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Oscar Pistorius aux côtés de son avocat | AFP

Pistorius, la défense reprend la parole

Publié le , modifié le

Après deux semaines d'interruption, le procès d'Oscar Pistorius reprend aujourd'hui à Pretoria. Une douzaine de témoins cités par la défense passeront à la barre pour redonner de l'allant au dossier de l'athlète sud-africain, malmené par le procureur Nel jusque-là. Le procès devrait se tenir jusqu'au 16 mai, mais le verdict ne devrait pas été connu à ce moment-là. L'athlète risque une peine de 25 ans de prison s'il est reconnu coupable de meurtre sur la personne de Reeva Steenkamp, sa petite amie.

C'est sans doute la dernière ligne droite vers le jugement. Mais la conclusion ne va pas tomber très tôt. Théoriquement, le procès doit se tenir jusqu'au 16 mai. Mais l'accusation pourrait appeler de nouveaux témoins, et donc obliger le tribunal à prolonger les débats. Ensuite, le procureur Gerrie Nel et l'avocat Barry Roux devront transmettre leurs conclusions écrites au juge Thokozile Masipa. Cette dernière pourrait alors prendre plusieurs semaines avant de rendre son verdict. Commencé le 3 mars dernier, ce procès extrêmement médiatisé n'est pas encore arrivé à son terme. Mais pour Oscar Pistorius, les onze jours à venir sont probablement les plus déterminants.

Depuis le début du procès, le procureur ne l'a pas ménagé, s'engouffrant dans la moindre brèche laissée par la défense pour instiller le doute. Le procureur Nel pense que le jeune couple se disputait --une fois de  plus--, qu'elle voulait rentrer chez elle et que Pistorius l'a poursuivie.  C'est en toute conscience, pense-t-il, que l'athlète a tiré quatre balles  super-puissantes sur la porte des toilettes dans lesquelles elle s'était  réfugiée pour échapper à sa colère. "Vous saviez qui était derrière la porte, et vous avez tiré sur elle", a  tonné le procureur à la fin de son long contre-interrogatoire de l'accusé. "Vous vous êtes armé dans l'intention de la tuer, et c'est ce que vous avez  fait!". Oscar Pistorius dit n'avoir pas remarqué que Reeva  s'était levée alors que  lui-même était sorti sur le balcon de sa chambre pour rentrer des ventilateurs,  lors de cette chaude nuit sans lune. Il maintient que leur amour était sans  nuage, et qu'il croyait avoir affaire à un cambrioleur quand il a tiré, pris de  panique. Pour se défendre, pour la défendre, dans un contexte de criminalité  galopante en Afrique du Sud -- même si lui-même habitait dans une résidence  fortifiée.

Mais jusque-là, Pistorius a tenu bon, répétant qu'il n'a jamais eu l'intention de tuer sa petite amie. De son interminable calvaire face au procureur, on retiendra qu'Oscar  Pistorius a beaucoup pleuré mais n'a rien lâché, même si Gerrie Nel a mis en  lumière certaines contradictions. Il a bien reconnu avoir tiré les coups de feu fatals, mais a refusé  d'admettre toute intention de tuer sa petite amie. Il a joué avec les mots,  expliquant qu'il avait ouvert le feu sur la porte des toilettes dans un instant  de panique, alors qu'il se croyait menacé, suivant son "instinct". "Je ne voulais tuer personne", a-t-il insisté. "Avez-vous tiré sur ce que vous perceviez comme un attaquant?", a interrogé  M. Nel lundi. "Non, j'ai tiré sur la porte", a répondu l'athlète, buté.

Vidéo: l'arrivée de Pistorius au tribunal