David Rudisha
David Rudisha en pleine concentration | AFP

Rudisha prêt pour le record du monde à Saint-Denis

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Le Kényan David Rudisha, qui vient de courir en 1 min 42 sec 12/100e à l'altitude de Nairobi (1680 m), estime qu'il a la forme et le lièvre pour battre son record du monde (1:41.01 en 2010) au meeting de Paris-Saint-Denis, 7e étape de la Ligue de diamant. Laurent Boquillet, directeur du meeting, serait d'autant plus heureux que le Stade de France n'a pas encore été le théâtre d'un record planétaire. Reste le souci de la météo, pas folichonne sur Paris.

Q: L'attente est forcément grande après votre chrono (1:42.12) le 23 juin à l'altitude de Nairobi...
R: "Beaucoup s'attendent à une grande course, et même au record du monde. Mais le record est dur à battre. Seuls quatre athlètes ont couru en moins de 1 minute 42 secondes (Rudisha, Wilson Kipketer, Sebastian Coe, Joaquim Cruz, ndlr). Il faut que tous les ingrédients soient là pour mener à bien cette quête. Le +lièvre+ est parfait, ce sera Sammy Tangui. Il m'avait déjà piloté lors des précédentes tentatives. Il devrait passer au 400 m en 48 sec 8, 48 sec 9, et moi en 49 sec 2. Il faut des conditions climatiques convenables, pas de pluie et une température supérieure à 20 degrés. Et évidemment être dans une bonne forme".

Q: Quel est votre état de forme?
R: "Contrairement à 2011, quand j'avais connu quelques problèmes physiques en début de saison, je n'ai eu aucun problème cette année. Je suis en grande forme. Je ne m'attendais pas à courir aussi vite à Nairobi. Quand la forme est là, la forme physique mais aussi mentale, il faut saisir l'occasion sans attendre l'après jeux Olympiques. Après Paris, qui est ma dernière course avant les Jeux, je vais retourner m'entraîner au Kenya".

Q: Justement, l'année des jeux ne vaudrait-il pas mieux travailler l'aspect tactique?
R: "En 2010, il n'y avait pas de grands Championnats et mon entraînement avait été établi en fonction de courses rapides. L'an dernier, on avait plus travaillé l'aspect tactique avec les Championnats du monde à Daegu. Cette année, c'est une préparation mixte. J'ai donc des entraînements spécifiques pour l'une ou l'autre des situations. Aux Jeux, il n'y aura pas de lièvre".

Q: Avec l'or olympique, vous aurez tout gagné. Comment pourrez-vous trouver une motivation?
R: "J'aimerais devenir un des +grands+ de l'histoire du 800 m, une légende. Pour cela, je dois gagner à nouveau aux Mondiaux (2013 à Moscou). Si je suis champion olympique, l'objectif sera de remporter un autre or en 2016".

Q: Comptez-vous élargir votre répertoire en 2013?
R: "Par le passé il y a de grands athlètes qui doublaient 800/1500 m comme Coe, ou 400/800 comme Juantorena (le Cubain Alberto Juantorena, auteur du doublé historique aux JO de Montréal). Mais actuellement les athlètes sont plus spécialisés, +pointus+ sur une seule distance. Je vaux 45 sec 5 sur le tour de piste, mais comme c'est en début de saison, je pense qu'avec un entraînement ciblé je peux courir le 400 m en 44 secondes".

Q: Participerez-vous au relais 4X400 m à Londres, peut-être face à Usain Bolt pour la Jamaïque?
R: "C'est une possibilité et ce serait super par rapport à mon père (membre du relais kényan du mile vice-champion olympique en 1968). Mais ce sera difficile. Avec Bolt, ce serait bien de se retrouver sur le relais 4X400 m, le 400 m c'est à mi-chemin entre nos distances respectives. On ne s'est jamais affrontés".

AFP