24h du Mans

Trois histoires que vous ne connaissiez pas sur les 24h du Mans

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La 87e édition des 24h du Mans a lieu ce week-end, du 15 au 16 juin. Parmi tous les grands exploits qui ont fait la légende de cette course mythique, se cachent quelques petites histoires qui ont, aussi, contribué à forger le mythe des 24 heures du Mans.

Les essuie-glaces de Pescarolo

Nous sommes en septembre 1968. Il est 2 heures du matin, les 24h du Mans sont déjà bien engagés. Johnny Servoz-Gavin conduit la Matra MS630 de son coéquipier, Henri Pescarolo, qui est alors en train de se reposer. La pluie qui tombe sur les pare-brises des pilotes est brutale. C'est alors que l'essuie-glace de Servoz-Gavin tombe en panne. Il rentre aux stands immédiatement. Impossible de continuer, la pluie est trop forte, il n'y voit rien. Le moteur est inaccessible, et Lagardère, le patron de l'écurie, va réveiller Pescarolo pour lui annoncer que l'équipe abandonne la course. Mais Pescarolo ne l'entend pas de cette oreille. Il se lève et fonce dans la voiture pour reprendre la course. Sous des trombes d'eau, et sans essuie-glaces, il va continuer la course. Il remonte jusqu'à la 2e position. Mais, ultime coup du destin, il roule sur un débris à deux heures de l'arrivée. Son pneu éclate. Il finit par jeter l'éponge, non sans avoir roulé pendant plusieurs heures quasiment à l'aveugle.

La douche de champagne, c’est au Mans qu’elle est née !

Lewis Hamilton qui arrose de champagne le public présent lors de la remise des prix. Voilà une scène banale, que l'on voit à chaque Grand Prix de Formule 1 depuis des années. Mais d'où vient cette tradition - plutôt bizarre quand on y réfléchit - de manifester son bonheur en aspergeant de champagne - pas d'eau, pas de bière, non, de champagne - les pauvres personnes qui se trouvent dans les parages ?  La première fois, c'était il y a 52 ans, aux 24h du Mans. Nous sommes le 11 juin 1967. L'Américain Dan Gurney remportait avec son coéquipier Anthony Joseph Foyt la célèbre course d'endurance. Une fois la ligne d'arrivée franchie, il avait alors eu un geste d'improvisation totale. Porté par l'effervescence autour de lui, il avait saisi la bouteille qu'on lui tendait, l'avait secouée. Sous la pression des bulles, les bouchons ont sauté, laissant le flux de mousse se répandre sur les visages hilares de ses coéquipiers et de toute son équipe technique. Le public alentour semblait, sur le coup, plutôt surpris et amusé de sa célébration. Elle allait pourtant se perpétuer jusqu'à un certain Lewis Hamilton aujourd'hui, et se propager dans l'ensemble des sports automobiles. 

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Départ Le Mans et clé à droite des Porsche

Connaissez-vous le "départ Le Mans"? C'est une disposition de départ particulière, qui était de mise entre 1924 et 1969 aux 24h du Mans. Les pilotes étaient placés en épi, moteur éteint.  Au top départ, les coureurs, situés de l'autre côté de la piste, devaient courir vers leur véhicule, l'ouvrir et démarrer le plus vite possible. C'est dans ce contexte que Porsche a eu une idée lumineuse. Les pilotes perdaient de précieuses secondes à mettre la clé dans la serrure et à démarrer. Leur idée? Passer le contact à gauche. Ainsi, leurs pilotes pouvaient à la fois tourner la clé avec leur main gauche et passer la vitesse de la main droite. C'est en fait l'origine de la spécificité des Porsche, qui avaient encore leur contact à gauche jusqu'à la généralisation du bouton-poussoir.

La méthode est particulière et a le mérite de rajouter de la dramaturgie. Mais elle entraîne de nombreux dérapages. En 1968, le pilote Willy Mairesse a eu un grave accident en raison d'une porte mal fermée et d'un harnais mal accroché. Il s'était précipité au départ pour devancer ses concurrents. Il est tombé dans un long coma.