Alonso - Schumacher - Vettel - Hamilton
Alonso, Vettel, Hamilton et Schumacher : quatre champions du monde dans la même image. L'un des temps forts du GP d'Italie, 13e manche du championnat. | AFP - GIUSEPPE CACACE

Du spectacle, sans suspense

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Fernando Alonso (Ferrari), Michael Schumacher (Mercedes), Jenson Button et Lewis Hamilton (McLaren) se sont battus comme des chiffonniers pour rendre le Grand Prix de Monza palpitant. Merci à eux car loin, très loin devant, Sebastion Vettel (Red Bull) s’envolait vers une nouvelle victoire, la huitième de la saison. Presque synonyme d’un second titre consécutif, à six courses de la fin du championnat.

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Du spectacle, on en a eu. Du suspens, moins ! Ce dimanche, sur le circuit de Monza lors de la 13e manche de la saison, la bataille a fait rage. Mais pour les accessits. Et si la course a été aussi prenante, c’est finalement grâce au coup de volant de ses champions du monde : Michael Schumacher le premier. Le Baron « gris » n’a pas la voiture pour rivaliser plus de quelques tours avec les meilleurs, tout le monde le sait. Pourtant, il a prouvé que son envie d’aller vite était encore très forte. A 42 ans, l’associé de Ross Brawn s’est mêlé à la lutte pour le podium. Huitième sur la grille, il faisait une fois de plus parler sa science des départs pour se faufiler rapidement en quatrième position. Ensuite, il a pu compter sur la puissance du moteur Mercedes pour résister comme un beau diable aux tentatives de dépassements de Lewis Hamilton (McLaren). "Je me suis éclaté dans cette bagarre avec Lewis. Mes rétroviseurs semblaient vraiment très petits parfois. Nous sommes tous les deux reconnus pour notre capacité à piloter à la limite. Et c'est ce que nous avons fait". La réalisation du Grand Prix ne s’y est pas trompée et leur mano à mano a occupé les écrans durant une quinzaine de tours.

Cinq champions assurent le show

Au rang des fougueux, Fernando Alonso tient lui aussi une place de choix. Le pilote espagnol double champion du monde (2005,2006) s’est comme souvent transcendé dans son baquet. Devant une foule acquise à sa cause, il a pris le meilleur envol (depuis la quatrième place) pour prendre les rênes de la course et mener symboliquement le Grand Prix pendant les premiers tours. Il a hissé la Scuderia à la troisième place du podium au nez et à la barbe de Lewis Hamilton (deuxième sur la grille), qui revenait sur lui comme une balle en fin de course. Sa voiture méritait-elle vraiment une position aussi flatteuse ? Pas sûr. A voiture égale, « Nando » est monté sur le podium sept fois cette saison, lorsque son coéquipier, Felipe Massa, n’a pas fait mieux qu’une cinquième place.
Les pilotes britanniques de McLaren n’ont pas été en reste. Jenson Button (2e à l’arrivée) a remonté la grille pour s’offrir des dépassements sur Hamilton, Schumacher et Alonso. Le champion du monde 2009 a montré à ses détracteurs qu’il pouvait être tranchant sur la piste.

Cependant, la qualité de la course n’en retire pas moins une certaine fatalité. Si enlever une course à la firme autrichienne relève déjà de l’exploit, ils ne sont que trois à avoir réussi à le faire cette saison, la course au titre semble terminée. "Maintenant, nous nous battons tous pour la 2e place, a ainsi résumé Mark Webber. A ce stade, +Seb+ a besoin de connaître une fin de saison incroyablement décevante pour que nous lui prenions le titre." Une fin de saison que nul ne lui souhaite. Déjà large leader du championnat, l’originaire de Heppenheim, s'est targué d'un dépassement de premier ordre sur Alonso dans Curva Grande, avec deux roues dans l'herbe. Une façon de rappeler qu'avoir la meilleure voiture ne fait pas tout, il faut aussi être capable de réaliser de vraies prouesses. L'Allemand a ainsi décroché sa huitième victoire cette saison, et avec la manière. La F1 se tient un beau champion.