Danica Patrick
Danica Patrick, première femme de l'histoire à décrocher la "pole" d'une épreuve d'élite de la Nascar. | AFP - CHRISTIAN PETERSEN

Danica Patrick, la pionnière en pole

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Danica Patrick, qui s'élançait samedi en pole position des 500 miles de Daytona Beach (Floride), l'épreuve inaugurale du très populaire Championnat de Nascar aux Etats-Unis, démontre que même dans le baquet d'une voiture de course, la femme est l'avenir de l'homme.

"Depuis toute petite, j'ai été élevée pour être le pilote le plus rapide,  pas la femme la plus rapide", assure la brune Américaine de 30 ans.  "Je sais que ça va être dur de gagner et je ne me considère pas comme  favorite, ajoute-t-elle. Mais avec une voiture rapide on ne sait jamais."  L'ancienne pilote d'IndyCar a fait les gros titres de la presse américaine  toute la semaine après être devenue il y a une semaine la première femme de  l'histoire à décrocher la "pole" d'une épreuve d'élite de la Nascar. Ce Championnat automobile qui se dispute exclusivement sur circuits ovales  est très populaire aux Etats-Unis, spécialement dans le Sud-est, où cette  discipline de stock-car ("voitures de série") a vu le jour.

Surnommés +The Great American Race+ ou +The Nascar Super Bowl+, les  "Daytona 500", qui ouvrent la saison 2013, engendrent au niveau domestique un  intérêt médiatique qui dépasse celui des 500 miles d'Indianapolis (IndyCar)  même si cette dernière course est bien plus fameuse internationalement. C'est lors des "Indy 500" en 2005 que Patrick s'est illustrée pour la  première fois. A seulement 23 ans et pour sa première saison (rookie) au volant  de sa monoplace, elle a mené la course pendant quelques tours. La jeune femme a vite fait taire les détracteurs qui ont cru qu'elle était  là pour son joli minois et sa plastique, même si ces atouts se sont révélés  précieux pour se faire connaître du grand public américain, notamment par le  biais de nombreuses publicités à la télévision pour son sponsor GoDaddy.com.

Bastion des +rednecks+

Première femme à monter sur le podium des "Indy 500" (3e en 2009), elle  était devenue un an auparavant à Motegi (Japon) la première femme à remporter  un Grand Prix dans un championnat automobile de monoplaces. Pendant ces années,  l'IndyCar a profité à plein d'un effet "Danica Patrick".  A partir de 2010, la reine des circuits a décidé de se tourner  progressivement vers la Nascar autant pour des raisons sportives que marketing.

Inscrite à plein temps dans le Championnat de deuxième niveau (Nationwide  Series) la saison passée, où elle avait déjà signé une pole position (à Daytona  d'ailleurs), elle a fait le grand saut cet hiver vers l'élite de la Nascar  (Sprint Cup), le Saint des Saints pour un pilote automobile américain. Avec sa cote dans les médias, son physique et sa nouvelle relation  amoureuse avec un autre pilote rookie, Ricky Stenhouse, Patrick peut faire évoluer les clichés sur la Nascar, un milieu conservateur qui a longtemps été  le bastion des +rednecks+ (ploucs) blancs du Sud rural et de leur énormes  camping-cars mais qui cherche à s'ouvrir à d'autres horizons pour élargir son  audience.

Faire évoluer les clichés

La Nascar est ainsi désespérément en quête de son premier pilote issu d'une  minorité mais les noirs et les latinos sont aussi absents dans les baquets des  voitures que dans les tribunes des SuperSpeedways, ces gigantesques anneaux de  plus de 3 km où les voitures dépassent parfois les 250 km/h de moyenne. Toute la semaine, la "Danica-mania" a attiré à Daytona un nouveau public,  plus jeune et plus féminin, au grand bonheur des responsables de la Nascar. Trois des meilleurs pilotes de la série, Jeff Gordon, Jimmie Johnson et  Carl Edwards, ont même emmené leur fille au circuit pour rencontrer Patrick.  "Carl (Edwards) m'a di que c'était une bonne chose que sa fille me voie en  chair et en os car pour elle j'étais une sorte de créature mythique qui  n'existe pas vraiment", a confié Patrick, heureuse dans son rôle de pionnière.

AFP