Romain Grosjean

F1 / GP du Mexique : Grosjean en probation, Perez à domicile, les enjeux du week-end

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L'enjeu numéro un du week-end de Formule 1 au Mexique, c'est évidemment la chance du Britannique Lewis Hamilton de décrocher son 5e titre de champion du monde. Mais dans cette dernière ligne droite du championnat, il y aura des enjeux à tous les étages pour les pilotes et les constructeurs. Un aperçu de ceux - et ce - qu'il faudra surveiller pendant le Grand Prix du Mexique, 19e manche (sur 21) de la saison 2018 de Formule 1, disputé dimanche sur le circuit des Frères Rodríguez à Mexico

Les frustrés de la manche précédente

Le Grand Prix des États-Unis a fait beaucoup de mécontents : les victimes des accrochages du premier tour, l'Espagnol Fernando Alonso (McLaren), le Monégasque Charles Leclerc (Sauber) et le Français Romain Grosjean (Haas), l'Australien Daniel Ricciardo (Red Bull), contraint à un septième abandon cette saison pour un problème de batterie, ou encore le Français Esteban Ocon (Force India) et le Danois Kevin Magnussen (Haas), 8e et 9e sur la ligne d'arrivée mais disqualifiés pour des infractions liées à leur consommation de carburant. Heureusement pour tous ceux-là, l'attente est courte avant d'avoir une chance de laisser leur frustration derrière eux.

Romain Grosjean en probation

Pénalisé pour avoir accroché Charles Leclerc au premier tour à Austin, Romain Grosjean compte désormais dix points de pénalité sur sa licence, sorte de permis utilisé pour sanctionner les infractions en piste. Arrivé à douze points en moins de douze mois, un pilote est suspendu pour la prochaine course. S'il écopait de deux points supplémentaires d'ici lundi (date à laquelle il récupérera un point, puis deux quinze jours plus tard, après le GP du Brésil), le Français de Haas serait exclu le temps d'un week-end. "Ça fait quelques courses qu'on se bat avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, dit-il. On va faire le dos rond jusqu'après le Brésil (mais) c'est très difficile d'être prudent tout en restant bien concentré." Et de pointer l'accrochage sur le Circuit des Amériques, où il a "lâché tôt pour ne pas prendre de risque. Or, en lâchant tôt, on perd un peu la concentration". Grosjean a en outre été pénalisé de trois places sur la grille de départ pour avoir causé cet incident. 

 

Sergio Perez, superstar dans son pays, est très attendu par le public mexicain.
Sergio Perez, superstar dans son pays, est très attendu par le public mexicain. © AFP

Sergio Pérez à domicile

 Sixième pilote mexicain en F1, Sergio "Checo" Pérez est un héros dans son pays, où le sport automobile est très apprécié, comme en témoignent les nombreux panneaux publicitaires à son effigie. "C'est vraiment une superstar, assure son coéquipier chez Force India Esteban Ocon. Pas loin de Mbappé, Griezmann ou Pogba en France". Devant ses fans, Pérez entend "au minimum entrer dans les points" mais espère mieux. "Nous devrions être forts et nous battre pour être les meilleurs du reste", derrière Mercedes, Ferrari et Red Bull, estime-t-il. 

La lutte pour la quatrième place chez les constructeurs

La lutte se poursuit pour la place de quatrième constructeur derrière les mastodontes Mercedes, Ferrari et Red Bull. Après deux GP contrariés en Russie et au Japon, Renault s'est offert au Texas les 6e et 7e places, derrière les trois "top teams", et a profité des déconvenues des pilotes Haas (abandon de Grosjean, disqualification de Magnussen) pour porter son avance de 8 à 22 points. "Nous avions définitivement un meilleur rythme, estime l'Espagnol Carlos Sainz Jr. J'espère que nous pourrons poursuivre sur cette lancée au Mexique et lors des deux dernières courses" (Brésil et Abou Dhabi). "On a clairement envie de continuer à se battre, lui répond Grosjean. Renault a pris un bel avantage aux Etats-Unis, mais on ne va rien lâcher et essayer de revenir pour emmener la bagarre jusqu'au dernier GP."

L'altitude

La capitale du Mexique culmine à plus de 2000 mètres d'altitude, faisant du circuit des Frères Rodríguez le plus haut perché de la saison, ce qui pose des défis spécifiques. La diminution de la pression de l'air provoque une perte d'appuis aérodynamiques, rendant les voitures moins stables dans les virages. Les équipes doivent compenser cette perte pour négocier les parties sinueuses du tracé, sans pour autant sacrifier la vitesse sur les deux longues lignes droites. Le refroidissement des moteurs, qui tournent à plein régime du fait de la raréfaction de l'oxygène, et des freins, très sollicités, sont également cruciaux. Les pilotes, en revanche, ne s'en disent pas tellement affectés, sinon une respiration un peu plus difficile qui les contraint à faire moins d'apnée au volant qu'à l'accoutumée. La météo, qui s'annonce aux averses, devrait aussi pimenter les débats.

AFP