Oscar Pistorius
Oscar Pistorius | FRANS SELLO WAGA / NURPHOTO

Pistorius va défendre sa thèse

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Oscar Pistorius s'est déjà effondré en larmes plusieurs fois lors de son procès pour meurtre. Mais ses nerfs risquent d'être mis à bien plus rude épreuve encore lorsque le redoutable procureur Gerrie Nel commencera son interrogatoire, en principe dès ce mercredi.

Depuis lundi, le champion amputé qui a abattu sa petite amie Reeva  Steenkamp en février 2013, dépose devant le tribunal. Il répond aux questions  de son propre avocat, Barry Roux. Me Roux a d'abord cherché à brosser le portrait d'un jeune homme angoissé  mais gentil. Puis, mardi, il lui a fait raconter la nuit du meurtre. Pistorius,  en fin de récit, s'est effondré en sanglots dans son box, incapable de  continuer.

Mercredi matin, Me Roux reprendra le fil de son interrogatoire. Mais il  devrait ensuite laisser son client entre les mains du procureur. Et là, Pistorius peut s'attendre à être malmené. Gerrie Nel défend la thèse de l'assassinat. Il affirme que les deux jeunes  amants se sont violemment disputés le soir du meurtre. Que Reeva, se sentant  menacée, s'est réfugiée dans les toilettes. Et que Pistorius a tiré quatre  balles à travers la porte en sachant très bien qu'elle était là.

A l'appui de sa thèse, les témoignages de voisins qui ont entendu les échos  d'une dispute dans la soirée, puis des hurlements de femme juste avant les  coups de feu. L'accusé devrait donc être interrogé sur certains points de sa version qui  posent question. Il affirme notamment que, lorsqu'il a cru qu'un cambrioleur  était caché dans les toilettes, il a crié pour lui demander de sortir de la  maison. Pourquoi alors Reeva, qui était dans les toilettes, n'aurait-elle pas  signalé sa présence?

Le récit passé au crible 

Et s'il faisait trop sombre pour qu'il ne s'aperçoive pas de l'absence de  Reeva dans le lit, pourquoi a-t-il raconté qu'il avait saisi un jean par terre  pour cacher la lumière produite par la veilleuse bleue d'un appareil  électronique? Comment encore expliquer les cris de femme entendus par les voisins  puisque, dans sa version, Pistorius n'en fait état à aucun moment? Le long récit du champion paralympique sera ainsi passé au crible.

Pistorius a affirmé avoir été réveillé par la chaleur cette nuit-là. Il a,  dit-il, paniqué après avoir entendu le claquement de la fenêtre de sa salle de  bains puis de la porte des WC. "Je crois que c'est à ce moment-là que tout a changé", a-t-il commenté. "Ca  m'a d'abord glacé. Il n'y a pas de porte entre ma salle de bains et ma chambre  (...) juste un couloir. La première chose à laquelle j'ai pensé a été que  j'avais besoin de m'armer et de protéger Reeva".

Imaginant le pire, il s'est emparé de son arme sous son lit, a chuchoté à  son amie qu'il croyait dans son lit d'appeler la police, hurlé au présumé  intrus de "dégager", puis progressé dans le couloir menant à la salle de bains,  pistolet au poing, en équilibre sur ses moignons, terrorisé par l'agresseur  fantôme capable de surgir sur lui à tout moment. Il s'est demandé "s'il y avait quelqu'un dans les toilettes, ou sur  l'échelle qu'ils auraient pu utiliser pour entrer, ou s'ils étaient juste là  derrière le mur", a vérifié la douche puis constaté qu'"il n'y avait personne  dans la salle de bain". "Je ne savais pas où pointer mon arme (...) j'ai entendu du bruit venant  des toilettes et avant de m'en rendre compte, j'avais tiré quatre coups de  feu", a-t-il dit. De retour dans la chambre et ne trouvant pas sa compagne dans le lit, il a  ensuite appelé à l'aide, puis défoncé la porte des WC avec une batte de  cricket, pour découvrir le cadavre ensanglanté de son amie.

AFP