OScar pistorius tribunal 2013
Oscar Pistorius devant le tribunal de Pretoria | AFP

Pistorius face à la justice mardi

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L'ex-champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius, qui a abattu sa petite amie chez lui en février, sera de nouveau dans le box des accusés mardi à Pretoria pour une brève audience de procédure alors que l'instruction est toujours en cours et la date du procès pas encore connue.

Oscar Pistorius, 26 ans, en liberté sous caution mais passible de la  perpétuité, sera présent au tribunal, selon son avocat, un ténor du barreau  sud-africain Kenny Oldwage. Mais l'exercice devrait être rapidement expédié. Le parquet a demandé un  délai d'instruction supplémentaire et "il y a peu de chance que le dossier  avance, nous aurons un renvoi", a indiqué Me Oldwage. Il ne fait aucun doute que Pistorius est bien celui qui a abattu Reeva  Steenkamp, une jolie mannequin sud-africaine de 29 ans qu'il fréquentait depuis  quelques mois, dans la nuit du 14 février de quatre balles de 9mm, alors  qu'elle était venue fêter la Saint-Valentin chez lui à Pretoria. Elle a été  touchée à la tête, au coude et la hanche. Mais il affirme qu'il a tiré en pensant qu'un cambrioleur s'était introduit  dans sa salle de bains. Dans la panique, il n'aurait pas remis ses prothèses,  ni rallumé la lumière mais a tiré à travers la porte des WC sans voir la  victime.

Il n'aurait réalisé qu'après coup que Reeva n'était plus dans le lit, et  dit avoir tenté de la sauver en cassant la porte des toilettes avec une batte  de base-ball pour la sortir, puis en appelant les secours. S'il parvient à le prouver et si le tribunal conclut à sa thèse d'un  "horrible accident", il pourrait s'en tirer avec une condamnation pour homicide  volontaire, passible de quinze ans de prison, voire de simples arrêts  domiciliaires. Pistorius a été l'un des héros des JO de Londres 2012 devenant le premier  champion masculin à s'aligner avec les valides alors qu'il est handicapé de  naissance et courre avec des lames en carbone en forme de pattes de félin, lui  valant le surnom de "Blade Runner". Le drame a stoppé net sa carrière. Pistorius a renoncé à toute compétition  cette année, ses sponsors l'ont lâché, Nike ou Clarins, et l'affaire a aussi  révélé des facettes de sa personnalité cachées au public qui l'admirait pour sa  ténacité et l'aura qu'il a donné au sport handicap. On a ainsi découvert que Oscar Pistorius était macho, caractériel et obsédé  d'armes à feu.

La scène de crime révélée

Grâce à son avocat hors pair, l'athlète est cependant parvenu à garder la  main jusqu'à présent. La semaine qui a suivi le meurtre, Me Oldwage a réduit en miettes le  dossier de l'accusation, pointant des manques de preuves et fragilisant le  témoignage d'un voisin ayant entendu une dispute du couple venant de  l'appartement de Pistorius avant le meurtre. Coup dur pour l'accusation, l'enquêteur en chef Hilton Botha a dû être  dessaisi et forcé d'admettre des négligences sous l'oeil médusé des caméras de  télévision du monde entier. En mars, Pistorius a ensuite recouvré une quasi liberté de mouvements en  contestant les conditions de sa libération sous caution alors que l'émotion  suscitée par le meurtre commençait à retomber. Me Oldwage lui a obtenu la permission de voyager ou de consommer de  l'alcool normalement. Parallèlement, la presse a été abreuvée de communiqués évoquant la profonde  détresse et le deuil porté par l'athlète pour la mort de son amie. A quelques jours de l'audience de mardi, des photos ont fuité sur la chaîne  britannique Sky News.

Sur ces images, on voit pour la première fois la scène du crime. La porte des toilettes ensanglantées est ouverte. Deux rubans collants  posés par les enquêteurs repèrent des impacts de balles, à une hauteur située  sous la poignée de porte. Il est impossible de savoir qui a pris la photo, avec quel angle de vue, ni  à quelle hauteur se  trouvait la poignée de porte. Mais la fuite sert dans un  premier temps les intérêts de Pistorius puisque Sky News affirme que la défense  devrait s'en servir. La hauteur des impacts est primordial pour établir ou démentir la volonté  homicide du coureur. Car elle peut déterminer si Pistorius avait remis, ou non,  ses prothèses quand il a tiré.

AFP