Charles Leclerc entre aux stands, lors du GP de Russie, le 29 septembre 2019
Charles Leclerc entre aux stands, lors du GP de Russie, le 29 septembre 2019 | AFP

Chez Ferrari, c'est qui le patron ?

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Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour assister à un nouveau mélodrame chez Ferrari. Une semaine après l'imbroglio qui a vu Sebastian Vettel rafler la victoire à Singapour, au nez et à la barbe de son coéquipier Charles Leclerc, c'est un nouvel épisode qui a agité les coulisses de l'écurie au cheval cabré. C'est à se demander s'il y a un patron aux commandes de Ferrari.

Lorsque vous avez un pilote brillant dans votre équipe, tout est beaucoup plus simple. Pas de problème de stratégie, d'égos, tout coule de source. Mais tout devient beaucoup plus difficile lorsque vos deux pilotes se disputent la place de N.1. Des étincelles, il y en a encore eu ce week-end en Russie. Un scénario catastrophe, cela devient une habitude chez Ferrari, qui avait pourtant aligné trois succès d'affilée depuis début septembre. A Singapour, Leclerc avait eu du mal à cacher sa frustration de voir son coéquipier lui souffler la victoire à la suite d'un undercut (manœuvre consistant à faire changer les pneus d'une monoplace afin de profiter des gommes pour dépasser un pilote) demandé par sa propre écurie.

Recadrage, débordement

Après ses propos, le jeune loup monégasque avait été fermement recadré. "Il y a certaines choses qui ne devraient pas être dites à la radio, parce qu’au bout du compte, rien n’aurait changé notre décision", avait expliqué le patron de la Scuderia, Mattia Binotto. "Il y a des moments où on peut dire des choses, et des moments où on ne peut pas. A cet égard, Charles sait qu’il doit apprendre et le fait qu’il se soit excusé signifie qu’il l’a compris", avait-il ajouté. L'incident était donc clos, sauf qu'évidemment, le GP de Russie ne s'est encore une fois pas passé comme prévu.

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Tout se passe dès le départ avec Vettel qui profite de l'aspiration de Leclerc pour passer devant Hamilton, qui se retrouve donc troisième. La stratégie d'équipe est alors une belle réussite pour "les Rouges", jusqu'à ce que tout s'enraye au tour N.5. Après cette manœuvre, Vettel devait rendre la politesse à son jeune coéquipier, mais le quadruple champion du monde en a décidé autrement. "Seb, peux-tu rendre sa place à Charles ?", demande-t-on gentiment à l'Allemand. "Laissez-mois un peu de temps", répond l'intéressé. Cette fois, le Monégasque se contient tout en glissant qu'il a "respecté le plan". Finalement, Ferrari offrait un undercut à Leclerc qui allait en profiter jusqu'à ce que le moteur de la monoplace de Vettel rende l'âme, imposant la sortie d'une voiture de sécurité. Mercedes profitait du ralentissement de la course pour changer de pneus sans grande perte de temps et Hamilton raflait la mise.

Pendant que Mercedes s'appuie sur le seul Lewis Hamilton pour se diriger vers un nouveau sacre constructeurs, Ferrari qui bénéficie pourtant de la meilleure voiture du circuit, se bat en interne pour faire respecter une logique encore très floue. "C'est un luxe de disposer de deux pilotes fantastiques", estimait un peu embarrassé, Mattia Binotto. Mais c'est aussi ce même patron qui assurait lors des essais de pré-saison à Barcelone en février que ses pilotes étaient "libres de se battre".

Alors que le talent de Leclerc ne s'était pas encore révélé, il précisait qu'en cas de "situation ambiguë", l'expérience de Vettel serait privilégiée. Mais depuis qu'il a signé chez Ferrari en 2015, le natif de Heppenheim n'est pas parvenu à redonner un titre mondial à l'écurie italienne. Le staff se retrouve face à un dilemme. "S'il y a des choses à dire, elles resteront dans l'équipe" a fait savoir Vettel, conscient que des choix devront être faits pour la saison prochaine.