Fernando Alonso Ferrari
Fernando Alonso (Ferrari) | AFP - GUILLAUME BAPTISTE

Alonso à la relance, Ferrari convoquée

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Parti en première ligne, Fernando Alonso a remporté la course devant son coéquipier Felipe Massa. Sebastian Vettel, qui avait décroché la pôle, finit 3e. Tout s'est joué au départ lorsque Vettel s'est raté. Les Ferrari ont alors pris la poudre d'escampette. Au coude à coude, l'écurie a visiblement choisi le vainqueur en demandant à Massa de laisser passer Alonso au 50e tour, ce qui fait l'objet d'une convocation de la Scuderia devant le conseil mondial de la FIA...

L’Espagnol n’avait gagné qu’une fois cette saison (Bahreïn). En remportant son 23e succès pour l'Espagnol a prouvé qu’il fallait compter sur lui pour la fin de saison.  Après une pôle ratée pour deux millièmes de secondes, il a profité d'un raté involontaire de Vettel au départ et un plus suspect de son coéquipier Massa au 49e pour gagner. Une victoire sans panache mais terriblement importante pour la suite de la saison. Le triomphe est total pour la Scuderia, dix courses après sa première, et jusqu'alors dernière, victoire de la saison, lors de la course d'ouverture à Bahreïn. Entre-temps, Red Bull avait imposé sa loi, contredite par McLaren, alors que les bolides rouges s'étaient montrés discrets.

La course s'est joué dans le premier tour. Devant son public, Vettel a raté son départ et s'est retrouvé derrière Massa et Alonso au premier virage. Le Brésilien, troisième sur la ligne, a réalisé un excellent départ passant en tête. Les Ferrari ont ensuite fait un cavalier seul. Les trois pilotes sont passés dans le même ordre au 30e des 67 tours. Massa avait deux secondes d'avance sur Alonso, sept sur Vettel. Hamilton était quatrième une dizaine de secondes plus loin, suivi par Button et Webber.

"Fernando est plus rapide que toi"

Les pilotes de Ferrari ont alors enchaîné les meilleurs tours et Alonso est revenu à moins d'une seconde de Massa à 20 tours de la fin. Le Brésilien a semblé balbutier un changement de vitesses en sortie de virage, restant trop longtemps en 3e, ce qui a permis à son coéquipier de le dépasser sans heurts au 49e tour. L'étrangeté de la manœuvre, ou plutôt la maladresse soudaine du Brésilien, a été étrange. Massa aurait-il alors sciemment laissé passer Alonso, effectuant un 50e tour très lent, en 1 min 19, pour revenir dès la boucle suivante à des seuils bien plus honorables de 1 min 17 ?

Le Brésilien Felipe Massa a pris la deuxième place après avoir longtemps occupé la tête de la course. "Fernando est plus rapide que toi" lui aurait-on simplement glissé pour lui faire comprendre de se doubler. Le Brésilien a obtempéré. Il a visiblement accusé le coup, lui qui rêvait de victoire un an presque jour pour jour après son terrible accident du Grand Prix de Hongrie. Dommage aussi pour l'intérêt de la course... L'épisode rappelle les feuilletons de l'époque Ferrari-Schumacher, lorsque les coéquipiers du Kaiser, comme Eddie Irvine ou Rubens Barrichello, devaient se sacrifier au profit de l'Allemand. Or les consignes d'équipe sont interdites en F1 depuis 2002.

Massa s'est retrouvé sous la menace de Vettel mais s'est repris et a conservé la deuxième place. L'Allemand Sebastian Vettel, qui avait signé sa sixième pole position en onze courses, complète le podium sur Red Bull. Le Britannique Lewis Hamilton (McLaren) porte à 14 points son avance au classement du championnat du monde grâce à sa quatrième place.

La Fia n'a pas tardé à remonter les bretelles de Ferrari qui a été convoqué pour se défendre d'avoir commis deux infractions au règlement sportif, quand Alonso a dépassé Massa. Première des sanctions et probablement la plus clémente, la Scuderia devra s'aquitter d'un amende de  100.000 dollars (environ 77.400 euros). La date de la convocation devant le conseil mondial de la FIA, qui pourrait  sanctionner plus lourdement Ferrari, n'a pas été indiquée.

Mathieu Baratas