Ça s'est passé un 21 juillet 2002 : Michael Schumacher égale la légende Juan Manuel Fangio avec un 5e titre mondial en Formule 1

Publié le , modifié le

Auteur·e : Jules Boscherini
Michael Schumacher 2002
Michael Schumacher passe la ligne d'arrivée du GP de France et décroche le 21 juillet 2002, son 5e titre de champion du monde en F1. | OLIVER MULTHAUP / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

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En remportant son 5e titre de champion du monde des pilotes sur le circuit de Magny-Cours, Michael Schumacher rentre un peu plus dans la légende de la Formule 1. Le 21 juillet 2002, l’Allemand devient le premier pilote à égaler le record de victoires établi par la légende argentine, Juan Manuel Fangio. Une saison historique pour le "Barron Rouge".

45 ans après le record établi par Juan Manuel Fangio, Michael Schumacher égale le maestro argentin. À 33 ans, celui qui a déjà égalé l’année précédente Alain Prost et ses 4 titres de champion du monde continue son ascension vers la gloire. Sur les 7 titres de champion du monde remportés par le "Barron Rouge", celui de 2002 reste dans les mémoires comme celui de la suprématie du duo Schumacher/Ferrari. De records en records, l'Allemand réalise une saison hors du commun et assoit un peu plus sa domination au temple de la renommée de la F1.

Une saison historique, la couronne obtenue dès juillet

L’épopée 2002 est considérée par beaucoup comme la moins intéressante de l’histoire récente de la Formule 1 tant la domination de Ferrari est totale. Dès le début de la saison, on sent que la Scuderia est au dessus. La concurrence est quasi inexistante pour ne pas dire nulle… McLaren, qui rencontre de gros problèmes de fiabilité, ne réussit pas à combler ce gain de performance et Williams-BMW, qui doit avoir un moteur flamboyant, ne se présente sur les grilles qu’avec une simple évolution de la monoplace de la saison précédente, ne tenant aucune de ses promesses. Chez l’écurie italienne, les pilotes utilisent même les monoplaces de 2001 durant les 3 premiers GP de la saison et le bolide de 2002 ne fait son apparition qu’à partir du Grand Prix de Saint-Marin.

Avec deux victoires et un podium lors des 3 premières courses de la saison, Ferrari annonce la couleur et ses concurrents comprennent que lorsque l’artillerie lourde sera déployée, la prestigieuse écurie au Cavallino Rampante sera intouchable. Et pour preuve, sur les 17 étapes du championnat du monde de l’époque, "Schumi" en remporte 11. C’est d’ailleurs la première fois de l’histoire de la F1 qu’un champion du monde ne termine pas en dehors du podium et sans connaitre l’abandon. Point d’orgue de cette saison, la victoire sur le circuit de Magny-Cours. En France, le "Kaiser" est inarrêtable et remporte son 8e Grand Prix de l’année. À six manches de la fin du championnat, il est couronné champion du monde des pilotes pour la 5e fois et égale ainsi le record de l'Argentin Juan Manuel Fangio, vieux de presque cinquante ans. Jamais dans l’histoire un pilote n’avait remporté le titre aussi tôt dans une saison. L’emprise de l’Allemand sur le classement renforce encore plus sa souveraineté. Avec 144 points, il compte plus du double du bilan de son dauphin et coéquipier, Rubens Barrichello, au classement.

Dans les bars de Jean Todt, directeur de la Scuderia, Micheal Schumacher laisse éclater sa joie.
Dans les bars de Jean Todt, directeur de la Scuderia, Micheal Schumacher laisse éclater sa joie. © GILLES LEVENT / DPPI VIA AFP

Mais un titre entaché par la polémique du GP d’Autriche

Si le "Barron Rouge" roule sans partage durant l'intégralité de la saison, son titre et l'image de la Formule 1 sont pointés du doigts. Lors du sixième GP de la saison, en Autriche, alors que son coéquipier Rubens Barrichello réalise la course parfaite, la stratégie de Ferrari fait son apparition. Il faut faire gagner Schumacher quoi qu'il arrive... Dans les paddocks de la Scuderia, le directeur de l'équipe italienne demande explicitement au pilote brésilien de ralentir pour laisser passer son coéquipier. En tête, Barrichello freine à l'approche du drapeau à damiers pour donner la victoire à Schumacher. La consigne ordonnée par Jean Todt, "Let Michael pass for the championship", est durement critiquée. Aux yeux du grand public, elle n’est pas nécessaire étant donné la domination de Ferrari et que nous ne sommes pas encore à la mi-championnat.

Bien que les stratégies d'équipes ne soient pas interdites, le public n'apprécie pas le geste et le fait savoir en surnommant cette course "le Grand Prix de la honte" ! Sous les hués,  Michael Schumacher apparaît gêné lors de la cérémonie de remise des prix et préfère laisser son coéquipier monter sur la première marche du podium... Estimant ne pas mériter cette victoire, l’Allemand donne son trophée à Barrichello qui déclarera en 2019, dans le podcast Beyond the Grid, "au final j'ai 11 victoires et 12 trophées". Pour se faire pardonner "der Regenmeister" laissera la victoire à son éternel lieutenant en toute fin du Grand Prix des Etats-Unis, avant-dernière étape de la saison.

Schumacher remportera deux autres titres de champion du monde, en 2003 et 2004. Le pilote le plus titré de l'histoire de la Formule 1 détient encore aujourd'hui ce record. Une marque symbolique qui pourrait être rapidement égalée par Lewis Hamilton. En course pour son 7e titre de champion du monde, le Britannique semble être le seul capable de faire descendre "Schumi" de son perchoir et d'aller chercher les derniers records restant à l'un des meilleurs pilotes de tous les temps.

Jules Boscherini @julesboscherini