Championnats Européens / Athlétisme : Mayer "Je n'ai pas de regrets"

Paris 2024 : La mise en garde de Kevin Mayer

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Le tout récent recordman du monde du décathlon (9.126 points) Kévin Mayer a déclaré vendredi avoir "peur pour l'avenir du sport français" qui, malgré l'obtention des Jeux olympiques en 2024, fait face à une baisse de ses moyens financiers.

"J'ai peur pour l'avenir du sport français. J'ai toujours eu l'impression qu'on voulait des grands sportifs mais qu'on ne s'en donnait pas les moyens", s'est inquiété Mayer (26 ans), au micro de France Inter. "Pour moi, c'est un investissement les Jeux olympiques, a poursuivi le champion du monde 2017. A travers le sport, il y a plein de valeurs qui se véhiculent (...) et le fait de baisser les moyens alors qu'on vient d'avoir les JO, je n'arrive pas à comprendre le but. C'est antinomique avec le fait d'avoir bataillé pendant tant d'années pour les avoir les Jeux olympiques. On peut enfin faire grandir une génération pour avoir énormément de résultats à Paris 2024 et que ça serve ensuite à notre société française et c'est à ce moment qu'on baisse le budget".

Dans une lettre de cadrage envoyée fin juillet, qui peut faire l'objet de nouveaux arbitrages, Matignon fixe le budget du ministère des Sports -- déjà en baisse l'année dernière -- à 450 millions d'euros, soit une nouvelle diminution de 30 millions. L'inquiétude a redoublé dans le mouvement sportif avec la crainte de suppressions de postes chez les agents du ministère, notamment les conseillers techniques sportifs.

Avec moins de conseillers techniques sportifs, Mayer craint que la formation des entraîneurs et des jeunes athlètes ne soit "réservée au secteur privé, et le secteur privé n'est malheureusement accessible qu'aux personnes aisées". Kévin Mayer est entraîné depuis plusieurs années par Bertrand Valcin, lui-même conseiller technique sportif (entraîneur national). Jeudi, dans un entretien à Ouest France, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a assuré que "le budget du ministère" serait "préservé" dans le projet de loi de finances 2019.
 

AFP