Tamgho Doha 052011
Le triple sauteur Teddy Tamgho | AFP - KARIM JAAFAR

Tamgho en rythme, Lavillenie non

Publié le , modifié le

Le triple sauteur français Teddy Tamgho s'était fixé pour débuter un minimum "à 17,40-17,50 m", et il s'y est tenu pour atterrir à 17,49 m, une des nombreuses meilleures performances mondiales (MPM) 2011 de la soirée à Doha, inévitables à ce stade de la saison. Ce qui était moins attendu, c'est la défaite à la perche de son compatriote Renaud Lavillenie. Le champion d'Europe en plein air et en salle, auteur cet hiver de 6,03 m, s'est arrêté à 5,50 m.

Teddy Tamgho et Renaud Lavillenie remettaient en jeu leur titre dans la Ligue de diamant. Le premier a bien défendu son statut, contrairement à son compatriote. Grâce à un saut à 17,49 m, soit la meilleure performance mondiale de l'année en plein air, Tamgho a en effet remporté sans encombre le concours du triple saut. Il devance Leevan Sands (17,09 m) et Alexis Copello (17,05 m). "17,40-17,50 m, c'est la base minimum que je me suis  fixée et à partir de laquelle je ne peux que progresser. Avec l'accumulation  des séances d'entraînement ces dernières semaines, je ne pouvais pas viser  17,90 m", a souligné l'athlète d'origine camerounaise.

En revanche, deux mois après son record de France à Bercy (6,03 m), Renaud Lavillenie n'a pas réussi à franchir la barre de... 5,60 m. Son échec lors de son premier essai à 5,50 m a déjà suffi à montrer que le perchiste n'était pas dans son assiette. Lavillenie échoue loin derrière Malte Mohr, qui s'est offert le record du meeting de Doha (5,81 m). L'air de Doha ne semble pas réussir au double champion d'Europe (plein  air/salle), qui avait déjà essuyé dans cette ville un échec cuisant lors des  Mondiaux 2010 en salle.

Felix et Dix en forme

L'Américaine Allyson Felix a assuré l'essentiel en  remportant le 400 m. Felix a honoré son double titre 2010 de la Ligue de diamant (200/400 m)  mais sans descendre sous les 50 secondes (50.33) sur le tour de piste. Elle a  néanmoins contenu le retour d'Amantle Montscho, du Bostwana, créditée de 50 sec  41. "C'est un temps honorable. La mise en action a été difficile avec le vent.  Maintenant je sais où j'en suis et je vais travailler la vitesse", a expliqué  la triple championne du monde (2005/2007/2009) du 200 m. Muriel Hurtis échoue pour sa part au pied du podium (52"30), derrière Montsho (50"41) et Hall (51"74).

L'Américain Walter Dix a profité de l'absence de ses principaux rivaux pour  gagner sans coup férir le 200 m, en 20 sec 06/100es. "Dix est rechargé", a  assuré le double médaillé de bronze (100/200 m) des JO de Pékin. "Je n'ai pu m'entraîner en janvier et j'ai manqué la saison en salle", a  indiqué le vainqueur, qui a lancé le défi au triple champion olympique et du  monde, le Jamaïquain Usain Bolt. 

Privé des rois de la vitesse mais aussi du Kényan David Rudisha, détenteur  du record du monde du 800 m, la réunion de Doha a pourtant valu par l'émergence  de nouveaux talents, produits quasiment à jet continu par les hauts-plateaux  d'Afrique de l'Est. Ainsi le Kényan Nixon Chepseba et l'Ethiopien Yenew  Alamirew, tous deux 20 ans, ont remporté de belle manière les 1500 et 3000 m.  Sur la plus longue des distances, trois athlètes sont descendus sous les 7 min  28 sec, une densité rare. 

Le Norvégien Andreas Thorkdilsen, qui a tout gagné au javelot, a subi un  net coup d'arrêt. Le Tchèque Petr Frydrych, 23 ans, a confirmé son potentiel en  lançant l'engin à 85,32 m. Au disque, le duel des frères ennemis a été remporté au dernier essai par  l'Estonien Gerd Kanter, le champion olympique sortant, aux dépens du vieux (39  ans) mais toujours glorieux Lituanien Virgilijus Alekna. Et c'est également à son ultime tentative que le Canadien Dylan Armstrong a  pris la mesure au poids (21,38 m) de ses voisins américains.

Mathieu Baratas