Oscar Pistorius auditionné au tribunal
Oscar Pistorius dans le tribunal, avec derrière lui son frère et son père | AFP - STEPHANE DE SAKUTIN

Pistorius: "Je ne voulais pas tuer ma petite amie"

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C'est dans une lettre, lue par son avocat devant le juge, qu'Oscar Pistorius a posé ses premiers mots sur les événements tragiques menant à la mort de Reeva Steenkamp. "J'ai tiré dans la porte des toilettes et crié à Reeva d'appeler la police", a-t-il affirmé sous serment. "Quant je suis revenu au lit, j'ai réalisé que Reeva n'y était pas." Et il l'affirme: "Je n'avais pas l'intention de tuer ma petite amie", dont il était "profondément amoureux". Mais sa demande de mise en liberté sous caution ne devrait pas aboutir, le juge retenant, "sinon la préméditation, du moins la planification" de l'acte. L'audience reprendra mercredi matin.

C'est la première fois qu'Oscar Pistorius livre sa version des faits en public. Ou plutôt, c'est par l'intermédiaire de son avocat, Barry Roux, qu'il a pu décrire ce qui s'était passé, via une lettre. "Je nie toutes les allégations dans les termes les plus forts. Rien ne peut être plus éloigné de la vérité", a-t-il écrit. Cette lecture, faite sous serment, a été encore une fois marquée par l'attitude très fébrile de l'athlète, pris de tremblements alors que son avocat demandait sa mise en liberté sous caution, et lorsqu'il lisait que Reeva Steenkamp lui avait donné "un cadeau pour la St Valentin en me disant de l'ouvrir le lendemain". 

Le récit de la soirée se voulait assez simple: un dîner tranquille à deux, puis ils sont allés au lit et se sont endormis. Dans la nuit, il s'est levé pour fermer la porte du balcon, et a entendu du bruit dans les toilettes. Il a entendu dire: "il fait très sombre dans la salle de bain". Et de reconnaître a posteriori: "En y réfléchissant, je me rends compte que reeva est allée à la salle de bain que je suis allé fermer la porte du balcon". Et le récit se poursuit: "Comme je n'avais pas mes prothèses, je me sentais très vulnérable", a lu son avocat. "J'ai tiré une balle dans la porte des toilettes et crié à Reeva d'appeler la police", a-t-il poursuivi, déclarant qu'il "avait à me protéger ainsi que Reeva". "Quand je suis revenu au lit, j'ai réalisé que Reeva n'y était pas. Il a ensuite raconté qu'il avait essayé d'ouvrir la porte de la salle de bain, mais qu'elle était fermée. Il a alors mis ses prothèses, cassé la porte avec une batte de cricket. "Reeva était affalée mais vivante". Il l'a descendue de l'étage pour l'emmener à l'hôpital et le médecin du complexe est arrivé. "Elle est morte dans mes bras."

La planification pas exclue par le juge

A la question posée par le juge concernant ce pistolet présent sous le lit, son avocat a répondu en lisant la lettre d'Oscar Pistorius: "J'avais reçu des menaces de mort avant." Et il a répété être "mortifié par la mort de sa bien-aimée Reeva". Et pour obtenir une libération sous caution, Oscar Pistorius affirme: "Je ne vais pas échapper à mon procès. Je suis prêt à rendre mon passeport pour ma libération sous caution. Après les faits, je n'ai pas tenté de fuir."

Mais auparavant, le juge Desmond Nair avait douché les maigres illusions de remise en liberté: "Si je découvre que c'était prémédité, l'accusé devra bénéficier de circonstances exceptionnelles pour être remis en liberté". Des mots qui ont provoqué de nouvelles larmes chez Oscar Pistorius, d'autant plus que le juge a précisé: "Je ne peux pas exclure complètement sinon la préméditation, du moins la planification." L'audience a été levée et reprendra mercredi matin.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze