24 Heures du Mans : Les six choses à savoir sur la 88e édition

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De notre envoyé·e spécial·e Xavier Richard
Les 59 voitures des 88èmes 24 Heures du Mans
Les 59 voitures des 88èmes 24 Heures du Mans | John Rourke

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La 88e édition des 24 Heures du Mans restera elle aussi dans l'histoire après tous les bouleversements liés à la pandémie de Covid-19. Voici les choses à savoir pour suivre la célèbre course d'endurance ce week-end dans la Sarthe.

  • Les deuxièmes 24 Heures du Mans en septembre

Ce n’est que la deuxième fois que les 24 Heures du Mans délaissent le traditionnel rendez-vous de la mi-juin pour septembre. La dernière fois, c’était en 1968. A l’époque, la course avait été reportée au 28-29 septembre à cause des événements de mai. Dans son histoire, la classique mancelle a vu 6 fois les 24H sortir du créneau de juin. La première édition en 1923 avait eu lieu les 26 et 27 mai. En 36, les 24H avaient été décalés en août à cause des grèves dans l’industrie auto avant d’être définitivement annulés. En 1956, le départ eut lieu en juillet car l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) avait besoin de temps pour achever ses travaux sur le circuit après le terrible accident de 1955. Plus insolite, en 1986, les élections avaient précipité le départ des 24 heures un 31 mai…

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  • Une nuit de presque douze heures

La date des 24 Heures n’est pas choisie par hasard. Depuis 1924, à sa deuxième édition, l’ACO avait choisi d’organiser son « grand prix d’endurance » autour du solstice d'été (20 juin). La raison est toute simple, c’est à cette période que les jours sont les plus longs dans l'hémisphère nord. Si la 88e édition avait eu lieu les 13/14 juin, les véhicules n'auraient roulé dans l'obscurité que 8 heures et 2 minutes. Samedi, le soleil se couchera à 20h01 tandis que les premiers rayons de lumière apparaîtront à 7h44. Cela signifie presque quatre heures d’obscurité en plus. Les équipes ne passeront donc que 12h17 à la lumière du jour.

24 Heures du Mans : Les six choses à savoir sur la 88e édition

  • Une édition record ?

Ce mois de septembre pourrait favoriser les performances et pourquoi pas un record à la distance qui est appartient toujours à Audi avec sa R15 TDI+ en 2010. Cette année là, Timo Bernhard, Romain Dumas et Mike Rockenfeller avaient parcouru 5 410,713 km. Avec une nuit plus longue, la température de l’air et de la piste seront logiquement plus frais. L’air frais, plus saturé en oxygène, favorise la combustion du carburant. En gros, à chaque palier de 5 degrés Celsius en moins, le moteur gagne 1% de puissance. La fraîcheur est également appréciée par les pneumatiques. Ils durent plus longtemps avec plus de grip… à condition de bien les faire monter en température. Si la pluie de ne s’en mêle pas, le record pourrait tomber cette année.

  • Une "hyperpole" pour les qualifications des 24 Heures 

Pour la première fois de son histoire, la pole position des 24 Heures se disputera lors d’une séance spécifique regroupant les six voitures les plus rapides de chaque catégorie à l’issue des qualifications de jeudi soir. La grande bagarre aura lieu ce vendredi de 11h30 à 12h00. Une première que l’ACO espère spectaculaire et télévisuelle, à défaut d’avoir du public. En limitant la piste à 24 autos, la question du trafic sera moins cruciale que par le passé. Reste à savoir si les équipes seront prêtes à prendre des risques la veille du départ de la course où la pole position n’est pas vraiment une priorité…

La pilote colombienne Tatiana Calderon
La pilote colombienne Tatiana Calderon © Francois Flamand / DPPI Media / DPPI via AFP

  • 6 femmes au départ

On n’avait plus vu ça dans la Sarthe depuis 1977. Six femmes seront au départ de ces 88e 24 Heures du Mans. Deux équipages 100 % féminin : Calderon-Flörsch-Visser sur l’Oreca 07 #50 du Richard Mille Racing Team et Gostner-Frey-Gatting sur la Ferrari 488 GTE EVO #85 d’Iron Lynx. Elles tenteront de conduire dans les roues d’Odette Siko, pionnière du sport automobile féminin et meilleure femme classée à ce jour aux 24 Heures avec une 4e place obtenue en 1932 sur une Alfa Romeo 6C. 

  • Une course à huis clos

Les 24 Heures du Mans sont elles aussi touchées par la pandémie mondiale de coronavirus. Repoussée à septembre, la course sera privée de son carburant principal, le public. Chaque année, ils sont plus de 250 000 spectateurs à venir des quatre coins du monde sur le circuit de la Sarthe. Cette année, les tribunes et les camping seront déserts et la parade des pilotes en ville a même été annulée. Classé parmi les départements où la Covid-19 circule activement, la Sarthe et son préfet n’ont pas souhaité ouvrir le circuit à 5 000 spectateurs. Côté équipes, organisation et médias, pour entrer sur le circuit, chacun a dû fournir un test PCR négatif tandis qu’une bulle course a été mise en place pour protéger les acteurs de cette 88e édition.

De notre envoyé·e spécial·e Xavier Richard littletwitman