Pistorius: le parquet s'oppose à une peine légère

Pistorius: le parquet s'oppose à une peine légère

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Le parquet s'est opposé mardi à une peine légère pour Oscar Pistorius, qui tente d'éviter la prison pour avoir abattu sa petite amie, suggérant que le champion s'était dévoué à la cause des enfants handicapés par simple obligation de carrière. Pour un sportif de haut niveau, "ça n'a rien d'original", a soutenu le procureur Gerrie Nel, durant le contre-interrogatoire du manager de Pistorius, Pete Van Zyl.

"C'est simplement une étape de carrière", a-t-il affirmé, rappelant que  Pistorius était tantôt invité, tantôt rémunéré, tantôt honoré par les multiples  sollicitations reçues avant qu'il ne tue sa petite amie en février 2013. "Je pense que beaucoup de sportifs veulent apporter leur contribution et  changer les choses", a rétorqué M. Van Zyl. "Mais c'est juste du bonus, un  à-côté", a raillé M. Nel. Interrogé pour savoir si Pistorius souhaitait reprendre la compétition, M.  Van Zyl a affirmé ne pas le savoir mais n'a rien exclu: "Je n'en ai pas parlé  avec lui", a-t-il dit, en précisant que cela dépendrait de l'issue du procès.

La veille, le manager avait cherché à réhabiliter Oscar Pistorius,  détaillant sa disponibilité de coeur et d'esprit, et même financière, pour  aider à améliorer la vie des enfants nés comme lui avec un grave handicap. Sans péroné à la naissance, Pistorius a été amputé des pieds à l'âge de 11  mois et équipé de prothèses. Il court équipé de lames de carbone lui valant le  surnom de "Blade Runner" (le coureur aux lames). L'athlète s'apprêtait à lancer sa propre fondation quand il a abattu sa  petite amie Reeva Steenkamp venue passer la nuit de la Saint-Valentin chez lui  en 2013.

Le parquet hausse le ton

En septembre, il a été reconnu coupable d'homicide involontaire, la juge  Thokozile Masipa estimant qu'il avait été imprudent mais que l'intention  homicide n'était pas démontrée. L'athlète soutient depuis le début s'être armé  pour neutraliser un cambrioleur. Lundi, à la fureur du parquet, un expert du service pénitentiaire  sud-africain a suggéré de le condamner à trois ans d'arrêts domiciliaires et un  travail d'intérêt général.

"Pour vous, il est acquis que l'accusé veut reprendre sa carrière  d'athlète?", a demandé M. Nel à ce travailleur social cité par la défense,  obtenant un "oui" catégorique. La juge Mme Masipa, sous forte pression dans ce procès intégralement  retransmis en direct à la télévision et dont le jugement demeure controversé,  pourrait annoncer la sentence dès vendredi, a indiqué une source proche du  parquet à l'AFP.

AFP