Grue Bianchi Suzuka
La grue percutée par Jules Bianchi au GP du Japon à Suzuka sous une bâche | MASANORI INAGAKI / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN

Ce que doit éclaircir la FIA sur l'accident de Jules Bianchi

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Touché par l'accident de Jules Bianchi, Jean Todt a décidé d'ouvrir une enquête sur les circonstances de ce drame. Le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) a commandé un rapport au directeur de course Charlie Whiting. Il devrait être remis avant le GP de Russie à Sotchi le week-end prochain. Ce rapport doit établir la vérité sur les responsabilités des différents acteurs de ce mauvais scénario.

Dimanche, à chaud, ils étaient peu nombreux à vouloir accabler la direction de course du GP du Japon et ses commissaires, parmi les plus chevronnés de la planète. A la lumière des images postées lundi par un vidéaste amateur, les certitudes de certains sur un malheureux concours de circonstances doivent être revues et pondérées. Quand Niki Lauda évoque des "conditions étaient difficiles" mais une course "conduite en toute sécurité", il n'avait pas en mains les images d'un vidéaste amateur filmant le virage 7. Choquante, cette vidéo a au moins le mérite d'apporter quelques réponses et une information capitale : alors que la monoplace d'Adrian Sutil était tirée par une grue, un drapeau vert a été brandi par un commissaire de course quelques mètres en amont de l'accident. Jules Bianchi, qui n'était pas encore passé à cet endroit du circuit, n'a donc pas levé le pied en voyant des drapeaux jaunes agités. Pour lui, la piste était annoncée claire et sans danger. Il a malheureusement perdu le contrôle de sa Marussia et a violemment percuté l'engin de levage.

La FIA enquête, pas la police japonaise

Pressée de réagir après la diffusion des images, la FIA a donc ouvert une enquête. On peut se demander pourquoi la police japonaise a elle refusé de s'en mêler alors qu'elle aurait garanti l'indépendance de l'enquête. Si un accident de ce type était arrivé en France, le parquet se serait certainement emparé de l'affaire. Jean Todt, dont le fils Nicolas est l'agent du pilote, a commandé un rapport au directeur de course Charlie Whiting. Ce dernier va ainsi devoir s'expliquer sur son rôle et celui des commissaires. Devant son mur d'écran, Whiting a toute liberté pour envoyer en piste ou non la voiture de sécurité. Malgré la présence d'une grue, il a choisi de ne pas mettre la course en "stand-by" quelques minutes. La nuit approchant sur Suzuka, a-t-il jugé le risque trop faible et préféré se donner la chance de finir la course dans les temps ? Une question sans réponse pour le moment. Quant à la gestion des drapeaux, si les commissaires sont aptes à juger de la situation qu'ils ont sous les yeux, des ordres viennent aussi de la direction de course. Dans ce cas précis, qui a décidé de repasser sous régime de drapeau vert avant l'arrivée de Bianchi et de le laisser plusieurs secondes après l'accident du pilote Français ?

Drapeau vert : à qui la faute ?

"Il y a une faute, ça c'est clair. (...) Il faut simplement la dénoncer", a expliqué Alain Prost. "De qui elle vient exactement, j'ai encore un tout petit doute. Est-ce qu'elle vient de la direction de course ou des commissaires placés à ces virages-là ? Il a fallu prendre une décision quant à l'entrée sur la piste pour dégager la voiture de Sutil. Est-ce-qu'elle a été prise par la direction ou par les commissaires ?", s'est-il interrogé. Quant au drapeau vert agité devant Bianchi, le quadruple champion du monde est catégorique : "Normalement il annonce aux  pilotes que la piste est dégagée. Il aurait dû être mis au moins 100 mètres  plus loin. (...) C'est une erreur du commissaire", a commenté Prost. Le rapport de la FIA devrait apporter une réponse définitive avant vendredi. D'ici là, on espère surtout que la santé de Jules Bianchi va s'améliorer.

VIDEO : L'accident de Jules Bianchi (document amateur)

Xavier Richard @littletwitman