Hamilton - Button - McLaren - Shanghai 2011
Jenson Button (McLaren), un temps leader, cédera la victoire à son coéquipier Lewis Hamilton (au second plan). | AFP - LIU JIN

F1 - McLaren change la donne

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Après quatre courses d'invincibilité des Red Bull, Lewis Hamilton est parvenu à s'imposer à Shanghaï. Son premier succès depuis Spa, en 2010. Une terrible disette de huit mois pour le champion du monde 2008. Surtout, sa victoire redonne un second souffle à une saison bien terne dominée par le règne de la RB7 de Sebastian Vettel. Mais sa victoire pourrait rester un simple trompe l'œil, la Red Bull restant clairement la meilleure voiture du plateau.

Pour le quinzième succès de sa carrière Lewis Hamilton a frappé un grand coup ! Lors du Grand Prix de Chine il est parvenu à briser l'archi-domination de l''écurie autrichienne Red Bull. Une victoire qui marque les esprits. Il y a ajouté la manière. Parti de la troisième place sur la grille de départ, il a su faire fructifier sa stratégie de trois arrêts au stand pour dépasser Sebastian Vettel à cinq tours de la fin de la course. Le pilote allemand, en délicatesse avec son train de pneus (seulement deux arrêts) a dû céder sa première place lors d'un dépassement de grande classe du Britannique. Une passe d'armes dont il a le secret (même si sa fougue lui a souvent joué des tours). "Je me sens si fier, s'est-il exprimé à l'issue de la course. Ce GP est l'une de mes trois plus belles victoires. Il est tout en haut, avec mes succès à Silverstone et Monaco en 2008", ajoutait plus tard le champion du monde 2008, avant de conclure : "J'existe, je vis, je respire pour gagner. J'aime gagner et je ne pourrais pas être plus heureux."

Mais le talent du pilote anglais ne serait rien sans le formidable travail effectué par McLaren sur sa MP4-26. Très en retard lors des derniers essais hivernaux, l'écurie de Woking a redressé la barre en un temps record. De là à pouvoir concurrencer la monoplace d'Adrian Newey, que l'on croyait insubmersible. Rappelez-vous, la flèche d'argent ne pouvait effectuer 20 tours sans tomber en panne quelques semaines avant la reprise du championnat. Au même moment, Ferrari et Mercedes affichaient des grilles de temps remarquables. Les temps changent…

Martin Whitmarsh : "Nos ambitions en terme de philosophie de la voiture avaient excédé nos capacités."

De la fierté, de l'orgueil et un travail acharné ont permis à la firme anglaise de revenir sur le devant de la scène. "Nos ambitions en terme de philosophie de la voiture avaient excédé nos capacités. Nous sommes partis sur complètement autre chose au niveau de l'échappement", a expliqué vendredi le directeur de l'équipe, Martin Whitmarsh. Un changement qui a fait gagner une seconde au tour à McLaren.

Vexé la saison passée de voir Red Bull et Ferrari se partager les premières places du classement, McLaren ambitionne de se racheter en 2011. Et les premières impressions sont très bonnes. Avec une deuxième place lors du Grand Prix d'ouverture en Australie et une victoire en Chine, Hamilton pointe aujourd'hui à la deuxième place du classement des pilotes, à 21 points de Sebastian Vettel. Avec des Ferrari à la traîne ( Massa 6e, Alonso 7e), des Mercedes décevantes (Rosberg 5e et Schumacher 8e), et des Renault absentes (Petrov 9e) Heidfeld (12e) Hamilton et Button (5e) de la course se place assurément comme la deuxième force du plateau.

La deuxième car, il ne faut pas se faire d'illusion, la RB7 reste la monoplace la plus performante. Mark Webber, parti de la 18e place sur la grille de départ, a terminé sur la troisième marche du podium grâce à sa stratégie à trois arrêts. Avec un plan de course similaire et un départ réussi (Vettel s'est fait doubler par Button et Hamilton dès le premier virage) le champion du monde en titre aurait facilement maîtrisé sa course. Donc, victoire en trompe l'œil ou véritable concurrent de Red Bull ? Le Grand Prix de Turquie dans trois semaines (8 mai) donnera de nouvelles indications.