Pistorius avocat procès
Oscar Pistorius en discussion avec ses avocats | ANTOINE DE RAS / POOL / AFP

Procès Pistorius: la défense à l'attaque

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L'avocat du champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius a essayé en vain mardi de déstabiliser un témoin-clef de l'accusation qui dit avoir entendu des cris terrifiants, au deuxième jour du procès de l'athlète pour le meurtre de sa petite amie.

Michelle Burger, maître de conférences à l'Université de Pretoria, a  cependant répété avec constance mardi ce qu'elle avait déjà raconté la veille  dès l'ouverture du procès devant un tribunal de Pretoria: elle a entendu des  cris d'une femme et des appels au secours --de cette femme, mais aussi d'un  homme-- depuis sa chambre à coucher dont la fenêtre était ouverte, à  précisément 177 m de la maison d'Oscar Pistorius. A la toute fin de sa déposition, alors qu'elle répondait aux questions du  procureur Gerrie Nel, Mme Burger a fondu en larmes, lâchant: "Quand je suis  sous la douche, je revis ses cris!" Elle a aussi dit avoir entendu quatre coups de feu, juste au moment où  Pistorius abattait son amie Reeva Steenkamp en tirant quatre balles à travers  la porte des toilettes, vers 03H00 (01H00 GMT) le 14 février 2013. L'avocat de la défense Barry Roux, un ténor du barreau sud-africain, s'est  efforcé de mettre son témoignage en doute, usant d'un ton hautain et parfois  intimidant, durant quatre heures au total, lundi et mardi. Il s'est notamment demandé comment cette voisine avait pu entendre ces cris  alors que Reeva était enfermée dans des toilettes donnant sur une salle de  bains dont la fenêtre était fermée. "C'est un fait, vous pouvez crier aussi fort que possible, faites 177 m et  dites nous si vous pouvez entendre ce cri", a lancé l'avocat. "Nous attendons  les résultats." Comme la veille, l'avocat a aussi insisté pour savoir si Mme Burger s'était  concertée avec son mari dont la déposition est assez similaire. Me Roux s'était  demandé lundi pourquoi elle était aussi certaine d'avoir entendu quatre coups  de feu alors que lui en aurait entendu quatre, cinq, ou peut-être six.

Pistorius calme et studieux

Très agressif --donnant même à haute voix le numéro de téléphone de son  mari, alors que le procès est retransmis en direct--, Barry Roux a été  contraint par la juge de s'excuser, après une remarque particulièrement  sarcastique. Il a été jusqu'à accuser le témoin de mettre systématiquement en avant les  éléments à charge, refusant d'admettre "des évidences" qui pourraient  bénéficier à l'accusé. L'audience a été brièvement interrompue quand le procureur a appris que la  chaîne d'informations en continu eNCA montrait une photo de Michelle Burger  pendant qu'elle témoignait. La juge a intimé l'ordre aux télévisions  retransmettant le procès de ne diffuser aucune image des témoins, sous aucune  forme. Le Parquet veut faire défiler 107 témoins à la barre pendant les trois  semaines que doit durer le procès très médiatisé. Il est persuadé qu'Oscar  Pistorius --grand amateur d'armes à feu et décrit par les médias comme  paranoïaque-- a prémédité le meurtre de sa petite amie, ce qui pourrait  l'envoyer en prison pour vingt-cinq ans. L'athlète de 27 ans, qui plaide non coupable, affirme au contraire qu'il  s'agit d'une terrible méprise. Il affirme avoir tiré sur la porte des  toilettes, pris de panique, parce qu'il croyait qu'un cambrioleur s'y était  caché, avant de réaliser qu'il avait tué Reeva Steenkamp, un mannequin de 29 ans. Mal à l'aise à son arrivée au tribunal, l'athlète est resté calme et  studieux mardi, prenant des notes, et discutant régulièrement avec son équipe.

Vidéo: l'échange entre la défense et le témoin (VO)

AFP