passant par les qualifications, la Scuderia a coulé à pic.

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Les essais libres ont d'abord été manqués. Ensuite, la pluie des qualifications, qui aurait pu niveler les écarts entre les écuries et donc compenser les manquements de la monoplace SF 1000, n'a pas du tout été exploitée par Charles Leclerc et Sebastian Vettel. Enfin, ce départ de course. Cette attaque irréfléchie de Charles Leclerc qui, non content d'avoir compromis ses chances, a choisi, dans la meute des pilotes, d'emboutir son propre coéquipier. Lui-même a totalement assumé son erreur, tandis que Sebastian Vettel n'a pas caché son amertume : "Un cauchemar ? Je ne sais pas, j'espère juste qu'on se réveillera très vite". Ce mauvais rêve pourrait pourtant durer encore un peu. L'écurie italienne avait amené dans la précipitation ses évolutions techniques qui devaient à l'origine être installés en Hongrie la semaine prochaine. Elles se sont montrées tout sauf convaincantes avant la course et n'ont pu être éprouvées sur la durée d'un Grand Prix... Le calice jusqu'à la lie.

• Le premier grand duel de l'année : Verstappen vs Bottas

Nous sommes à dix tours de la fin. Jusque-là, Max Verstappen (Red Bull) est parvenu à maintenir un écart confortable sur la Mercedes de Valtteri Bottas. Mais soudain, la monoplace du Hollandais subit un choc. Lui-même avouera après la course ne pas savoir ce qui est arrivé exactement. Toujours est-il que son aileron s'est retrouvé endommagé, et que sa motricité s'en est ressentie, avec des pneus arrières fortement dégradés. Tour après tour, son avance sur Bottas a diminué. Jusqu'à ce qu'il sente le souffle du Finlandais dans son dos.

Au vu de l'état de sa monoplace, tout le monde s'attendait à ce que Bottas le dépasse aisément. Mais Verstappen est orgueilleux. Pendant un tour et demi, il a formidablement défendu son terrain, rattrapant Bottas à plusieurs reprises, se montrant audacieux dans les courbes et les freinages. Il a fini par céder, forcément. Mais, une fois de plus, Max Verstappen a montré l'étendue de son talent. Et la force de sa personnalité :  "Jusque-là, je m'ennuyais dans cette course" a-t-il glissé après la course, amusé. 

  • Déceptions pour les Frenchies

Pierre Gasly et Esteban Ocon étaient tous les deux partis parmi les dix premiers. Ils ont fini 15e (pour Gasly) et hors-course (pour Ocon). Ce dernier l'a dit après la course : sa monoplace a subi un "refroidissement (...), une fuite quelque part". Il a donc  manqué de chance dans cette course dont il attendait beaucoup, au vu de ses performances la veille en qualifications. La course de Gasly a, elle, très mal commencé, quand l'avant de la monoplace de Daniel Ricciardo est venu percuter sa voiture dans le troisième virage du 1er tour. "L'arrière de la voiture était vraiment difficile à tenir, très compliqué. On n'a pas pu faire grand chose" a analysé Pierre Gasly après la course. Finalement, c'est Romain Grosjean qui a réalisé la meilleure performance ce dimanche. Alors qu'il était parti depuis la voie des stands, en raison d'une sanction, le Français a terminé à la 13e place. 

• Les surprises Norris et Racing Point confirment 

Lando Norris a fait une fin de course phénoménale. Alors qu'il se disait atteint physiquement en amont de la course, et après un début de Grand Prix effectivement très poussif, il a su revenir dans le jeu de manière remarquable. Il a signé de beaux dépassements, notamment sur Daniel Ricciardo et Sergio Perez. Certes, le Mexicain finissait sa course avec un aileron abîmé alors qu'il était parti 17e. Mais Norris a tout de même montré à quel point il était capable de prouesses au volant, et ce sur deux week-ends de suite. "Les Racing Point sont vraiment plus rapides que nous, donc nous avons eu de la chance aujourd'hui" a-t-il modestement affirmé à la fin de la course.  

La remontée de Lando Norris

Du côté des écuries, c'est effectivement Racing Point qui impressionne après les deux premiers Grands Prix de la saison. Ce dimanche, Sergio Perez et Lance Stroll, partis respectivement à la 17e et 12e place, ont terminé aux 6e et 7e rangs. L'expérimenté leader de l'écurie, Sergio Perez, a effectué une formidable remontée de 11 places en 71 tours. S'ils n'avaient pas si mal géré les qualifications pluvieuses de la veille, les deux pilotes auraient sans doute fait encore plus de dégâts ce dimanche. A voir si cette dynamique se confirme lors du prochain Grand Prix prévu, celui de Hongrie, dès le week-end prochain.