Ca s'est passé le 30 mai 1911 : la première édition des 500 miles d'Indianapolis

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
500 miles Indianapolis 1950
Un aperçu de la course en 1950. | AFP

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Plus vieille course automobile encore courue, les 500 miles d'Indianapolis ont vu le jour le 30 mai 1911. Retour sur la première édition d'un événement au succès intarissable, remportée par Ray Harroun sur sa Marmon en 7h05'27''.

C'est aujourd'hui le plus grand événement sportif organisé sur un jour au monde, et ce 109 ans après sa création. Les 500 miles d'Indianapolis réunissent aujourd'hui plus de 350 000 personnes autour de l'Indianapolis Motor Speedway, chaque année. Elles étaient déjà 80 000 lors de sa première édition, le 30 mai 1911. Les chanceux avaient pu assister au succès de la Marmon de Ray Harroun, premier pilote à couper la ligne d'arrivée en 7 heures, 5 minutes et 27 secondes.

"The little professor"

"Il n'y a rien au monde que j'aimerais plus que gagner cette course. Je préférerais être Ralph DePalma plutôt qu'être président", écrivait Ernest Pyle en juin 1936. Les mots du futur prix Pulitzer illustrent l'engouement immédiat rencontré par l'événement aux Etats-Unis et la starification de ses vainqueurs, comme Ralph DePalma, vainqueur des 500 miles en 1915. Aujourd'hui considérés comme faisant partie de la "triple couronne", ce triptyque prestigieux, comprenant les 24 Heures du Mans et le Grand Prix de Monaco, les 500 miles d'Indianapolis ont commencé à se bâtir une légende avant que les deux autres courses ne voient le jour.

A l'origine de leur création, il a fallu toute l'abnégation de l'homme d'affaires Carl Graham Fisher. C'est lui qui est à l'origine de la construction du speedway en 1909 ; une construction inspirée par les courses automobiles qu'il a pu observer lors de ses voyages en Europe. Le circuit accueille d'abord quelques courses, plutôt courtes, avant de devenir cet événement annuel très attendu. Dès 1911, l'idée est d'en faire un rassemblement exceptionnel, calé juste avant le Memorial Day et au milieu de deux semaines de coupure pour les agriculteurs locaux.

40 équipages sont au départ de la course du 30 mai 1911, dont celui du Français Charlie Basle, parti en 4e position sur la grille et finalement contraint à l'abandon. Lors de cette première édition, 14 voitures n'ont d'ailleurs pas pu rallier la ligne d'arrivée, à cause de problèmes techniques et d'accidents. Le mécanicien Sam Dickson est d'ailleurs tué lorsque son pilote Arthur Greiner frappe le mur au cours du douzième tour. A l'époque, l'ensemble des participants embarquaient avec un mécanicien à bord, qui devait se charger d'indiquer la présence d'adversaires, un spotter des temps anciens. Tous sauf un. 

Une victoire controversée

Vainqueur à l'issue de la course après une belle bagarre l'opposant à Ralph Mulford, Ray Harroun, lui, avait pris le soin d'installer des rétroviseurs (un procédé qui sera par la suite expressément interdit). Le succès de Harroun a laissé des traces, pas seulement parce qu'il l'a acquis en partant de la 28e position. Plusieurs sources rapportent que des réclamations auraient été posées par ses adversaires, prétextant une erreur des officiels, qui l'auraient crédité d'un tour de trop. Mais c'est bien son nom qui figurera u palmarès et son visage gravé sur  le Borg-Warner Trophy, au contraire de son coéquipier Cyrus Patschke, qui l'a pourtant relayé pendant 35 tours.

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Immédiatement après avoir reçu ses 10 000 dollars de prize money, Ray Harroun a pris sa retraite, se considérant bien plus ingénieur que pilote de course. L'historien Donald Davidson rapporte d'ailleurs que le vainqueur de la première édition des 500 miles a connu plus d'un métier dans sa vie. Il avait été tour à tour technicien dentaire, chauffeur, vendeur de chapeaux ou encore combattant naval au cours de la guerre hispano-américaine. Il continuera après sa retraite à travailler dans l'industrie automobile jusqu'en 1968, date de sa mort, à 89 ans.

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