Perche : 6,02 m pour Renaud Lavillenie à Tourcoing deux heures après la rentrée d'Armand Duplantis à 6,01 m

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
Renaud Lavillenie lors du meeting de Karlsruhe
Le perchiste français Renaud Lavillenie franchit 5,95m lors du meeting de Karlsruhe, le 29 janvier 2021, deux jours avant d'aller encore plus haut, à Tourcoing. | ULI DECK / DPA-POOL / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

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Pour la première fois depuis 2016, Renaud Lavillenie a franchi la barre mythique des 6 mètres en remportant le concours Perche en or de Tourcoing dimanche 31 janvier avec une barre à 6,02 m. Le Français dépossède Armand Duplantis de la meilleure performance mondiale de la saison, établie un peu plus tôt dans l'après-midi par le recordman du monde suédois (6,01 m).

Renaud Lavillenie est décidément en très grande forme. Le perchiste français a signé une magnifique performance ce dimanche en passant 6,02 m lors du concours Perche en or, disputé à Tourcoing. Le champion olympique 2012 n'avait plus passé la barre des six mètres depuis cinq ans, et confirme son retour en grâce en 2021 avec une troisième victoire en trois meetings. La conclusion d'un riche après-midi de perche puisque deux heures plus tôt, le prodige suédois Armand Duplantis avait signé 6,01 m pour sa rentrée, à Düsseldorf.

Lavillenie ne s'était pourtant pas fixé des objectifs aussi hauts ce week-end. En arrivant à Karlsruhe vendredi en Allemagne, le perchiste tricolore cherchait surtout des sensations et une marque autour des "5,80, 5,85 m" de son propre aveu. Auteur d'un 5,95 m très prometteur outre-Rhin, l'ex-recordman du monde a récidivé dans l'Hexagone, à Tourcoing.

Déconcertant de facilité, le pensionnaire du club de Clermont a effacé 5,91 m dès son premier essai avant de demander à placer les taquets à 6,02 m. Pour la même conclusion : un saut d'une propreté sans faille dès sa première tentative. "Je ne m'attendais pas à les faire aussi tôt, a-t-il réagi au micro de RMC. Quand tout veut se mettre en place, on ne va pas s'en plaindre. Le saut à 6,02 m est plus qu'encourageant. Je suis intimement persuadé que je suis en moyen d'aller chercher les 6,05 m, 6,10 m d'ici la fin de la saison. Les quatre dernières années, j'ai galéré. J'ai eu des pépins à gauche, à droite, et je n'arrivais pas à relâcher toutes les tensions. Là, je retrouve le Renaud d'il y a dix ans, avec de l'expérience.

Retrouvailles Lavillenie – Duplantis dans une semaine à Rouen

Le concours a globalement souri aux Bleus puisque Valentin Lavillenie et le jeune Ethan Cormont ont passé 5,72 m, validant ainsi les minimas pour les Championnats d'Europe en salle de Torun (5-7 mars). Le coup de poker de Renaud Lavillenie à 6,20 m pour s'emparer à nouveau de la meilleure marque indoor de tous les temps n'a pas offert la même explosion de joie. Mais l'essentiel est bien ailleurs. La confiance du perchiste de 34 ans semble revenue au plus haut, l'envie aussi avec un vingtième saut en carrière à 6 mètres ou plus. Il en faudra puisque son duel à distance avec son disciple Armand Duplantis a déjà débuté dans de hautes sphères. 

Pour son premier concours de la saison, le Suédois de 21 ans a effacé au deuxième essai 6,01m, s'emparant alors de la meilleure performance mondiale de la saison. La marque n'a tenu que deux petites heures. S'il a lui aussi échoué pour un nouveau record du monde à 6,19 m, le nouveau patron de la perche mondiale a déjà envoyé un message à la concurrence : il ne compte pas baisser de rythme après une année 2020 exceptionnelle.

Lavillenie – Duplantis, entre le maître et l'élève, le mano a mano s'annonce passionnant en cette saison olympique. Alors qu'on pensait le Français sur le déclin après des performances en retrait ces dernières saisons, son week-end idéal est une piqûre de rappel. L'affrontement entre les deux hommes samedi prochain à Rouen s'annonce bouillant, alors que la saison en salle ne fait que débuter. Vivement Tokyo !